vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, l'association U Levante, représentée par Me Tomasi, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Castellare-di-Casinca a délivré à la société civile immobilière (SCI) RM Immobilier un permis de construire trois maisons individuelles pour une surface de plancher de 284,93 m² sur un terrain situé au lieudit Corso ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Castellare-di-Casinca et de la SCI RM Immobilier la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association requérante soutient que l'arrêté attaqué :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- méconnaît aussi les dispositions des articles L. 151-3 et R. 431-26 du même code ainsi que celles de l'article UC-6 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors, en premier lieu, que la société pétitionnaire n'a pas démontré que les places de stationnement ne pouvaient être réalisées sur le terrain d'assiette du projet ; en deuxième lieu, que la convention conclue entre cette société et le propriétaire de la parcelle voisine n'emporte pas concession à long terme d'emplacements dans un parc public de stationnement ; et, en troisième et dernier lieu, que cette convention prévoit la mise à disposition de douze emplacements alors que le règlement du PLU en exige treize ;
- est enfin entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le maire aurait dû surseoir à statuer en application des dispositions des articles L. 153-11 et L. 424-1 de ce code.
Par un mémoire, enregistré le 16 mai 2022, la commune de Castellare-di-Casinca, représentée par Me Peres, demande au président du tribunal de désigner un médiateur.
Par un courrier en date du 16 mai 2022, le président du tribunal a proposé aux parties de tenter une médiation sur le fondement des articles L. 213-7 et suivants du code de justice administrative.
Par courrier, enregistré le 18 mai 2022, l'association U Levante a informé le président du tribunal qu'elle ne souhaitait pas entrer en voie de médiation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 octobre 2021, le maire de la commune de Castellare-di-Casinca a délivré à la SCI RM Immobilier un permis de construire trois maisons individuelles pour une surface de plancher de 284,93 m² sur un terrain situé au lieudit Corso. L'association U Levante demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs () ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation peut être autorisée en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais qu'aucune construction nouvelle ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
4. Le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), qui précise, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'application des dispositions citées ci-dessus, prévoit que, dans le contexte géographique, urbain et socioéconomique de la Corse, une agglomération est identifiée selon des critères tenant au caractère permanent du lieu de vie qu'elle constitue, à l'importance et à la densité significative de l'espace considéré et à la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la microrégion ou de l'armature urbaine insulaire, et que, par ailleurs, un village est identifié selon des critères tenant à la trame et la morphologie urbaine, aux indices de vie sociale dans l'espace considéré et au caractère stratégique de celui-ci pour l'organisation et le développement de la commune. Ces prescriptions du PADDUC apportent des précisions et sont compatibles avec les dispositions du code de l'urbanisme citées au point 2.
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet en litige est situé dans un secteur caractérisé par la présence d'espaces agricoles et par l'implantation, vers le nord-ouest, de quelques maisons qui ne sauraient être regardées comme constituant un village ou une agglomération. Par suite, l'association U Levante est fondée à soutenir que le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ". Aux termes de l'article L. 153-11 de ce code : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. / La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9./ L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
7. Le projet d'aménagement et de développement durable, sur lequel le conseil municipal de Castellare-di-Casinca a débattu le 6 juin 2019, fixe notamment comme orientation de préserver les terres agricoles et de limiter l'étalement urbain. Il ressort des documents cartographiques, joints audit plan, que la parcelle en cause est incluse dans une zone agricole As, dont la constructibilité est limitée aux constructions et installations strictement nécessaires au fonctionnement et au développement d'une exploitation agricole ou pastorale significative et aux constructions à usage de logement liées et nécessaires à l'exploitation agricole. Le projet de construire trois maisons destinées à l'habitation individuelle pour un total de 284,93 m² de surface de plancher est donc de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Par suite, en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire de la SCI RM Immobilier, le maire de la commune de Castellare-di-Casinca a commis une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que l'association U Levante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2021.
9. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par l'association U Levante ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la commune de Castellare-di-Casinca et de la SCI RM Immobilier une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Castellare-di-Casinca du 14 octobre 2021 est annulé.
Article 2 : La commune de Castellare-di-Casinca et la SCI RM Immobilier verseront solidairement la somme de 1 500 euros à l'association U Levante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de l'association U Levante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association U Levante, à la commune de Castellare-di-Casinca et à la SCI RM Immobilier.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bastia.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
J. MARTIN La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026