vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | AVOCATS MARIAGGI ET FAZAI-CODACCIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, Mme B C, représentée par Me Fazai-Codaccioni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2021 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois à compter du 9 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui restituer son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué lui a été notifié après l'expiration d'un délai de 72 heures ;
- l'avis de rétention du 9 octobre 2021 ne mentionne pas le second contrôle de l'alcoolémie, alors que le premier contrôle est insuffisant pour s'assurer de la réalité du taux d'alcoolémie et qu'il ne lui a pas été proposé une confirmation de ce taux par un prélèvement sanguin ;
- l'avis de rétention mentionne une infraction connexe commise en Polynésie française alors que les faits se sont produits en Corse-du-Sud.
La requête a été communiquée au préfet de la Corse-du-Sud qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Christine Castany, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire le 9 octobre 2021 pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique, après avoir été contrôlée par la brigade de gendarmerie de Vico. Par un arrêté du 11 octobre 2021, le préfet de la Corse-du-Sud a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois à compter du 9 octobre 2021. Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2021.
2. Aux termes de l'article L. 224-1 du code de la route : " I.-Les officiers et agents de police judiciaire retiennent à titre conservatoire le permis de conduire du conducteur : 1° Lorsque les épreuves de dépistage de l'imprégnation alcoolique et le comportement du conducteur permettent de présumer que celui-ci conduisait sous l'empire de l'état alcoolique défini à l'article L. 234-1 ou lorsque les mesures faites au moyen de l'appareil homologué mentionné à l'article L. 234-4 ont établi cet état () ". L'article L. 224-2 du même code dispose que : " I.-Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : 1° L'état alcoolique est établi au moyen d'un appareil homologué () ". Aux termes de l'article R. 234-4 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque, pour procéder aux vérifications prévues par les articles L. 234-4, L. 234-5, L. 234-9 et L. 3354-1 du code de la santé publique, l'officier ou l'agent de police judiciaire fait usage d'un appareil homologué permettant de déterminer le taux d'alcool par l'analyse de l'air expiré, la vérification est faite selon les modalités ci-après : () 2° L'officier ou l'agent de police judiciaire, après avoir procédé à la mesure du taux d'alcool, en notifie immédiatement le résultat à la personne faisant l'objet de cette vérification. Il l'avise qu'il peut demander un second contrôle. Le procureur de la République, le juge d'instruction ou l'officier ou l'agent de police judiciaire ayant procédé à la vérification peuvent également décider qu'il sera procédé à un second contrôle. Celui-ci est alors effectué immédiatement, après vérification du bon fonctionnement de l'appareil ; le résultat en est immédiatement porté à la connaissance de l'intéressé ".
3. En premier lieu, la circonstance invoquée par la requérante que l'arrêté du 11 octobre 2021 lui aurait été notifié après l'expiration d'un délai de 72 heures, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué.
4. En second lieu, si Mme C soutient que l'avis de rétention du 9 octobre 2021 ne mentionne pas le second contrôle de l'alcoolémie, elle n'établit ni même n'allègue qu'un deuxième contrôle aurait été effectué à la demande des autorités ou à sa propre demande. En outre, en se bornant à soutenir qu'il ne lui a pas été proposé une confirmation du taux d'alcoolémie par un prélèvement sanguin, la requérante ne fait état d'aucune disposition qui aurait été méconnue.
5. En troisième et dernier lieu, si l'avis de rétention du 9 octobre 2021 mentionne l'existence d'une infraction connexe, relative à un refus par le conducteur d'un véhicule en Polynésie française d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, cette erreur matérielle n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de la décision contestée, puisque cette dernière se fonde uniquement sur la nature de l'infraction commise par la requérante, pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique, pour prendre la mesure de suspension de son permis de conduire.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 octobre 2021 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions à fin d'injonction, ainsi que des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
H. MANNONI23
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
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01/06/2026
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01/06/2026