jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 décembre 2021 et le 12 janvier 2023, la société civile de construction vente (SCCV) Bodimmo, représentée par Me Muscatelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les arrêtés en date du 8 octobre 2021 par lesquels le maire d'Ajaccio a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif sur les parcelles cadastrées section BC n°s 72 et 73 et BD n° 418, situées au lieudit " Bodiccione " ;
2°) d'enjoindre au maire d'Ajaccio de réexaminer sa demande de permis, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ajaccio la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- les arrêtés litigieux ne sont pas motivés en droit ;
- ces arrêtés méconnaissent l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme et l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, faute d'indication du nom de leur auteur ;
- le premier motif des décisions attaquées tiré de l'incohérence, dans le dossier de demande de permis, entre le maintien de la surface de plancher et la création de 21 logements est entaché d'une erreur de fait, son projet n'étant pas contradictoire sur ce point ;
- le deuxième motif tiré de l'absence de report dans ce dossier, dans le tableau des surfaces, de 653 m2 de surface de plancher de locaux associatifs transformés en logements sociaux est entaché d'une erreur de fait, aucun changement de destination n'étant prévue ; les données relatives aux surfaces taxables portées par le pétitionnaire à l'imprimé de " déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions en cas de modification d'un permis délivré en cours de validité " ne lui sont pas opposables ;
- le troisième motif tiré de la contradiction des surfaces des bureaux indiquées dans ce dossier est entaché d'une erreur de fait, les surfaces indiquées portant sur celles des bureaux et celles des locaux mixtes administratifs ; l'arrêté litigieux ne modifie pas lesdites surfaces qui sont celles prévues pour le permis de construire initial de 2015 devenu définitif ;
- le quatrième motif tiré de l'absence d'indication de la destination des locaux mixtes dans le formulaire " CERFA " est entaché d'une erreur de fait, ces derniers se rapportant à des bureaux ; cette affectation figurait dans le permis initial ;
- le cinquième motif tiré de la contradiction entre le nombre de places de stationnement affectées au logement social et le nombre de logements sociaux créés est entaché d'une erreur de droit, aucune disposition d'urbanisme ne faisant obstacle à la création de places de stationnement en sus de celles requises par le règlement du plan local d'urbanisme ;
- le sixième motif tiré de la contradiction entre les totaux mentionnés dans les cadres 1.1 et 1.2.1. de la déclaration fiscale ne saurait justifier un refus de permis, s'agissant d'une simple erreur de calcul aisément rectifiable ;
- le septième motif tiré de ce que la suppression des locaux associatifs serait de nature à porter atteinte aux objectifs de mixité sociale ne repose sur la méconnaissance d'aucune disposition d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 octobre 2022 et le 16 mai 2023, la commune d'Ajaccio, représentée par la SELARL Parme Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCCV Bodimmo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que les moyens soulevés par la SCCV Bodimmo ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Goubet, substituant Me Muscatelli, avocat de la SCCV Bodimmo.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire d'Ajaccio a délivré le 21 décembre 2015 à la SCCV Bodimmo un permis de construire 22 bâtiments à usage d'habitation, de locaux associatifs, d'activités et de bureaux pour 58 669 m2 de surface de plancher, sur les parcelles cadastrées section BC n°s 72, 73 512 à 515, 517 et section BD n°s 418, 419, 455 à 460, situées au lieudit " Bodiccione ". Ensuite, le 14 décembre 2016, le même maire lui a délivré un permis de construire modificatif portant sur l'emprise foncière, les parkings en sous-sol des bâtiments à usage d'habitat social, les façades, la suppression de combles et la création de locaux associatifs, ajoutant 764 m2 de surface de plancher aux locaux dédiés à l'artisanat et 507 m2 de surface de plancher à ceux à usage d'habitation, sur les parcelles cadastrées section BC n°s 72 et 73 et section BD n° 418. Puis, le 7 août 2020, ce maire a délivré à la SCCV Bodimmo un permis de régularisation, sans modification de la surface de plancher, sur les mêmes parcelles. Enfin, par un arrêté du 8 octobre 2021, le maire a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif concernant, sur les mêmes parcelles, la modification des façades et des bâtiments A1, A2, B1, B2, C1, C2 et I, la modification des façades et des plans d'étage courant, la création de séchoirs, la suppression de locaux associatifs, la création d'un étage supplémentaire par plateau dans les bâtiments G1, G2 et F, ainsi que la modification des plans de sous-sol, la création d'un sous-sol 3 et la ventilation des bâtiments G1, G2 et I, le tout conduisant à la suppression de 17 m2 de surface de plancher et à la création de 21 logements de plus que dans le permis de construire initial. Par un arrêté du même jour, le maire d'Ajaccio a de nouveau refusé de délivrer le permis sollicité. La SCCV Bodimmo demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 8 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée ". Le deuxième alinéa de l'article R. 424-5 du même code prévoit que : " Si la décision comporte rejet de la demande () elle doit être motivée ". L'article A. 424-4 de ce code prévoit que lorsque, notamment, le permis est refusé : " () l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".
3. Les arrêtés litigieux se bornent à viser le code de l'urbanisme, le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse et le plan local d'urbanisme de la commune d'Ajaccio, alors qu'ils comportent 7 motifs de refus de délivrer à la SCCV Bodimmo le permis sollicité. Dès lors, ils ne contiennent pas les considérations de droit permettant à la société pétitionnaire de comprendre les raisons du refus de lui délivrer un tel permis. Il s'ensuit que cet arrêté est entaché d'un vice de forme. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède que la SCCV Bodimmo est fondée à demander l'annulation des arrêtés du maire d'Ajaccio du 8 octobre 2021.
5. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la SCCV Bodimmo ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'exécution du présent jugement implique que la demande de permis de construire de la SCCV Bodimmo soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au maire d'Ajaccio de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par la SCCV Bodimmo.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Ajaccio une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCCV Bodimmo et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SCCV Bodimmo, qui n'est pas la partie perdante, verse à la commune d'Ajaccio une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du maire d'Ajaccio du 8 octobre 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Ajaccio de procéder au réexamen de la demande de la SCCV Bodimmo dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune d'Ajaccio versera à la SCCV Bodimmo une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Bodimmo et à la commune d'Ajaccio.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
Le greffier,
Signé
A. AUDOUIN
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. AUDOUIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026