mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ALBERTINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 8 avril 2022 et les 22 mars et 13 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Albertini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toutes catégories dont il est en possession, dans le délai d'un mois, à compter de la notification dudit arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a été réhabilité de plein droit de sa condamnation du 25 octobre 2006 qui est non avenue depuis le 27 janvier 2022 ;
- elle méconnait l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure :
. dès lors qu'elle ne vise pas un recel de vol ou d'extorsion mais un recel habituel de biens provenant d'un délit ; ainsi le préfet de la Haute-Corse s'est estimé en situation de compétence liée ;
. dès lors que le préfet a ordonné le dessaisissement de toutes les armes détenues de toutes catégories.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2022, le préfet de la Haute Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 décembre 2021, M. B a adressé au préfet de la Haute-Corse une déclaration d'arme de catégorie C. En réponse et après consultation de son casier judiciaire, par un arrêté n° 1201 du 10 mars 2022, dont M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Haute-Corse lui a notamment ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toutes catégories dont il était en possession, lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes de toute catégorie, lui a retiré la validation de son permis de chasser et lui a enjoint de le remettre.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure applicable au litige : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : / 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : / () -recel de vol ou d'extorsion prévu aux articles 321-1 à 321-5 du même code () ". Aux termes de l'article 321-1 du code pénal : " Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose, ou de faire office d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit. / Constitue également un recel le fait, en connaissance de cause, de bénéficier, par tout moyen, du produit d'un crime ou d'un délit. () ". Et aux termes de l'article 321-2 du code pénal : " Le recel est puni de dix ans d'emprisonnement et de 750 000 euros d'amende : () 1° Lorsqu'il est commis de façon habituelle ou en utilisant les facilités que procure l'exercice d'une activité professionnelle () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 132-35 du code de procédure pénale : " La condamnation pour crime ou délit assortie du sursis simple est réputée non avenue si le condamné qui en bénéficie n'a pas commis, dans le délai de cinq ans à compter de celle-ci, un crime ou un délit de droit commun suivi d'une nouvelle condamnation ayant ordonné la révocation totale du sursis dans les conditions définies à l'article 132-36 ; le caractère non avenu de la condamnation ne fait pas obstacle à la révocation totale ou partielle du sursis en cas d'infraction commise dans le délai de cinq ans. ". Aux termes de l'article 498 du code de procédure pénale : " Sans préjudice de l'article 505, l'appel est interjeté dans le délai de dix jours à compter du prononcé du jugement contradictoire. () ". Aux termes de l'article 775 du code de procédure pénale : " Le bulletin n° 2 est le relevé des fiches du casier judiciaire applicables à la même personne, à l'exclusion de celles concernant les décisions suivantes : () 4° Les condamnations assorties du bénéfice du sursis, avec ou sans probation, lorsqu'elles doivent être considérées comme non avenues () ".
4. Si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il incombe cependant au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments objectifs antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
5. En l'espèce, par un jugement du 17 janvier 2017, le tribunal correctionnel de Bastia a condamné M. B à une peine d'emprisonnement délictuel de six mois avec sursis pour des faits de " recel habituel de biens provenant d'un délit " définis par les articles 321-1 et suivants du code pénal et commis du 1er avril 2011 au 31 décembre 2014 sur le territoire de la commune d'Aléria. En application des dispositions précitées du code de procédure pénale, ce jugement est devenu définitif, le 28 janvier suivant et la condamnation prononcée a été inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire de l'intéressé. Cependant, il ressort des termes de la lettre du 15 juin 2023 du procureur de la République de Bastia produite par l'intéressé, dont la portée n'est pas contestée par l'autorité administrative, que M. B n'ayant pas fait l'objet, dans le délai de cinq ans d'une nouvelle condamnation ayant ordonné la révocation totale du sursis dont était assortie la condamnation prononcée le 17 janvier 2017, en application des dispositions de l'article 132-35 du code pénal et 775 du code de procédure pénale précitées, celle-ci était réputée non avenue. Par suite, cette condamnation qui avait cessé d'avoir effet à la date de l'arrêté du 10 mars 2022, était censée avoir disparu du bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant et ce alors même, que celui-ci continuait à en faire mention. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté en litige par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a notamment ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toutes catégories dont il est en possession est entaché d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 mars 2022.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 mars 2022 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, où siégeaient :
- Mme Anne Baux, présidente ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
La rapporteure,
N. SADATLa présidente,
A. BAUX
La greffière,
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026