vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CENTAURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 août 2021 et le 20 mai 2022, Mme C A, représentée par Me A, doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une rente viagère d'invalidité avec un taux d'invalidité imputable au service de 45 %.
La requérante soutient que :
- la décision du 5 juillet 2021 méconnaît l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des agents affiliés à la CNRACL ;
- cette décision méconnaît le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 en ce que la collectivité n'a pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses agents ;
- l'avis émis par le médecin de prévention le 10 décembre 2020 est une preuve déloyale qui doit être écartée des débats.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2022, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née en 1955 a été recrutée en 1989 par la commune d'Ajaccio en qualité d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles puis affectée en crèche à compter de 1994. Placée en congé de maladie imputable au service par son médecin traitant à compter du 20 juin 2019, elle a sollicité auprès de son employeur la reconnaissance de l'origine professionnelle de ses pathologies le 19 septembre 2019 puis a demandé son placement en congé de longue maladie le 20 juin 2020. Par un arrêté du 2 septembre 2020, la commune d'Ajaccio l'a placée en position de congé de longue maladie pour une durée d'un an et trois mois à compter du 20 juin 2019. Par un arrêté du 14 avril 2021, la commune d'Ajaccio a autorisé Mme A à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 1er avril 2021. Par une décision du 5 juillet 2021, la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) l'a informée accepter un taux global d'invalidité de 15 % mais refuser le bénéfice d'une rente d'invalidité. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une rente viagère d'invalidité avec un taux d'invalidité imputable au service de 45 %.
2. Aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service, () peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si cette dernière a été prononcée en application de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 () ". Aux termes de l'article L. 28 du même code : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services ".
3. Aux termes de l'article 36 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Aux termes de l'article 37 du même décret dans sa version applicable au litige : " I. Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge sous réserve de l'application des articles 1er-1 à 1er-3 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, ou résultant de l'une des autres circonstances énumérées à l'article 36 ci-dessus. () "
4. D'une part, il appartient au demandeur d'établir un lien de causalité direct, certain et déterminant entre son activité professionnelle et les troubles dont il se prévaut. En outre, il appartient au juge administratif d'apprécier le lien de causalité entre une maladie contractée par un fonctionnaire et l'exécution du service.
5. D'autre part, lorsqu'il existe plusieurs infirmités dont certaines sont imputables au service et d'autres ne le sont pas, l'attribution d'une rente d'invalidité est subordonnée à la condition que la mise à la retraite de l'agent, placé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, résulte au moins en partie de blessures ou d'infirmités imputables au service.
6. La commission de réforme du 10 décembre 2020 a considéré que Madame A se trouvait dans l'incapacité absolue et définitive de continuer à exercer ses fonctions. Au vu du rapport médical réalisé à partir de l'examen de la requérante le 19 octobre 2020 par le docteur B dans le cadre de la mise à la retraite pour invalidité, il a estimé que l'intéressée présente deux pathologies : des névralgies cervico-brachiales entrainant un taux d'invalidité de 15 %, constatées en juin 2019 et une lomboradiculalgie sciatique imputable au service constatée en juin 2019, chiffrée à 30 %.
7. En premier lieu, aucune des pièces du dossier ne permet de remettre en cause les conclusions du rapport médical du 19 octobre 2020 et en particulier, aucun document médical n'infirme le caractère non imputable au service des névralgies cervico-brachiales.
8. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la lomboradiculalgie sciatique dont souffre Mme A aurait suffi à provoquer sa mise à la retraite pour inaptitude physique.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision du 5 juillet 2021 méconnaît l'article 36 du décret du 26 décembre 2003. Au surplus, contrairement à ce qu'elle soutient, l'avis du médecin de prévention du 10 décembre 2020 ne saurait être écarté des débats dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que cet élément de preuve serait déloyal.
10. Enfin, la requérante ne saurait utilement soutenir, dans le cadre du présent litige, que la collectivité a méconnu son obligation de prévenir la survenance de maladies professionnelles liées à l'exercice de ses missions.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander que lui soit accordée une rente viagère d'invalidité avec un taux d'invalidité imputable au service de 45 %.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse des dépôts et consignation.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026