mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ZILLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 février et 30 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Ziller, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 septembre 2021 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions et leurs éléments de catégorie A, B et C et a prescrit l'enregistrement de cette interdiction dans le fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA), ensemble la décision du préfet du 7 décembre 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de procéder à sa radiation du FINIADA ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure, en l'absence de précision sur la qualité du fonctionnaire mandaté pour effectuer l'enquête administrative ;
- cet arrêté et la décision de rejet de son recours gracieux sont entachés d'insuffisante motivation ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de droit au regard de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, en ce que la condamnation du 10 novembre 2010 n'a pas donné lieu à une inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire ou à une peine d'interdiction, tandis que le signalement de 2012 n'a donné lieu à aucune suite pénale ;
- cet arrêté est entaché d'erreur d'appréciation en ce qu'il ne présente nullement de danger pour lui-même ou la société au titre de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure ; la condamnation dont il a été l'objet est ancienne ;
- l'inscription au FINIADA porte atteinte à l'autorité de la chose jugée, au principe d'individualisation de la peine, au principe de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère et au principe " non bis in idem ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 octobre 2020, M. B a déposé en préfecture de la Corse-du-Sud, trois demandes d'autorisation d'acquisition et de détention d'armes de catégorie B. Par l'arrêté du 28 septembre 2021, le préfet de la Corse-du-Sud lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions et leurs éléments de catégorie A, B et C et a prescrit l'enregistrement de cette interdiction dans le fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA). Le 19 novembre 2021, l'intéressé a saisi le préfet de la Corse-du-Sud d'un recours gracieux qui sera rejeté par une décision du 7 décembre 2021. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2021 ensemble, la décision du 7 décembre 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 312-17 du code de la sécurité intérieure : " Les agents habilités de la police et de la gendarmerie nationales peuvent, dans la stricte mesure exigée par la protection de la sécurité des personnes ou la défense des intérêts fondamentaux de la Nation, consulter les traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale pour les besoins de l'instruction des demandes d'autorisation ou de renouvellement d'autorisation d'acquisition ou de détention de matériels de guerre, d'armes, de munitions et leurs éléments faites en application de l'article L. 312-1 () ".
3. Les dispositions précitées de l'article L. 312-17 du code de la sécurité intérieure prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés par des agents habilités de la police et de la gendarmerie nationales dans le cadre de l'instruction par l'administration des demandes d'autorisation ou de renouvellement d'autorisation d'acquisition ou de détention d'armes. La circonstance que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été régulièrement habilité à cette fin n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la procédure d'interdiction d'acquisition ou de détention d'armes. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux en litige serait entaché d'un vice de procédure doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 411-5 du même code : " La décision rejetant un recours administratif dirigé contre une décision soumise à obligation de motivation en application des articles L. 211-2 et L. 211-3 est motivée lorsque cette obligation n'a pas été satisfaite au stade de la décision initiale ".
5. La décision attaquée, qui constitue une mesure de police soumise à obligation de motivation, comprend les considérations de droit et les éléments de faits sur lesquels elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée. Par voie de conséquence, par application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, la décision du 7 décembre 2021 de rejet du recours gracieux formé contre cette décision n'avait pas à être motivée. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure : " L'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui. " Aux termes de l'article L. 312-11 du même code : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () ".
7. Contrairement à ce que le requérant soutient, l'arrêté litigieux ne se fonde pas sur les dispositions de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure mais sur celles, précitées, de l'article L. 312-3-1 du même code. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que, d'une part, la condamnation pénale dont il a été l'objet 10 novembre 2010 n'a pas donné lieu à une inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire ou à une peine d'interdiction et d'autre part, le signalement de 2012 n'a été suivi d'aucune suite pénale, est inopérant.
8. En quatrième lieu, pour prononcer l'interdiction d'acquérir ou de détenir des armes, le préfet de la Corse-du-Sud a relevé que M. B avait fait l'objet, d'une part, d'une condamnation pénale, le 10 novembre 2010, pour des faits de violences aggravées et, d'autre part, d'un signalement, en 2012, pour des infractions à la législation du travail. Il ressort en effet du jugement du tribunal de grande instance d'Ajaccio du 10 novembre 2010 que le requérant a été condamné à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence par des coups au visage d'une personne n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail, d'introduction et de maintien au domicile d'une autre personne à l'aide de manœuvres, menaces, voie de fait ou contraintes. Dans ces conditions, alors même que ces faits seraient anciens, eu égard à leur nature et à leur gravité, ils révèlent un comportement qui n'est pas compatible avec l'acquisition ou la détention d'armes. Il suit de là que le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions des articles L. 312-3-1 et L. 312-11 du code de la sécurité intérieure doit être écarté.
9. En cinquième et dernier lieu, la décision litigieuse constitue une mesure de police et non une sanction administrative. Ainsi, en tout état de cause, M. B ne peut utilement faire valoir qu'ayant déjà fait l'objet d'une condamnation pénale, l'arrêté litigieux porte atteinte à l'autorité de la chose jugée, au principe d'individualisation de la peine, au principe de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère et au principe général " non bis in idem ".
10. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Corse-du-Sud du 28 septembre 2021 et de sa décision du 7 décembre 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Corse-du-Sud.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Baux, présidente ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
A. BAUX
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026