jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET ITINERAIRES AVOCATS CADOZ - LACROIX - REY - VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 août 2021, le 27 septembre 2021, le 4 juillet 2022, le 15 septembre 2022, le 18 octobre 2022 et le 19 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte du désistement de ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président de la communauté d'agglomération de Bastia sur sa demande du 11 mai 2021 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le même jour ;
2°) d'annuler la décision du 24 juin 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération de Bastia a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Bastia la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 24 juin 2021 est entachée d'un vice de procédure en ce que l'administration n'a pas mis en œuvre la procédure prévue par les dispositions des articles 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et 1 du décret du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique ;
- elle est entachée d'une violation de la loi ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le bénéfice de la protection fonctionnelle ne pouvait lui être refusé du seul fait que l'agression subie a eu lieu lors de l'exercice de son mandat syndical ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
- la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 11 mai 2021 est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine préalable de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 mai 2022, le 28 juillet 2022 et le 17 novembre 2022, la communauté d'agglomération de Bastia, représentée par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par M. B sont inopérants ;
- en tout état de cause, un rapport d'enquête administrative a bien été transmis au directeur général des services le 17 mai 2021 et le président de la communauté d'agglomération de Bastia a répondu à la demande de protection fonctionnelle de M. B le 24 juin 2021 de telle sorte qu'à supposer que la procédure spécifiquement prévue par les dispositions de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et 1 du décret du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique n'ait pas été respectée, M. B n'a été privé d'aucune garantie et cela n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2020-256 du 13 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry Vanhullebus, rapporteur ;
- les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public ;
- les observations de M. B ;
- et les observations de la représentante de la communauté d'agglomération de Bastia.
Considérant ce qui suit :
1. M A B, adjoint administratif principal territorial de 1ère classe de la communauté d'agglomération de Bastia, est affecté au service des sports et exerce les fonctions de secrétaire général du syndicat Confédération Générale du Travail (CGT) de la communauté d'agglomération. Il bénéficie à cette fin depuis le 1er janvier 2011 de décharges de service à temps complet pour exercer des fonctions de représentant syndical. Par un courrier du 11 mai 2021, M. B a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu le même jour. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le président de la communauté d'agglomération de Bastia sur cette demande. M. B a par ailleurs sollicité, par un courrier du 19 juin 2021, le bénéfice de la protection fonctionnelle. Cette demande a été rejetée par une décision du président de la communauté d'agglomération de Bastia du 24 juin 2021. Dans le dernier état de ses écritures, M. B déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président de la communauté d'agglomération de Bastia sur sa demande du 11 mai 2021 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le même jour, et demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande de M. B tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 11 mai 2021 :
2. Le requérant a déclaré se désister de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président de la communauté d'agglomération de Bastia sur sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 11 mai 2021. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juin 2021 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Les administrations, collectivités et établissements publics mentionnés à l'article 2 mettent en place, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, un dispositif de signalement qui a pour objet de recueillir les signalements des agents qui s'estiment victimes d'un acte de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel ou d'agissements sexistes et de les orienter vers les autorités compétentes en matière d'accompagnement, de soutien et de protection des victimes et de traitement des faits signalés. / Ce dispositif permet également de recueillir les signalements de témoins de tels agissements. / Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent article, notamment les conditions dans lesquelles le dispositif peut être mutualisé ainsi que les exigences en termes de respect de la confidentialité et d'accessibilité du dispositif ". Aux termes de l'article 1 du décret du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique : " Le dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel et des agissements sexistes prévu par l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 susvisée comporte : / 1° Une procédure de recueil des signalements effectués par les agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements ; / 2° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes de tels actes ou agissements vers les services et professionnels compétents chargés de leur accompagnement et de leur soutien ; / 3° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements vers les autorités compétentes pour prendre toute mesure de protection fonctionnelle appropriée et assurer le traitement des faits signalés, notamment par la réalisation d'une enquête administrative ".
4. Les dispositions de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 1 du décret du 13 mars 2020 citées au point précédent n'instaurent pas une procédure préalable obligatoire à l'instruction par l'administration d'une demande de protection fonctionnelle et à sa décision sur une telle demande. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir eu connaissance de l'incident survenu le 11 mai 2021, le directeur général des services de la communauté d'agglomération de Bastia a demandé au responsable de la cellule prévention de recueillir les témoignages des personnes présentes lors de l'incident en cause, et qu'un rapport d'enquête administrative a été établi le 17 mai 2021 avant que le président de la communauté d'agglomération de Bastia ne se prononce sur la demande de protection fonctionnelle de M. B. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure tenant à l'absence de mise en œuvre de la procédure d'orientation et de traitements des signalements ainsi que de réalisation d'une enquête administrative doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B bénéficiait, par un arrêté du 11 mars 2019 du président de la communauté d'agglomération de Bastia, d'une décharge totale d'activité de service de 151,67 heures par mois pour exercer une activité syndicale. Le courrier électronique adressé par le directeur du service de la collecte des déchets le 15 avril 2021 au syndicat des travailleurs corses et au syndicat Confédération générale du travail (CGT), l'attestation d'accident de service rédigée le 11 mai 2021 par M. B, la déclaration d'accident de service de ce dernier, les attestations de témoins produites, ainsi que le rapport d'enquête établi le 17 mai 2021 font état de ce que la réunion de travail portant sur les " services de travail de week-end de la collecte ", au cours de laquelle M. B a été agressé verbalement par un délégué syndical, avait été programmée par le directeur du service de la collecte des déchets entre la direction de la collecte des déchets et le syndicat CGT. Par ailleurs, si M. B soutient qu'il avait participé à cette réunion en tant que représentant du personnel en sa qualité de membre du comité technique paritaire et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, l'attestation d'accident de service et le rapport d'enquête établi le 17 mai 2021 mentionnent que l'intéressé était présent à cette réunion en sa qualité de secrétaire général du syndicat CGT, et le requérant précise à ce titre, dans ses écritures, qu'il n'est pas en mesure d'établir sa présence à cette réunion en tant que représentant du personnel. Dans ces conditions, les faits en cause présentent un lien avec l'exercice des fonctions syndicales de M. B et n'entrent pas dans le champ d'application des dispositions citées au point 5 de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983. La circonstance qu'un arrêté du président de la communauté d'agglomération de Bastia ait reconnu, au demeurant postérieurement à la décision attaquée, l'imputabilité au service de l'accident survenu le 11 mai 2021, est sans incidence sur la légalité de la décision refusant d'accorder au requérant le bénéfice de la protection fonctionnelle. Enfin, et au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que les propos tenus à l'encontre du requérant présentaient un caractère de gravité suffisant pour constituer des menaces, des injures ou des outrages de nature à justifier le bénéfice de la protection prévue par l'article 11 précité. Il s'ensuit que les moyens tirés de la violation de la loi, de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il attaque.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération de Bastia, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la communauté d'agglomération de Bastia présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 11 mai 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération de Bastia sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté d'agglomération de Bastia.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
Mme Christine Castany, première conseillère,
M. Jan Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUS
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
C. CASTANY
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026