mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 août 2021, la SARL La colline du golfe, représentée par Me Mousny-Pantalacci, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 18 juin 2021 par lequel le maire de Bastelicaccia a refusé de lui délivrer un permis de construire 16 logements individuels et 14 villas en duplex sur la parcelle cadastrée section D n° 488, située au lieudit " Fontanaccio " ;
2°) d'enjoindre au maire de Bastelicaccia, à titre principal, de lui délivrer un permis de construire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bastelicaccia la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé, en ne lui permettant de comprendre les raisons pour lesquelles le projet devrait prévoir un assainissement non collectif et ne s'intégrerait pas dans le paysage bâti environnant ;
- cet arrêté a fait une inexacte application de l'article AU-4 du plan local d'urbanisme de la commune relatif à l'assainissement, dès lors que le réseau public d'assainissement longe la parcelle devant accueillir son projet ;
- cet arrêté a fait une inexacte application de l'article AU-11 du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions, son projet ne portant pas atteinte au paysage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, la commune de Bastelicaccia, représentée par Me Recchi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SARL La colline du golfe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que :
- la requête est irrecevable, la SARL La colline du golfe ne remplissant pas les conditions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme pour déposer la demande de permis de construire ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés ;
- le refus qu'elle a opposé aurait pu en tout état de cause être fondé sur les dispositions du III de l'article L. 145-3 du code de l'urbanisme alors en vigueur ainsi que sur celles des articles AU 3 b), AU-11 et AU-12 du règlement de son plan local d'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL La colline du golfe demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le maire de Bastelicaccia a refusé de lui délivrer un permis de construire 16 logements individuels et 14 villas en duplex sur la parcelle cadastrée section D n° 488, située au lieudit " Fontanaccio ".
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux mentionne les prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bastelicaccia relatives respectivement à l'assainissement et à l'aspect extérieur des constructions qui en constituent le fondement et précise que le projet de 30 logements groupés ne prévoit aucun assainissement non collectif et ne s'insère pas dans le paysage bâti environnant. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes du b) de l'article AU-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bastelicaccia, applicable au projet de la SARL La colline du golfe : " Toute construction ou installation devra obligatoirement évacuer les eaux usées vers le réseau public d'assainissement. Toutefois, en l'absence provisoire du réseau public ainsi qu'en zone d'assainissement non collectif, toutes les eaux usées devront impérativement être dirigées par des canalisations souterraines vers des dispositifs d'assainissement autonome conformes à la règlementation sanitaire () ".
4. En l'espèce, il ressort du dossier de demande de permis de construire, notamment de la notice descriptive du projet et de son plan de masse, que le projet de la société requérante sera raccordé au réseau public d'assainissement. Toutefois, il ne ressort pas du plan de zonage d'assainissement de la commune de Bastelicaccia que ce projet s'implante en zone d'assainissement collectif. En outre, s'il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme approuvé en 2007 que des travaux de mise en réseau d'assainissement collectif seraient en cours dans le secteur de Fontanaccio où ce projet se situe, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces travaux auraient été achevés à la date de la décision attaquée. Enfin, la photographie produite par la société requérante montrant la présence d'une plaque d'égout sur une voie publique ne permet pas d'établir que cette plaque se situerait sur une voie longeant la parcelle devant accueillir son projet. Il suit de là que le moyen tiré de l'inexacte application du b) de l'article AU-4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bastelicaccia doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article AU-11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bastelicaccia : " Les permis de construire prendront en compte la qualité architecturale, les caractéristiques de l'environnement et l'intérêt du paysage. L'architecture devra s'intégrer au paysage environnant par le respect des volumétries, des teintes et des matériaux ".
6. D'une part, selon la photographie d'insertion produite par la SARL La colline du golfe à l'appui de sa demande de permis, si le bâti environnant son projet se compose principalement de constructions individuelles, il est pourvu également d'un immeuble d'habitation collective situé au sud et à proximité du terrain d'assiette du projet. Toutefois, il ne ressort ni de la vue lointaine figurant dans le dossier de demande de permis ni des vues aériennes produites en défense qu'un tel immeuble existerait. D'autre part, il ressort du plan de masse du projet en cause, que les constructions projetées, composées de 16 logements individuels et de 14 villas en duplex, forment deux ensembles de constructions reliées les unes aux autres dont la largeur de chacun d'entre eux est d'environ 20 mètres, tandis que leur longueur dépasse 50 mètres. Dès lors, eu égard au gabarit d'un tel projet et à la surface de plancher créée, qui est de 2 429 m2, c'est sans faire une inexacte application des prescriptions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de Bastelicaccia que le maire de cette commune a refusé de délivrer à la SARL La colline du golfe le permis qu'elle a sollicité.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir et les demandes de substitution de base légale présentées en défense, la SARL La colline du golfe n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Bastelicaccia du 18 juin 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL La colline du golfe une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bastelicaccia et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bastelicaccia, qui n'est pas la partie perdante, verse à la SARL La colline du golfe une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL La colline du golfe est rejetée.
Article 2 : la SARL La colline du golfe versera à la commune de Bastelicaccia une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL La colline du golfe et à la commune de Bastelicaccia.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026