jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ATHON-PEREZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 août 2021 et le 6 décembre 2022, Mme D C demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision n° A-21141 du 3 juin 2021 par laquelle la directrice générale des douanes et droits indirects a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle souffre ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale des douanes et droits indirects de reconnaître cette imputabilité dans un délai d'un mois ou de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation en ce que le syndrome anxio-dépressif dont elle souffre est directement lié à ses conditions de travail.
Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2022, le ministre de l'économie conclut au rejet de la requête. Le ministre soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, inspectrice régionale des douanes, a été affectée le 1er septembre 2012 à la direction régionale des douanes et droits indirects de Corse pour assurer les fonctions d'adjointe au chef du bureau des douanes. A compter du 1er juin 2015, elle a été nommée cheffe du service régional recouvrement à la recette générale des douanes de Corse. Placée en congé longue maladie requalifié en congé longue durée du 9 octobre 2017 au 9 avril 2019 en raison de la persistance d'une fibromyalgie et d'un syndrome dépressif, elle a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service des deux pathologies dont elle souffre. Après que la décision née du silence gardé par l'administration sur cette demande a été annulée pour excès de pouvoir par le jugement n° 1801057 du 11 juin 2020 au motif que cette décision n'avait pas été précédée de l'avis de la commission de réforme, la directrice générale des douanes et droits indirects a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des maladies par deux décisions distinctes du 3 juin 2021, faisant suite à un avis défavorable de la commission de réforme concernant la fibromyalgie, et en dépit de l'avis favorable de la commission de réforme concernant le trouble anxio-dépressif. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la reconnaissance de l'imputabilité au service du trouble anxio-dépressif a été refusée.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. B A, chef du département exploitation, carrières et pôle spécialisé, qui bénéfice d'une délégation de signature du directeur interrégional des douanes et droits indirects de Nouvelle-Aquitaine à l'effet de signer les décisions de reconnaissance ou de refus d'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie professionnelle, en vertu d'une décision du 1er janvier 2020 relative aux actes de gestion administrative des carrières des personnels de la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) dont la gestion a elle-même été déléguée par une convention de délégation de gestion administrative des carrières des personnels de la DGDDI du 30 juin 2016 conclue entre la DGDDI et la direction interrégionale des douanes et droits indirects de Bordeaux, modifiée par un avenant n° 1 du 8 mars 2018 et un avenant n° 2 du 9 février 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : () A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 35. Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () "
4. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
5. Il ressort des pièces du dossier que quatre mois après son affectation sur les fonctions de cheffe du service régional recouvrement à la recette générale des douanes de Corse, des symptômes accompagnés de douleurs chroniques sont apparus chez l'intéressée et que son état de santé s'est progressivement dégradé d'abord en raison d'une fibromyalgie et de troubles musculo-squelettiques, puis au mois d'octobre 2017 en raison d'un syndrome dépressif. Afin d'établir médicalement l'imputabilité au service de la pathologie psychique dont elle souffre la requérante se prévaut de pièces médicales et administratives.
6. D'une part, les pièces médicales dont l'intéressée se prévaut se fondent sur ses seules déclarations, et aucune d'entre elles n'est circonstanciée de telle sorte qu'elles ne permettent pas d'établir le lien de causalité entre le syndrome anxio-dépressif et l'activité professionnelle de la requérante. En outre, cette dernière ne produit aucun élément permettant de contredire les constats du psychiatre qui s'est prononcé le 6 février 2019 et a indiqué qu'elle " présente un trouble histrionique théâtral " et s'est référé, avant de rendre un avis défavorable à l'imputabilité au service, à des définitions de l'organisation mondiale de la santé et de la Haute autorité de santé qui rattachent la pathologie douloureuse et le syndrome anxio-dépressif au syndrome fibromyalgique " ne formant qu'une seule entité et provenant d'une seule cause à savoir le syndrome fibromyalgique ", alors même qu'il ressort des pièces du dossier que le syndrome anxio-dépressif est apparu près de deux années après l'apparition des symptômes qui ont conduit au diagnostic de fibromyalgie.
7. D'autre part, aucune des pièces administratives produites ne permet de conclure à l'existence d'un contexte professionnel pathogène ou encore à des relations professionnelles empreintes d'une animosité particulière à son endroit. Sur ce point, l'échange tendu avec un collègue dont elle fait état et qui s'est déroulé en octobre 2016 contredit les appréciations qu'elle a elle-même portées dans son compte-rendu d'évaluation professionnelle pour cette même année où elle indique faire partie d'une équipe de collègues sympathiques, dévoués et bienveillants. En outre, si elle soutient avoir été menacée par deux redevables, elle n'apporte pas non plus d'éclairages précis au tribunal de telle sorte que ces événements, qui concernent un service chargé du recouvrement, en contact avec du public, ne sont pas de nature à révéler l'existence d'un environnement professionnel propre à créer une souffrance psychique.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'administration a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service du syndrome anxio-dépressif dont elle souffre. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 3 juin 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle souffre. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction, et ce sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le ministre, ainsi que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026