jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ROMANI-CLADA -MAROSELLI- ARMANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 janvier 2022, le 23 février 2022, le 17 juin 2022, le 21 août 2023 et le 20 décembre 2023, Mme D C épouse A, représentée par la SCP d'avocats RCMA, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 2 décembre 2021 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie en sa possession et a prescrit l'enregistrement de cette interdiction dans le fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de la radier du fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été préalablement informée de ce que l'enquête administrative donnerait lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles relevant de l'article 26 de la loi du 6 janvier 1978, en méconnaissance de l'article R. 114-6 du code de la sécurité intérieure ;
- cet arrêté est également entaché d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'enquête diligentée par le préfet, en méconnaissance de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit en ce que les faits reprochés ne figurent pas au sein de la liste des infractions du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure ;
- cet arrêté est entaché d'erreur d'appréciation et d'erreur de fait en ce que les faits reprochés ne sont pas établis, sont anciens, portent atteinte à la présomption d'innocence, n'ont donné lieu ni à poursuites ni à condamnation et n'établissent en tout état de cause pas une incompatibilité avec la détention d'armes ; le bulletin n°2 de son casier judiciaire ne comporte aucune condamnation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mai 2022 et le 22 novembre 2023, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, détentrice d'armes de catégorie C, a demandé l'autorisation d'acquérir et de détenir des armes et munitions de catégorie B. Par un arrêté du 2 décembre 2021, le préfet de la Corse-du-Sud lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie en sa possession et a prescrit l'enregistrement de cette interdiction dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes. Mme C épouse A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure : " L'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui ". Aux termes de l'article L. 312-11 du même code : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir () ".
3. Pour interdire à Mme C épouse A d'acquérir et de détenir toute arme de toute catégorie, et pour lui enjoindre de s'en dessaisir, le préfet s'est fondé sur les circonstances que l'intéressée a fait l'objet de signalements portant, en 2017, sur l'emploi d'étranger non muni d'une autorisation de travail salarié et d'aide à l'entrée et à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France et, en 2020, sur une escroquerie au préjudice d'un organisme de protection sociale pour l'obtention d'une allocation ou d'une prestation indue. L'arrêté litigieux ajoute que l'époux de l'intéressée, M. B A, qui vit avec elle, fait l'objet d'une inscription au FINIADA. Toutefois, de telles circonstances ne suffisent pas à révéler, eu égard à leur nature et à leur gravité, un comportement de la requérante incompatible avec la détention d'armes. Il suit de là que le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions des articles L. 312-3-1 et L. 312-11 du code de la sécurité intérieure doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme C épouse A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Corse-du-Sud du 2 décembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, que le préfet de la Corse-du-Sud retire l'inscription de Mme C épouse A au FINIADA visé à l'article L. 312-16 du code de la sécurité intérieure. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par la requérante.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C épouse A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Corse-du-Sud du 2 décembre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Corse-du-Sud de retirer l'inscription de Mme C épouse A au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Mme C épouse A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président,
M. Jan Martin, premier conseiller,
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026