vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP ROMANI-CLADA -MAROSELLI- ARMANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 septembre 2021 et le 17 mars 2022, M. A C, représenté par Me Romani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre sur son recours gracieux reçu le 16 juin 2021 ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points figurant sur cette décision référencée " 48 SI " ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de lui restituer son permis de conduire ainsi que l'intégralité des points irrégulièrement retirés, à titre subsidiaire, de lui restituer son permis de conduire ainsi que trois points irrégulièrement retirés ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- il avait récupéré quatre points sur son permis de conduire à la suite d'un stage effectué les 9 et 10 décembre 2020, qui ne figurent pas sur le relevé intégral d'informations daté du 7 juin 2021, ce qui constitue une erreur de nature à vicier la décision référencée " 48 SI " qui ne lui a pas été notifiée et dont il n'a pu obtenir une copie malgré une demande en ce sens ;
- le prétendu accusé de réception de la décision référencée " 48 SI " a été enregistré le 26 février 2021, soit postérieurement au stage de récupération de points qu'il a effectué, de sorte que le bénéfice des points récupérés lui est acquis ;
- les décisions de retrait de points sont irrégulières, dès lors qu'il n'a pas reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les conclusions dirigés contre les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 12 mars 2015, 31 juillet 2016, 8 février 2017 et 20 septembre 2018 sont devenues sans objet, dès lors qu'ils ont été restitués au requérant respectivement les 27 novembre 2015, 16 mai 2017, 1er décembre 2017 et 15 juillet 2019 ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Christine Castany, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 10 juin 2021, reçu le 16 juin suivant, M. C a demandé au ministre de l'intérieur de lui adresser une copie de la décision référencée " 48 SI " mentionnée sur le relevé intégral d'informations obtenu le 7 juin 2021, et dont il n'avait pas eu connaissance, ainsi que d'annuler cette décision et de lui restituer son permis de conduire avec un solde de trois points. M. C demande au tribunal d'annuler la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre sur son recours gracieux, ainsi que les décisions de retrait de points figurant sur cette décision référencée " 48 SI ".
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () en cas de commission d'une infraction ayant entrainé le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de l'intéressé, qu'en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, les points retirés consécutivement aux infractions commises les 12 mars 2015, 31 juillet 2016, 8 février 2017 et 20 septembre 2018 ont été restitués au requérant respectivement les 27 novembre 2015, 16 mai 2017, 1er décembre 2017 et 15 juillet 2019, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions sont irrecevables.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 22 octobre 2014, 28 juin 2015, 25 novembre 2015, 29 juin 2016, 9 et 10 décembre 2017, ainsi que de la décision référencée " 48 SI " figurant sur le relevé d'information intégral comme ayant été notifiée le 1er février 2020.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre et tirée de la tardiveté de la requête :
5. En premier lieu, lorsqu'un requérant conteste qu'une décision lui a bien été notifiée, il incombe à l'administration d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste.
6. Si le ministre de l'intérieur produit une copie du pli postal contenant la décision référencée " 48 SI ", sur lequel la case " Pli avisé et non réclamé " d'une étiquette autocollante, apposée sur l'avis de réception, est cochée à la main, et si la mention " Présenté le/ Avisé le " a été renseignée avec la date du 1er février 2020, ces mentions sont insuffisantes pour justifier de la régularité de la notification du pli, dès lors que, comme l'oppose M. C, l'adresse du destinataire n'est pas visible, ce qui ne permet pas de démontrer que le pli a bien été présenté à son domicile. Dès lors, la notification du pli contentant la lettre référencée " 48 SI " en cause ne peut être regardée comme régulière.
7. En second lieu, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. Dans une telle hypothèse, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du récépissé de remise d'un permis de conduire invalidé pour solde de points nul, daté du 21 mai 2021, que M. C a procédé à la restitution de son titre de conduite le 19 janvier 2021. Une telle circonstance révèle qu'il a eu connaissance, au plus tard à cette date, de la décision référencée " 48 SI " constatant la perte de validité de son titre. La requête de M. C ayant été enregistrée le 13 septembre 2021 au greffe du tribunal, soit moins d'un an après cette restitution, ce dernier doit être regardé comme ayant exercé son recours dans un délai raisonnable, lequel est dès lors recevable.
9. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par le ministre doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée " 48 SI " :
10. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an () ". L'article R. 223-8 du même code dispose que : " I. Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ".
11. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
12. Compte tenu de ce qui a été dit au point 6, la décision référencée " 48 SI " en litige n'a pas été régulièrement notifiée à M. C. Dès lors, à la date à laquelle ce dernier a effectué son stage de sensibilisation à la sécurité routière les 9 et 10 décembre 2020, il pouvait bénéficier d'une reconstitution de son capital de points correspondant au stage dont il se prévaut. Par suite, M. C est fondé à soutenir que c'est à tort que le ministre n'a pas intégré dans le calcul de son nombre de points ceux qu'il avait récupérés à l'occasion du stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 9 et 10 décembre 2020.
13. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 10 juin 2021 à l'encontre de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
14. En application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant un retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de point et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
15. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie, et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi.
S'agissant de l'infraction commise le 25 novembre 2015 :
16. L'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-14 du même code, issu d'un arrêté du 2 juin 2009, ultérieurement reprises à l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2 de ce code, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
17. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
18. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé d'information intégral et du procès-verbal produit en défense, que l'infraction commise le 25 novembre 2015, correspondant à l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation, a fait l'objet d'un procès-verbal dressé à l'aide d'un appareil électronique et que M. C a refusé de signer le procès-verbal constatant cette infraction. Dès lors que cette infraction a été constatée après le 15 avril 2015, la mention " refus de signer " apposée par l'agent verbalisateur revêt la même valeur probante que la signature apposée par le contrevenant. Par suite, le ministre de l'intérieur établit que l'ensemble des informations exigées lui ont été délivrées.
S'agissant des infractions commises les 22 octobre 2014, 28 juin 2015 et 10 décembre 2017 :
19. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
20. Il résulte de l'instruction que les infractions en cause, constatées par un procès-verbal ne comprenant pas les informations exigées par les dispositions citées au point 14 s'agissant de l'infraction du 22 octobre 2014, et ne comprenant pas la mention de la signature du contrevenant s'agissant des deux autres infractions, ont donné lieu à l'émission de titres exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Si ces mentions établissent la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route, elles ne permettent pas d'établir que M. C, qui conteste avoir réglé ces amendes, aurait reçu l'avis de contravention comportant les informations exigées par l'article L. 223-3 du code de la route. En conséquence, à défaut pour le ministre, à qui incombe la charge de la preuve, de produire une attestation de situation du trésorier principal du contrôle automatisé permettant d'établir que le contrevenant se serait acquitté des amendes forfaitaires majorées et aurait en conséquence nécessairement eu connaissance de ces titres exécutoires, M. C est fondé à soutenir que les décisions de retrait de point consécutives à ces infractions sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière.
21. Il est vrai, ainsi qu'il a été dit au point 15, qu'il appartient au juge de rechercher si, compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi. A cet égard, le ministre fait valoir que l'intéressé a bénéficié à l'occasion des infractions des 23 avril 2011, 28 août 2011 et 25 novembre 2015 des informations légalement exigées. Il résulte toutefois de l'instruction que les trois retraits de points en cause se fondent, pour l'infraction du 22 octobre 2014, sur une conduite sous l'empire d'un état alcoolique, pour l'infraction du 28 juin 2015, sur l'usage d'un téléphone, et pour l'infraction du 10 décembre 2017, sur le franchissement d'une ligne continue, sans qu'il soit possible d'établir que le requérant pourrait être regardé comme ayant reçu une information antérieure suffisamment pertinente pour des infractions de même nature. Il est en conséquence fondé à soutenir que ces décisions de retrait de points sont entachées d'un vice de procédure et à en demander, en conséquence, l'annulation.
S'agissant de l'infraction commise le 29 juin 2016 :
22. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.
23. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C et de l'attestation de paiement établie par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé que l'infraction en cause, constatée au moyen d'un radar automatique, a donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée et à l'encaissement du paiement correspondant. Le requérant, sur lequel repose la charge de la preuve, n'établit ni que cette amende a fait l'objet d'un recouvrement forcé, ni avoir reçu un avis d'amende forfaitaire majorée inexact ou incomplet. Par suite, le moyen tiré de l'absence des informations prévues par la loi lors de la commission de cette infraction doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander, d'une part, l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a respectivement retiré six point pour l'infraction du 22 octobre 2014, trois points pour l'infraction du 28 juin 2015 et trois points pour l'infraction du 10 décembre 2017 sur son permis de conduire, soit un total de douze points, d'autre part, l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 10 juin 2021 à l'encontre de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Si l'annulation contentieuse d'une décision de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire. Il y a lieu dès lors, d'une part, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé le bénéfice des points irrégulièrement retirés, d'autre part, de restituer dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, le bénéfice des quatre points obtenus à l'issue du stage de sensibilisation des 9 et 10 décembre 2020, et de réexaminer la situation de M. C dans le sens des observations qui précèdent, en en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision référencée " 48 SI " et la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le ministre sur le recours gracieux formé le 10 juin 2021 sont annulées.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de douze points sur le solde de points du permis de conduire de M. C à la suite des infractions commises les 22 octobre 2014, 28 juin 2015 et 10 décembre 2017 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, d'une part, de reconnaître à M. C le bénéfice de douze points retirés à la suite des infractions commises les 22 octobre 2014, 28 juin 2015 et 10 décembre 2017, d'autre part, de restituer à M. C, dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route, le bénéfice des quatre points obtenus à l'issue du stage de sensibilisation des 9 et 10 décembre 2020, en en tirant lui-même toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. B
La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
H. MANNONI9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026