mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GIANSILY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 décembre 2021 et les 4 et 5 janvier 2023, Mme G F, représentée par Me Giansily, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) l'annulation de la décision implicite de rejet du silence gardé par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires suite à sa saisine de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) le 23 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de la transition écologique, dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui communiquer l'audit relatif à la souffrance au travail, ainsi que toutes ses annexes associées, présenté lors du comité social local (CSL) du 15 avril 2021, l'audit interne du service national d'ingénierie aéroportuaire (SNIA) ainsi que toutes les annexes associées relatif aux conditions de travail en Corse réalisé du 25 mai au 4 juin 2021 suite au CSL du 15 avril 2021, et les conclusions de l'audit interne au SNIA relatif aux problèmes de fonctionnement et problèmes relationnels entre le pôle Nice-Corse et l'antenne Corse, réalisé du 20 au 22 novembre 2018 ;
3°) la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 3 000 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que la CADA a, dans un avis du 4 novembre 2021, considéré que ces documents étaient communicables.
Par des mémoires, enregistrés le 12 avril 2022 et le 23 mai 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires demande que le tribunal sursoie à statuer jusqu'à ce que la CADA ait statué sur sa demande du 15 février 2022 portant sur le caractère communicable des documents sollicités.
Vu :
- l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs du 4 novembre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, magistrat désigné ;
- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Giansily, avocat de Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Par lettre en date du 30 juin 2021, Mme F a demandé au ministre chargé des transports la communication de l'audit relatif à la souffrance au travail ainsi que toutes ses annexes associées, réalisé par Mme D, psychologue de l'organisation et du travail en février/mars 2021 à la demande de M. A E, directeur du service national d'ingénierie aéroportuaire (SNIA), et présenté lors du comité social local (CSL) du 15 avril 2021, l'audit interne au SNIA ainsi que toutes les annexes associées relatif aux conditions de travail en Corse, qui a été réalisé par M. C I du 25 mai au 4 juin 2021 à la demande de M. E suite au CSL du 15 avril 2021, et les conclusions de l'audit interne au SNIA relatif aux problèmes de fonctionnement et problèmes relationnels entre le pôle Nice-Corse et l'antenne Corse, réalisé par M. H et Mme B du 20 au 22 novembre 2018 suivant la demande de M. E. En l'absence de réponse du ministre, Mme F a saisi le 23 août 2021 la commission d'accès aux documents administratifs (CADA). Dans un avis du 4 novembre 2021, la CADA sans prendre connaissance des documents sollicités, a donné un avis favorable à sa communication sous réserve, notamment, de l'occultation des mentions qui porteraient atteinte à l'un des intérêts énoncés à l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, et qu'une telle occultation ne conduise pas à priver de son sens le document sollicité. Mme F doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet née, en vertu des articles R. 343-3 et R. 343-4 du code des relations entre le public et l'administration, du silence gardé par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires suite à la notification par la CADA de la saisine de la commission d'accès aux documents administratifs le 23 août 2021.
Sur les conclusions du ministre tendant à ce que le tribunal sursoie à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que le ministre chargé des transports a, par courrier en date du 15 février 2022, saisi la CADA sur le fondement de l'article R. 342-4-1 du code des relations entre le public et l'administration, en vertu duquel la CADA peut être consultée par le ministre sur toutes questions relatives à l'application des titres I, II et III du livre III du même code, d'une demande d'avis sur la pertinence des passages occultés et sur la communication même de certains documents afin que cette transmission ne porte pas préjudice aux tiers nommément désignés ou dont le comportement est évoqué. A l'appui de ce courrier, il a communiqué à la CADA copie des versions intégrales des documents demandés et les versions occultées des informations qu'il estimait confidentielles. Toutefois, le tribunal n'étant pas lié par l'avis de la CADA, il n'y a pas lieu de surseoir à statuer dans l'attente de cet avis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 300-2 du même code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions () ". Aux termes de l'article L. 311-6 de ce code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée () 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice () ". Enfin, aux termes de l'article L. 311-7 dudit code : " Lorsque la demande porte sur un document comportant des mentions qui ne sont pas communicables en application des articles L. 311-5 et L. 311-6 mais qu'il est possible d'occulter ou de disjoindre, le document est communiqué au demandeur après occultation ou disjonction de ces mentions ".
4. A l'exception des annexes sollicitées, dont il ressort des pièces du dossier qu'elles n'existent pas, les documents sollicités sont communicables de plein droit sous réserve de l'application des dispositions de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort des pièces des versions intégrales communiquées au tribunal en application de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative que les conclusions de l'audit interne au SNIA relatif aux problèmes de fonctionnement et aux problèmes relationnels entre le pôle Nice-Corse et l'antenne Corse, réalisé par M. H et Mme B du 20 au 22 novembre 2018 (pièce cotée " P5 bis ") est communicable dans son intégralité. En revanche, l'audit interne du SNIA réalisé par M. C I du 25 mai au 4 juin 2021 (pièce cotée " P4 ") n'est communicable qu'après occultation de la dernière phrase du deuxième paragraphe commençant par " Ils doivent " ainsi que la première phrase du 5ème paragraphe s'achevant par " autour de lui ". De même, certains passages du compte-rendu du 31 mai 2021 (pièce coté " P3 "), à savoir les 1er et 5ème paragraphe de la page 5 de ce rapport ainsi que la deuxième phrase du paragraphe de la page 4 commençant par " Du fait de l'historique " devront être biffés avant communication. En effet, ces passages portent une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ou font apparaître le comportement d'une personne dont la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. Dans ces conditions, la décision implicite par laquelle le ministre chargé des transports a rejeté la demande de communication de Mme F doit être annulée en tant qu'elle a refusé de communiquer les documents demandés à l'exception des passages susmentionnés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires de communiquer à la requérante, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à un mois à compter de la notification du présent jugement, l'audit relatif à la souffrance au travail réalisé par Mme D, la copie des trois documents dénommés P3, P4 et P5 bis qu'il a déjà communiquée au tribunal sous enveloppe, hors contradictoire, suite à la mesure d'instruction diligentée le 30 mai 2024 après avoir occulté, d'une part, pour le compte-rendu du 31 mai 2021 (document " P3 ") les 1er et 5ème paragraphe de la page 5 ainsi que la deuxième phrase du paragraphe de la page 4 de ce rapport commençant par " Du fait de l'historique " et, d'autre part, pour le rapport de synthèse de la mission I (document P4), la dernière phrase du deuxième paragraphe commençant par " Ils doivent " ainsi que la première phrase du 5ème paragraphe s'achevant par " autour de lui ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le rejet implicite opposé à la demande de communication de Mme F est annulé en tant qu'il refuse de communiquer les pièces du dossier autres que les annexes et les passages mentionnés au point 4.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires de communiquer, dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, à Mme F, l'audit relatif à la souffrance au travail réalisé par Mme D, copie intégrale des conclusions de l'audit interne au SNIA relatif aux problèmes de fonctionnement et problèmes relationnels entre le pôle Nice-Corse et l'antenne Corse, réalisé par M. H et Mme B du 20 au 22 novembre 2018 , dans la version qu'il a déjà communiquée au tribunal, ainsi que le compte-rendu du 31 mai 2021 et le rapport de synthèse de la mission I en Corse du 25 mai au 4 juin 2021, après avoir occulté les passages mentionnés au point 4.
Article 3 : L'Etat versera à Mme F la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. MONNIERLe greffier,
Signé
B. LELIEVRE
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Signé
B. LELIEVRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026