LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2100937

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2100937

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2100937
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCELLI ANDRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et un mémoire, enregistrés le 13 août 2021 et le 27 juillet 2022, le préfet de la Corse-du-Sud demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le maire d'Ajaccio a délivré à M. A B un permis de construire en vue de la démolition d'une maisonnette à usage de bureaux et de l'édification d'un centre de lavage automobile et de bureaux, sur un terrain cadastré section AM n° 236, sis avenue Noël Franchini.

Le préfet soutient que :

- la surface de plancher créée par le projet de M. B dépassant 150 m2, ce dernier aurait dû recourir à un architecte, en application de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté litigieux méconnaît les prescriptions de l'article UC-6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Ajaccio, en ce que le projet ne respecte pas un recul de 15 mètres par rapport à l'axe de la route départementale n° 22 ;

- cet arrêté méconnaît les prescriptions de l'article UC-9 du règlement précité, en ce que le projet dépasse la limite de 35 % autorisée de l'emprise au sol de la construction par rapport à la superficie de la parcelle ;

- cet arrêté méconnaît les prescriptions du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) dans les bassins versants d'Arbitrone, San Rémédio, la Madunaccia, Valle Maggiore et Vallon de Saint Joseph, en ce que le projet se situe en zone rouge " inconstructible " de ce plan.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, M. A B, représenté par Me Celli, conclut au rejet du déféré et à ce qu'une somme de 2 880 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés, voire inopérants, dès lors, notamment, qu'il est en droit de se prévaloir des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme et que le maire d'Ajaccio a manifestement fait une appréciation exacte de la prise en compte du risque d'inondation par le projet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;

- les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public ;

- et les observations de Me Celli, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 mars 2021, le maire d'Ajaccio a délivré un permis de construire à M. A B, enregistré sous le n° 2A 004 20 A0074, en vue de la démolition d'une maisonnette à usage de bureaux et la construction d'un centre de lavage en rez-de-chaussée avec bureaux au premier étage pour une surface de plancher créée de 154 m² sur la parcelle cadastrée section AM n° 236, sise avenue Noël Franchini. Par le présent déféré, le préfet de la Corse-du-Sud demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur le moyen de défense tiré de l'application de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme :

2. Aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement ".

3. Le projet de démolition d'une maisonnette à usage de bureaux et la construction d'un centre de lavage en rez-de-chaussée avec bureaux au premier étage pour une surface de plancher créée de 154 m² ne saurait être regardé comme une construction à l'identique au sens des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme citées au point précédent. A cet égard, M. B ne saurait utilement se prévaloir de la circonstance que la construction réellement édifiée à l'emplacement de la maisonnette construite en 1970 est d'une superficie de plancher largement inférieure au projet correspondant au permis déféré. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment qu'il a effectivement construit n'est pas identique à celui qu'il a démoli. Par suite, le moyen de défense tiré de l'application de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme ne saurait être accueilli.

Sur les moyens du déféré :

4. En premier lieu, en vertu du I de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, tels que, notamment, les inondations. Ces plans ont notamment pour objet, en vertu du II du même article, de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire tout type de construction ou réalisation d'aménagements ou d'ouvrages, notamment afin de ne pas aggraver le risque pour les vies humaines, ou de prescrire les conditions dans lesquelles les constructions, aménagements ou ouvrages doivent être réalisés, utilisés ou exploités. Aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'environnement : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme () ". Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés à certains risques naturels et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire.

5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section AM n° 236 se situe dans la zone rouge du plan de prévention des risques inondation approuvé le 31 mai 2011 et annexé au plan local d'urbanisme d'Ajaccio approuvé le 25 novembre 2019, zone particulièrement exposée où les inondations peuvent être redoutables. Aux termes de l'article I du règlement de ce plan de prévention des risques naturels : " Sont interdites toutes occupations et utilisations du sol non prévues à l'article II ci-après ". Le bâtiment dont la construction est autorisée par le permis attaqué n'est pas au nombre des constructions qui peuvent, par exception, être autorisées en zone rouge. Enfin, à supposer même que M. B puisse être regardé comme excipant de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché le classement de sa parcelle en zone rouge, il ne ressort pas des pièces du dossier que les dispositifs d'évacuation des eaux pluviales prévus par son projet ainsi que la présence d'ouvrages publics de collecte des eaux pluviales à proximité immédiate permettrait d'obvier le risque d'inondation constaté en 2011 nonobstant la circonstance que la parcelle en cause n'a jamais été inondée, même à l'occasion des intempéries exceptionnelles du 11 juin 2020. Il suit de là que le préfet de la Corse-du-Sud est fondé à soutenir que ce permis de construire méconnaît les dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation.

6. En deuxième lieu, lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.

7. En application de l'article UC-6 du règlement du plan local d'urbanisme d'Ajaccio, les constructions doivent être édifiées en respectant un délai minimum de quinze mètres par rapport à l'axe des routes départementales.

8. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment projeté par le permis attaqué se trouve à moins de huit mètres de l'avenue Noël Franchini, qui constituait une route départementale, devenue depuis lors la route territoriale n° 22. Dans ces conditions, le préfet de la Corse-du-Sud est fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UC-6 du règlement plan local d'urbanisme sans que M. B puisse utilement se prévaloir de la circonstance que le bâtiment qu'il a reconstruit en 2020 a la même implantation que sa maisonnette édifiée en 1970 et se trouve dans l'alignement des autres bâtiments.

9. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire ". Aux termes de l'article R. 431-2 de ce code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques () qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : / a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés () ".

10. Il est constant que le bâtiment projeté présente une surface de plancher de 154 m2, de sorte que, en application des dispositions du code de l'urbanisme citées au point précédent, la demande de permis de construire de M. B était assujettie à l'obligation de recourir à un architecte. Or, dans sa demande de permis de construire, M. B a indiqué ne pas avoir eu recours à un architecte et a déclaré sur l'honneur que son projet entrait dans l'une des situations pour lesquelles le recours à l'architecte n'était pas obligatoire. Dans ces conditions, le préfet de la Corse-du-Sud est fondé à soutenir que le pétitionnaire n'entre pas dans l'exception prévue au a) l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme nonobstant la déclaration sur l'honneur d'un architecte attestant sans autres précisions ni justifications avoir réalisé le permis de construire en cause.

11. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Corse-du-Sud est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 du maire de la commune d'Ajaccio.

12. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le dernier moyen du préfet n'est pas susceptible d'entraîner l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les frais du litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 mars 2021 du maire d'Ajaccio est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Corse-du-Sud, à M. A B et à la commune d'Ajaccio.

Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pierre Monnier, président ;

Mme Christine Castany, première conseillère ;

Mme Pauline Muller, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

P. MONNIER

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

signé

C. CASTANY

La greffière,

Signé

H. MANNONI

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

La greffière,

H. MANNONI

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions