jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | KOUEVI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 octobre 2021, le 19 juillet 2022, le 28 septembre 2022, le 4 octobre 2022 et le 12 janvier 2024, M. A B, représenté en dernier lieu par Me Ahmed, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 7 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud a refusé de renouveler sa carte de séjour temporaire ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande tendant à ce que le préfet de la Corse-du-Sud lui délivre un titre de séjour d'une durée de dix ans ;
3°) d'enjoindre à titre principal au préfet de la Corse-du-Sud de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de 10 ans ou à titre subsidiaire une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ainsi que de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement valant autorisation de travail dans le délai de deux jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision du 7 octobre 2021 :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du refus de lui délivrer une carte de séjour temporaire car le préfet lui a délivré un titre de séjour temporaire portant mention " vie privée et familiale " postérieurement à l'introduction de son recours. Toutefois, sa requête n'a pas perdu son objet dès lors que le préfet a délivré le titre de séjour temporaire en exécution d'une ordonnance du juge des référés et qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour de 10 ans en application de l'article 10 de l'accord franco-tunisien ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie puisqu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un tel titre de plein droit ;
- la décision est entachée d'une inexacte qualification juridique des faits et d'une erreur de droit dès lors que les faits qui lui sont reprochés n'ont donné lieu qu'au paiement d'une amende pénale de telle sorte qu'ils ne sauraient constituer une menace à l'ordre public au sens de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il vit en France depuis 21 ans, qu'il est marié avec une ressortissante française et qu'il est père de deux enfants français nés en 2018, 2020 et d'un enfant né en cours d'instance, le 28 octobre 2021.
En ce qui concerne la décision implicite de refus de lui délivrer un titre de séjour de 10 ans :
- le préfet a fait une inexacte application des stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien ;
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public de sorte que le refus ne peut légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
La requête a été communiquée au préfet de la Corse-du-Sud qui n'a pas produit de mémoire.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- et les observations de Me Ahmed, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée par Me Ahmed a été enregistrée le 20 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien qui était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", demande au tribunal d'annuler la décision du 7 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud a refusé de renouveler ce titre de séjour et la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande de délivrance d'une carte de résident de dix ans.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 7 octobre 2021 :
2. En dépit de l'invitation qui lui a été faite en ce sens par le tribunal, le requérant n'a pas produit la copie de la demande de délivrance d'un titre de séjour de 10 ans qu'il soutient avoir présentée à l'administration au mois de juin 2021. Dès lors, ce dernier doit être regardé comme s'étant borné à solliciter le renouvellement de sa carte de séjour temporaire. Il en résulte qu'en lui délivrant cette carte au mois d'août 2022, le préfet a satisfait à sa demande. Il suit de là que ses conclusions dirigées contre la décision du 7 octobre 2021 qui a refusé ce renouvellement ont perdu leur objet et qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de délivrer un titre de séjour de 10 ans :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : a) Au conjoint tunisien d'un ressortissant français, marié depuis au moins un an, à condition que la communauté de vie entre époux n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé sa nationalité française () c) Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () "
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est marié depuis le 28 juillet 2018 avec une ressortissante française et que de cette union sont nés trois enfants de nationalité française. Dès lors qu'il n'est pas contesté qu'il remplit les conditions prévues par les dispositions précitées, il est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans, le préfet de la Corse-du-Sud a fait une inexacte application des stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
6. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné le 5 janvier 2021 au paiement d'une amende délictuelle de 200 euros pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants le 27 novembre 2020, une telle condamnation, dont le caractère isolé ressort au demeurant des pièces du dossier, n'est pas suffisante pour regarder la présence en France de l'intéressé comme représentant une menace pour l'ordre public.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à solliciter l'annulation de la décision implicite de refus de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique que l'administration procède à un nouvel examen de la situation du requérant. Il y a lieu d'ordonner que ce réexamen intervienne dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il résulte des dispositions de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991, codifiée à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et des articles 37 et 43 de la même loi, que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de mettre, à son profit, à la charge de la partie perdante, que le paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat mais que celui-ci peut demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
10. D'une part, M. B, pour le compte de qui les conclusions de la requête relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont présentées, n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocate du requérant n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'elle aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 3 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 7 octobre 2021.
Article 2 : La décision implicite de rejet de délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Corse-du-Sud de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Corse-du-Sud.
Copie sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, où siégeaient :
- M. Thierry Vanhullebus, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026