mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 mars 2022 et 13 mai 2023, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Corse a retiré la décision tacite de non opposition à déclaration préalable portant sur l'installation d'une clôture grillagée sur la parcelle cadastrée section OB n° 346 située dans la commune d'Alando, dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Alando de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable, sous astreinte.
Il soutient que :
- il n'a pas été en mesure de connaitre, préalablement à l'édiction de la décision attaquée les considérations de fait et de droit qui ont motivé le retrait de la décision tacite de non-opposition, dès lors, la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure ; l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France (ABF) lui a été communiqué postérieurement à la naissance de la décision tacite de non-opposition ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'avis de l'architecte des bâtiments de France revêtait le caractère d'un avis simple ;
- il était titulaire d'une décision tacite de non opposition depuis le 26 octobre 2021, date d'expiration du délai d'instruction de sa demande, que le préfet ne pouvait retirer en application des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme. ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2021 en tant qu'il retire la décision tacite de non opposition à déclaration préalable sont irrecevables dès lors qu'en application des dispositions de l'article R. 424-3 du code de l'urbanisme, l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France fait obstacle à la naissance d'une décision tacite de non opposition.
Les parties ont également été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2021 en tant qu'il s'oppose à la déclaration préalable sont irrecevables dès lors qu'en application des dispositions de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme le requérant était tenu, avant l'introduction de sa requête, de saisir le préfet de région d'un recours préalable obligatoire dirigé contre cette décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé auprès du maire de la commune d'Alando, le 15 juillet 2021, une déclaration préalable de travaux portant sur l'installation d'une clôture grillagée sur la parcelle cadastrée section OB n°346. Par un arrêté du 30 décembre 2021, dont M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Haute-Corse a retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont il bénéficiait.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () / La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621 31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. ". Enfin, aux termes du I de l'article L. 632-2 de ce code : " L'autorisation prévue () est, (), subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section 4 du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; () ". Aux termes de l'article R. 424-3 du même code : " Par exception au b de l'article R. 424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet lorsque la décision est soumise à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France et que celui-ci a notifié, dans les délais mentionnés aux articles R.* 423-59 et R.* 423-67, un avis défavorable ou un avis favorable assorti de prescriptions ". Aux termes de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme : " Par exception aux dispositions de l'article R.* 423-59, le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir donné son accord ou, dans les cas mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, émis son avis favorable est de deux mois lorsque le projet soumis à permis est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. ".
4. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une demande d'autorisation d'urbanisme est soumise à l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France (ABF), et lorsque cette autorité fait connaître au pétitionnaire, avant l'expiration du délai de deux mois après sa saisine, qu'elle émet sur le projet un avis défavorable, ou un avis favorable assorti de prescriptions, aucune autorisation d'urbanisme tacite ne peut plus naître du silence gardé sur la demande par l'autorité chargée de l'instruire.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'ABF a été saisi par le maire de la commune d'Alando, le 7 septembre 2021, d'une demande d'avis sur le projet présenté par M. C et que le 8 septembre 2021, il a émis un avis défavorable au motif que l'immeuble concerné par le projet est situé dans les abords du couvent de Saint François de Boziu, bâtiment classé monument historique. Par ailleurs, il est constant que cet avis est intervenu avant l'expiration du délai de deux mois dont disposait l'ABF pour se prononcer. Ainsi, en application des disposition précitées aux points 2 à 4, aucune autorisation d'urbanisme tacite n'a pu naitre du silence gardé par l'autorité chargée d'instruire la demande du requérant, la circonstance que l'ABF ait omis d'adresser à M. C, une copie de son avis défavorable est à cet égard sans influence et ne peut avoir eu pour effet de faire naître un permis tacite. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 décembre 2021 en tant qu'il retire la décision tacite de non opposition à déclaration préalable, sont irrecevables.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'un pétitionnaire n'est pas recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision de refus de permis de construire faisant suite à un avis négatif de l'architecte des Bâtiments de France sur cette demande de permis, s'il n'a pas, préalablement, saisi le préfet de région d'une contestation de cet avis, selon la procédure spécifique prévue à l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme.
8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas saisi, préalablement au dépôt de sa requête devant le tribunal administratif, le préfet de région d'une contestation de l'avis négatif de l'architecte des bâtiments de France rendu sur son projet le 8 septembre 2021. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas reçu notification de l'avis de l'ABF et que l'obligation d'exercer ce recours administratif préalable n'a pas été mentionnée dans l'arrêté litigieux, cette circonstance, qui empêchait que la notification de cet arrêté fît courir le délai de recours contentieux contre cette décision, est toutefois sans incidence sur l'irrecevabilité de la demande de l'intéressé, portée directement devant le tribunal.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C est irrecevable et doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera adressée à la commune d'Alendo.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Sadat, conseillère,
Mme Zerdoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de la Haute Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. D A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026