jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARCAGGI MATTEI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2021, le 21 janvier 2022 et le 19 avril 2023, M. D A, représenté par Me Marcaggi-Mattei, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision prise par la rectrice de l'académie de Corse du 10 février 2021 en tant qu'elle fixe la date de consolidation de son état de santé au 1er février 2021 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Corse de procéder à une reconstitution de sa carrière en ce compris un éventuel rappel de traitement sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de réforme est irrégulier ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation car son état de santé n'était pas consolidé le 1er février 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2021, le 24 février 2022 et le 2 mai 2023, le recteur de l'académie de Corse conclut au rejet de la requête et demande que le requérant soit condamné au paiement d'une amende pour recours abusif. Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative, qui constituent un pouvoir propre du juge.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 novembre 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ingénieur d'études au sein de la direction des services informatiques du rectorat de l'académie de Corse, a été victime le 19 juillet 2019 d'un accident reconnu imputable au service par une décision du 17 juillet 2020. Le 28 janvier 2021, la commission de réforme du département de la Corse-du-Sud a émis un avis favorable pour l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité avec un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 10 % et a fixé la date de consolidation au 1er février 2021. Par une décision du 10 février 2021, dont l'intéressé sollicite l'annulation en tant qu'elle a fixé la date de consolidation au 1er février 2021, la rectrice de la région académique de Corse a notifié à l'intéressé le taux d'IPP et la date de consolidation retenue.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 10 février 2021 a été notifiée à M. A le 19 février 2021. Ce dernier a formé le 29 mars 2021 un recours gracieux, qui a interrompu le délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Ce délai de deux mois a commencé à courir, en tout état de cause, le 29 mai 2021, date de naissance de la décision née du silence gardé par l'administration sur ce recours gracieux, Le recteur de l'académie de Corse n'est donc pas fondé à soutenir que la requête, enregistrée le 20 juillet 2021, est tardive et, par suite, irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée par M. C B, adjoint à la secrétaire générale de l'académie de Corse, chargé des fonctions de directeur des ressources humaines. Par un arrêté rectoral n°4-2021/01/25 du 25 janvier 2021 publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Corse le 26 janvier 2021, la rectrice de l'académie de Corse a consenti à M. B une délégation aux fins de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de la secrétaire générale de l'académie de Corse, tous les actes et décisions relatifs à l'action éducatrice et au contrôle de légalité des actes des E.P.L.E dans l'académie de Corse, ainsi que ceux relatifs aux missions de la délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports et de la délégation régionale académique à la recherche et à l'innovation dans la limite des compétences attribuées aux recteurs de régions académiques. Contrairement à ce que soutient le recteur de l'académie de Corse, la décision attaquée qui a pour objet de fixer une date de consolidation ne relève pas des actes et décisions relatifs à l'action éducatrice. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée M. B bénéficiait d'une délégation régulière à l'effet de signer les actes et décisions relatives à la gestion du personnel. Il s'ensuit que M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'incompétence.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 10 février 2021 doit être annulée en tant qu'elle détermine une date de consolidation au 1er février 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique que la situation de M. A soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au recteur de l'académie de Corse de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur l'amende pour recours abusif :
6. La faculté prévue par les dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions du recteur de l'académie de Corse tendant à ce que M. A soit condamné à une telle amende ne sont pas recevables.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 10 février 2021 est annulée en tant qu'elle a fixé une date de consolidation au 1er février 2021.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Corse de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Corse.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026