jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAPOROSSI-POLETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 octobre 2021, le 12 juillet 2022 et le 13 septembre 2022, M. A D et Mme B C, représentés par Me Caporossi-Poletti, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 6 octobre 2021 par laquelle le maire de Sorio a refusé de retirer deux potelets implantés au droit de la parcelle cadastrée section B n° 114 ;
2°) d'enjoindre au maire de Sorio de faire retirer ces deux potelets et de remettre les lieux dans leur état initial ;
3°) de condamner la commune à leur verser une somme d'un montant de 3 000 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi pour résistance abusive ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Sorio la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas dirigée contre l'arrêté du 23 juillet 2021 mais contre la décision refusant de retirer les deux potelets qui n'est pas une décision confirmative ;
- le maire ne peut pas exercer son pouvoir de police et de stationnement sur un sentier d'exploitation qui n'est pas ouvert à la circulation publique ;
- le maire ne peut exercer son pouvoir de police administrative générale pour un motif autre que l'ordre public, il ne peut donc édicter une mesure de police pour trancher un litige entre deux administrés ;
- la décision de faire poser deux potelets leur interdisant de stationner leur véhicule sur le sentier d'exploitation est disproportionnée et porte atteinte à leur liberté d'aller et venir ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 juin 2022 et le 17 août 2022, la commune de Sorio, représentée par Me Giansily, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement de la somme de 3 000 euros soit mis à la charge de M. D et de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient dans le dernier état de ses écritures, que :
- la requête est irrecevable car dirigée contre une décision définitive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Caporossi-Poletti, avocate M. D et Mme C, et de Me Muscatelli , substituant Me Giansily, avocat de la commune de Sorio.
Une note en délibéré des requérants a été enregistrée le 6 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 juillet 2021, le maire de Sorio a réglementé le stationnement sur la voie publique et prévu que des " potelets anti-stationnement " seront installés en tant que de besoin. Il a ensuite fait installer deux poteaux au droit de la parcelle cadastrée section B n° 114. Par une demande reçue le 5 août 2021, M. D et Mme C, propriétaires de plusieurs parcelles voisines et notamment d'une parcelle située au fond de l'impasse, ont demandé au maire de procéder au retrait des potelets et de leur verser une somme de 3 000 euros pour résistance abusive. Par une décision du 6 octobre 2021, le maire a rejeté leur demande. M. D et Mme C demandent au tribunal d'annuler cette décision et de condamner la commune à réparer les préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la résistance abusive de la commune.
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. () ". Aux termes de l'article L. 2213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. ()".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 162-1 du code rural et de la pêche maritime : " Les chemins et sentiers d'exploitation sont ceux qui servent exclusivement à la communication entre divers fonds, ou à leur exploitation. Ils sont, en l'absence de titre, présumés appartenir aux propriétaires riverains, chacun en droit soi, mais l'usage en est commun à tous les intéressés. L'usage de ces chemins peut être interdit au public ". Aux termes de l'article L. 162-2 du même code : " Tous les propriétaires dont les chemins et sentiers desservent les fonds sont tenus les uns envers les autres de contribuer, dans la proportion de leur intérêt, aux travaux nécessaires à leur entretien et à leur mise en état de viabilité ".
4. La parcelle cadastrée section B n° 114 se caractérise par un premier palier d'environ 10 m² qui se poursuit par plusieurs marches d'escalier menant à un chemin étroit qui dessert plusieurs parcelles et se termine en une impasse qui donne accès à la maison dont les requérants sont propriétaires. Il ressort des pièces du dossier que la partie haute de cette parcelle, dont le propriétaire semble s'être désintéressé, est utilisée comme place de stationnement par les villageois dont certains d'entre eux, y compris les requérants, veulent s'en réserver l'usage par des moyens tels que la tranquillité publique s'en est trouvée affectée. Dans ces conditions, cette partie de la parcelle ne saurait être considérée comme servant exclusivement à la communication entre divers fonds, ce qui l'empêche de recevoir la qualification de sentier d'exploitation. Dès lors, les requérant ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Sorio ne pouvait faire usage des pouvoirs de police qu'il tient de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales en installant ces potelets, s'agissant d'une voie privée ouverte à la circulation publique.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée repose sur le triple motif que le stationnement en continu sur le haut de cette parcelle est de nature à gêner le passage du véhicule de ramassage des ordures ménagères, des véhicules de riverains ainsi que la circulation des piétons. D'abord, la commune produit une attestation du directeur des services de la communauté de communes du Nebbiu-Conca d'Oru relative à la nécessité de faire poser ces potelets afin de garantir l'accessibilité aux points d'apports volontaires, la sécurité du personnel en charge de la collecte des déchets et de faciliter les manœuvres des véhicules. Cette attestation, bien que postérieure à la décision attaquée permet d'établir quelle était la réalité de la situation à la date à laquelle l'administration a statué. Ensuite, cette dernière produit la copie de plusieurs mains courantes déposées à la gendarmerie de Saint-Florent en raison d'incidents ayant pour origine l'occupation de cette parcelle et explique que les forces de l'ordre ont été contraintes de se déplacer sur les lieux. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le stationnement de certains véhicules motorisés dont celui des requérants est de nature à provoquer un encombrement qui gêne le passage des piétons que la pose de potelets a permis de faciliter. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire a fait usage de son pouvoir de police général pour un motif autre que l'ordre public afin de trancher un litige entre deux administrés.
6. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, la décision litigieuse a pour conséquence d'empêcher l'accès en voiture à une partie de la parcelle tout en y facilitant le passage des piétons. Dès lors, la décision attaquée n'est pas disproportionnée et ne porte pas atteinte à la liberté d'aller et venir des requérants. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, la circonstance que des véhicules seraient garés devant divers chemins du village, sans que le maire ne s'y oppose, n'est pas de nature à établir l'existence d'un détournement de pouvoir.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D et Mme C et par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et leurs conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sorio, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D et Mme C demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D et Mme C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Sorio et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : M. D et Mme C verseront à la commune de Sorio la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Sorio au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme E C et à la commune de Sorio.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026