jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 janvier 2022, le 14 janvier 2022 et le 19 janvier 2022, M. B E, représenté par la SELARL Soler-Couteaux et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision, intervenue tacitement, par laquelle le maire de Porto-Vecchio a délivré à M. C A et Mme D A un permis de construire une maison et une piscine sur la parcelle cadastrée section F n°2529, lieudit " Bocca del Oro " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Porto-Vecchio la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux méconnaît les articles L. 422-5 et L. 422-6 du code de l'urbanisme, le maire étant en situation de compétence liée pour refuser le permis sollicité, en raison de l'avis conforme défavorable émis par le préfet de la Corse-du-Sud ;
- cet arrêté méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, le projet n'étant pas situé en continuité d'un espace urbanisé au sens de ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2022, la commune de Porto-Vecchio, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour cause de tardiveté ;
- elle est irrecevable pour cause de défaut d'intérêt pour agir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, M. C A et Mme D A, représentés par Me Menage, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable pour cause de tardiveté ;
- elle est irrecevable pour cause de défaut d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public,
- et les observations de Me Giorsetti, représentant la commune de Porto-Vecchio.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 février 2020, M. et Mme A ont déposé en mairie de Porto-Vecchio une demande de permis de construire une maison, un garage et une piscine sur la parcelle cadastrée section F n°2529, lieudit " Bocca del Oro ". En application du b) de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme et de l'article 12 ter de l'ordonnance susvisée du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire, le délai d'instruction de deux mois a été suspendu à compter du 12 mars 2020 et a repris son cours à compter du 24 mai 2020. En l'absence de décision expresse de l'administration est né, le 26 juin 2020, un permis de construire tacite. Par une lettre notifiée le 6 septembre 2021 à la commune de Porto-Vecchio, M. E a présenté un recours gracieux à l'encontre de ce permis auquel l'administration n'a pas répondu. M. E demande au tribunal d'annuler le permis tacite.
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ". Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : " Droit de recours : " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). () ". Enfin, l'article A. 424-18 du même code ajoute : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment des procès-verbaux de constats d'huissier dressés les 9 juin, 15 juillet et 19 août 2021 et n'est d'ailleurs pas contesté par M. E que le permis tacite litigieux a fait l'objet d'un affichage sur un panneau lisible de la voie publique et comportant les informations requises par les dispositions citées au point précédent. Il s'ensuit que le délai de recours contentieux de deux mois à l'encontre de l'arrêté attaqué a commencé à courir à l'égard des tiers à compter du 9 juin 2021, alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 1, le requérant n'a présenté son recours gracieux à l'encontre de ce permis que le 6 septembre 2021. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense ni les moyens de la requête, la fin de non-recevoir, opposée en défense, tirée de la tardiveté de la requête doit être accueillie et cette dernière doit être rejetée.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de E une quelconque somme au titre des frais exposés respectivement par la commune de Porto-Vecchio et par M. et Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Porto-Vecchio et de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à la commune de Porto-Vecchio, à M. C A et à Mme D A.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
Mme Christine Castany, première conseillère.
M. Jan Martin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUSLe greffier,
Signé
A. AUDOUIN
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. AUDOUIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026