LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2100868

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2100868

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2100868
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantANTONIOTTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, M. B représenté par Me Antoniotti, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la lettre de fin d'instruction du 9 mars 2021 du préfet de la Corse-du-Sud et la décision implicite par laquelle la même autorité a rejeté le recours gracieux qu'il lui a adressé le 26 mai 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que seule l'anomalie relative à l'identification et au registre d'élevage de cinq bovins a été soumise au principe du contradictoire ;

- s'agissant de l'absence totale de document de chargement ou de déchargement, d'une part la décision méconnaît le champ d'application de la loi en ce qu'il a été fait application d'une norme inapplicable dès lors que le contrôle n'a concerné que les bovins et que conformément à une fiche conditionnalité 2018 relative à l'identification et l'enregistrement des animaux émanant du ministère de l'agriculture et de l'alimentation, les règles sanctionnant l'absence de documents de chargement ou de déchargement ne s'appliquent qu'à l'identification et l'enregistrement des porcins, d'autre part la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'en 2018 la transhumance de bovins se faisait encore exclusivement sur les estives de Carbuccia, donc sans l'usage d'un véhicule ;

- s'agissant de l'incohérence entre le passeport et l'animal présent le jour du contrôle, la décision repose sur des faits matériellement inexacts dès lors que les services de contrôle ont considéré que l'absence d'un bovin identifié sous le numéro FR2030002226 était anormale à la date de la visite, sans prendre en compte le fait qu'il s'agissait d'un taureau d'estive dont l'absence sur l'exploitation n'était pas exceptionnelle à cette période ;

- s'agissant de l'absence totale d'enregistrement dans le registre d'élevage des traitements médicamenteux ou des distributions de certains aliments, la décision est entachée d'une méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors qu'en application de la fiche conditionnalité 2018 paquet hygiène relatif aux productions primaires animales, il ne pouvait se voir opposer les règles relevant justement du paquet hygiène relatif aux productions primaires animales et être pénalisé au titre d'un manquement lié au registre d'élevage du fait de l'absence totale d'enregistrement dans le registre d'élevage des traitements médicamenteux ou des distributions de certains aliments dès lors que le contrôle effectué portait sur l'identification et l'enregistrement de bovins. En tout état de cause, la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le renseignement du registre d'élevage ne s'imposait pas en 2018 car seul un vermifuge a été administré dans le cadre de la prophylaxie annuelle et qu'aucun aliment spécifique autre que des granulés et du foin n'a été administré aux animaux cette année-là.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que :

- le requérant opère une confusion entre deux procédures distinctes en ce qu'il produit à l'appui de ses écritures une lettre du 30 janvier 2019 de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations qui ne concerne pas la procédure relative à la conditionnalité des aides PAC initiée par la direction départementale des territoires et de la mer, or le contradictoire a bien été respecté dès lors que M. B a signé les comptes rendus de chacun des trois contrôles effectués le 5 décembre 2018 et a été informé de la possibilité de formuler ses observations dans un délai de dix jours à compter de la réception de la lettre de fin d'instruction ;

- la pénalité appliquée par la lettre de fin d'instruction repose uniquement sur l'anomalie tenant au registre d'élevage ;

- à supposer que le tribunal souhaite accueillir le moyen tiré de ce que le renseignement de ce registre d'élevage ne s'imposait pas, il demande une substitution du motif erroné dès lors que la lettre de fin d'instruction est légalement justifiée par les deux autres anomalies ;

- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 178/2002 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;

- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé une demande une demande d'aides surfaciques et une demande d'aide aux bovins allaitants au titre du premier pilier de la politique agricole commune pour la campagne 2018. A la suite de contrôles effectués sur son exploitation le 5 décembre 2018, il a été destinataire d'une lettre de fin d'instruction datée du 9 mars 2021 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud l'a informé que ses services avaient constaté des anomalies au titre du respect des exigences réglementaires relevant du domaine " santé-productions animales " entraînant une pénalité d'un taux de 5 % à appliquer à l'ensemble des aides soumises à conditionnalité versées au titre de la campagne 2018. M. B demande au tribunal d'annuler cette lettre de fin d'instruction et la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur son recours gracieux.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ".

3. La décision par laquelle l'autorité administrative compétente refuse d'accorder une aide agricole régie par un texte de l'Union européenne et décide d'infliger une pénalité a le caractère d'une décision défavorable au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle est donc soumise au principe du contradictoire.

4. Il ressort des pièces du dossier que la lettre de fin d'instruction indique les trois anomalies constatées à savoir l'incohérence entre les données du passeport et l'animal, l'absence totale de document de chargement et de déchargement, l'absence totale dans le registre d'élevage de traitements médicamenteux ou de distribution de certains aliments, ainsi que les taux de pénalité induits. La lecture du courrier et de son tableau annexé permet de comprendre que seul le taux maximum correspondant à l'anomalie observée au titre du registre d'élevage a été retenu et M. B a été informé qu'il disposait d'un délai de dix jours à compter de la réception de la lettre pour présenter ses observations écrites. Il lui a également été rappelé qu'il pouvait parallèlement demander à formuler des observations orales. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire doit être écarté comme manquant en fait.

5. En deuxième lieu, M. B fait valoir que, conformément à une fiche conditionnalité 2018 relative l'identification et l'enregistrement des animaux émanant du ministère de l'agriculture et de l'alimentation, les règles sanctionnant l'absence de documents de chargement ou de déchargement ne s'appliquent qu'à l'identification et l'enregistrement des porcins de telle sorte qu'elles ne sont pas applicables au contrôle dont son exploitation a fait l'objet car celui-ci portait sur l'identification et l'enregistrement de bovins. Cependant, ce moyen manque en fait car contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte-rendu de contrôle réalisé le 5 décembre 2018, que ce contrôle n'a pas uniquement porté sur l'élevage de bovins. En tout état de cause, le requérant ne peut utilement se prévaloir de fiches dépourvues de valeur réglementaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.

6. En troisième lieu, M. B ne peut utilement soutenir qu'aucune anomalie relative à l'absence totale de document de chargement et de déchargement ne pouvait être retenue du fait qu'en 2018 la transhumance des bovins se faisait exclusivement sur les estives de Carbuccia, donc sans l'usage d'un véhicule. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'anomalie relative à l'incohérence entre les données d'un passeport et un animal physiquement absent n'a pas concerné le bovin identifié sous le numéro FR2030002226 mais le bovin identifié sous le numéro FR2030819027 qui n'a pas été vu le jour de la visite alors que son passeport a été retrouvé sur l'exploitation. Dès lors le moyen doit être écarté comme manquant en fait.

8. En cinquième lieu, le requérant fait valoir qu'en application de la fiche conditionnalité 2018 paquet hygiène relatif aux productions primaires animales, il ne pouvait se voir opposer les règles relevant de ce même " paquet " et être pénalisé au titre d'un manquement lié au registre d'élevage du fait de l'absence totale d'enregistrement dans le registre d'élevage des traitements médicamenteux ou des distributions de certains aliments dès lors que le contrôle effectué portait uniquement sur l'identification et l'enregistrement de bovins et n'a pas eu pour objet de contrôler ce domaine. Toutefois, à supposer qu'il puisse se prévaloir de cette fiche dépourvue de valeur réglementaire, il ressort des pièces du dossier que le contrôle réalisé le 5 décembre 2018 a porté non seulement sur l'identification bovine mais également sur l'identification porcine et le " paquet hygiène, productions primaires animales ". Il suit de là que le moyen manque en fait et doit être écarté.

9. En sixième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la pénalité de 5 % a été appliquée en raison de " l'absence totale d'enregistrement dans le registre d'élevage des traitements médicamenteux ou des distributions de certains aliments pour animaux ayant un temps de retrait défini ". A supposer, comme l'affirme le requérant, que ses animaux n'aient pas reçu de traitements médicamenteux rendant nécessaire un enregistrement sur le registre d'élevage, en se bornant à soutenir qu'il nourrit ses animaux avec " les granulés classiques et le foin distribués quotidiennement " sans préciser quels types de granulés il fournit à ses animaux, M. B ne met pas le tribunal en mesure de vérifier qu'il n'était pas nécessaire qu'il renseigne le registre d'élevage. Dès lors ce dernier moyen doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la lettre de fin d'instruction du 9 mars 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie en sera transmise au préfet de la Corse-du-Sud.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, où siégeaient :

- M. Pierre Monnier, président ;

- M. Jan Martin, premier conseiller ;

- Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

N. SADATLe président,

Signé

P. MONNIER

La greffière,

Signé

R. ALFONSI

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. Mannoni

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions