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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2101329

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2101329

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2101329
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantGIANSILY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par des demandes enregistrées le 28 mai 2021 et le 26 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Giansily, demande au tribunal administratif de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n°1900203 du 25 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Bastia a annulé la décision du 11 décembre 2018 par laquelle la société Orange a rejeté sa demande de révision de carrière et a enjoint à cette société de procéder à la reconstitution de carrière de M. B dans un délai de deux mois.

La société Orange a présenté des observations le 28 juillet 2021 et le 24 septembre 2021.

Par une ordonnance en date du 18 novembre 2021, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par des mémoires enregistrés le 22 février 2022 et le 20 avril 2022, M. A B, représenté par Me Giansily, demande au tribunal d'enjoindre à la société Orange de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la société Orange n'a pas exécuté le jugement n° 1900203 du 25 mars 2021 ;

- la société Orange ne saurait utilement se prévaloir de la prescription quinquennale pour faire échec à l'exécution d'un jugement passé en force de chose jugée.

Par des mémoires, enregistrés le 14 janvier 2022 et le 14 avril 2022, la société Orange, représentée par Me Bost, conclut au rejet de la demande.

Elle soutient que :

- le jugement n°1900203 du 25 mars 2021 est entièrement exécuté ;

- en vertu de la prescription quinquennale la carrière de M. B a été reconstituée financièrement jusqu'au 9 novembre 2013, toute créance antérieure à cette date étant prescrite dès lors que M. B a adressé sa demande de reconstitution de carrière à la société Orange le 10 novembre 2018.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;

- les conclusions de M. Timothée Gallaud, rapporteur public ;

- et les observations de Me Muscatelli, substituant Me Giansily, avocat de M. B.

Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 14 juin 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Par le jugement n° 1900203 du 25 mars 2021, le tribunal administratif de Bastia a annulé la décision du 11 décembre 2018 par laquelle la société Orange a rejeté la demande de révision de carrière de M. B et a enjoint à la société Orange de procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement à la reconstitution de carrière de l'intéressé en tenant compte de ce que sa réintégration dans le grade dit de " reclassement " en 1997 est intervenue illégalement.

3. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".

4. Il résulte de l'instruction qu'à la suite du jugement du 25 mars 2021, la société Orange a procédé à une révision de la situation administrative de M. B et à une reconstitution financière de sa carrière jusqu'à la date du 9 novembre 2013. Il résulte de l'instruction qu'à la date du 10 novembre 2018 à laquelle M. B a adressé à la société Orange une demande indemnitaire, la prescription était acquise pour les créances relatives à la période antérieure au 9 novembre 2013. Contrairement à ce que soutient M. B, l'injonction prononcée par le tribunal administratif de Bastia à reconstituer sa carrière, en tenant compte de ce que sa réintégration dans le grade dit de " reclassement " en 1997 est intervenue illégalement ne fait pas obstacle à ce que la société Orange se prévale de la prescription quinquennale dès lors notamment que le tribunal n'a pas, par ce jugement, déterminé les sommes dues à M. B. Il s'ensuit qu'en procédant à la reconstitution financière de la carrière de M. B jusqu'au 9 novembre 2013, la société Orange a pris toutes les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du 25 mars 2021.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à la société Orange de procéder à la reconstitution de sa carrière, sous astreinte doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions présentées par M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la société Orange.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Thierry Vanhullebus, président ;

M. Jan Martin, premier conseiller ;

Mme Pauline Muller, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

P. MULLER

Le président,

signé

T. VANHULLEBUS

La greffière,

signé

H. MANNONI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

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