jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PIERRE-PAUL MUSCATELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le maire de la commune de Pietracorbara s'est opposé à sa déclaration préalable en vue d'installer une " Tiny House " sur la parcelle cadastrée section OA n° 1438, au lieudit " San Leonardo ", ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux formé le 12 avril 2022.
Elle soutient que :
- son projet n'est pas constitutif d'une extension de l'urbanisation au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il constitue un agrandissement d'une construction existante ;
- à supposer que son projet soit constitutif d'une extension de l'urbanisation, le terrain d'assiette de celui-ci n'est pas situé dans un secteur d'habitats diffus en discontinuité avec un village ou une agglomération ;
- elle a effectué une demande de déclaration préalable pour son projet dont la surface plancher est inférieure à 20 m², conformément à l'article L. 444-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 novembre 2022, la commune de Pietracorbara, représentée par Me Muscatelli, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, les moyens de la requête sont inopérants dès lors qu'elle se trouvait en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par Mme A, conformément à l'avis conforme défavorable du préfet de la Haute-Corse, en date du 17 novembre 2021 ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Samson,
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A et de Me Goubet, substituant Me Muscatelli, représentant la commune de Pietracorbara.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 octobre 2021, Mme A a déposé une demande de déclaration préalable pour l'installation d'un " Tiny House " sur la parcelle cadastrée section OA n° 1438, au lieudit " San Leonardo " à Pietracorbara. Par un arrêté du 22 février 2022, le maire de Pietracorbara s'est opposé à cette déclaration préalable. Par un courrier du 12 avril 2022, Mme A a saisi le préfet de la Haute-Corse, d'un recours gracieux. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 22 février 2022 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire () est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ".
3. Il est constant que la commune de Pietracorbara n'étant pas couverte par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu à la date de l'arrêté en litige, le maire a sollicité l'avis conforme du préfet de la Haute Corse, qui a été rendu le 17 novembre 2021. Dès lors, Mme A doit être regardée comme soutenant par voie d'exception que cet avis est entaché d'illégalité.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () ". Si, en adoptant ces dispositions, le législateur a entendu interdire en principe toute opération de construction isolée dans les communes du littoral, le simple agrandissement d'une construction existante ne peut être regardé comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions.
5. Le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), qui précise, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'application des dispositions citées ci-dessus, prévoit que, dans le contexte géographique, urbain et socioéconomique de la Corse, une agglomération est identifiée selon des critères tenant au caractère permanent du lieu de vie qu'elle constitue, à l'importance et à la densité significative de l'espace considéré et à la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire, et que, par ailleurs, un village est identifié selon des critères tenant à la trame et la morphologie urbaine, aux indices de vie sociale dans l'espace considéré et au caractère stratégique de celui-ci pour l'organisation et le développement de la commune. Ces prescriptions du PADDUC apportent des précisions et sont compatibles avec les dispositions du code de l'urbanisme citées au point précédent.
6. D'une part, le projet en litige consiste à installer une construction transportable édifiée sur un essieu sans fondation, appelée " Tiny House ", destinée à servir de maison individuelle permanente entièrement autonome. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que cette construction, d'une superficie de 19,62 m², n'est pas contiguë à la maison d'habitation des parents de la requérante, présente sur la parcelle, et ne peut dès lors être regardée comme formant avec elle un ensemble architectural. Ainsi, le projet de Mme A, qui est dépourvu de tout lien physique ou fonctionnel avec la construction existante, ne peut être qualifié d'agrandissement de celle-ci.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle destinée à accueillir le projet, qui constitue, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, une extension de l'urbanisation, se situe dans le secteur de " San Leonardo ", lequel est éloigné de plusieurs kilomètres du centre-bourg du village de Pietracorbara par divers espaces vierges de toutes constructions. Par ailleurs, ce secteur, qui ne comporte aucun lieu public, se caractérise par un habitat diffus constitué d'une quinzaine de constructions, entrecoupé d'espaces boisés et situé dans une vaste zone à dominante naturelle et agricole. Ainsi, à supposer même qu'il dispose des réseaux et équipements publics et bien qu'une route départementale en permette la desserte, ce secteur, dont la forme ne présente pas la fonction structurante à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire, ne saurait être assimilé à une agglomération ou un village au sens du premier alinéa des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC. A cet égard, est sans incidence la circonstance que des permis de construire auraient été délivrés pour d'autres projets situés à proximité de la parcelle abritant le projet d'installation en litige. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant un avis conforme défavorable à sa déclaration préalable, le préfet de la Haute-Corse aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen ne peut être qu'écarté en toutes ses branches.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 444-1 du code de l'urbanisme : " L'aménagement de terrains bâtis ou non bâtis, pour permettre l'installation de résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs définies par décret en Conseil d'Etat ou de résidences mobiles au sens de l'article 1er de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, est soumis à permis d'aménager ou à déclaration préalable, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Ces terrains doivent être situés dans des secteurs constructibles. Ils peuvent être autorisés dans des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées, dans les conditions prévues à l'article L. 151-13. ".
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le projet de Mme A consiste en l'installation d'une " Tiny House ", destinée à devenir son habitat permanent. Cet aménagement entre ainsi nécessairement dans les dispositions précitées du code de l'urbanisme, lesquelles exigent en toute hypothèse, une décision de non opposition à déclaration préalable. Il s'ensuit que contrairement à ce que fait valoir l'intéressée, ni les dispositions précitées, ni aucune autre disposition législative ou règlementaire, ne prévoient que le seul fait de déposer un dossier de déclaration préalable d'un projet dont la surface de plancher serait inférieure à 20 m² serait suffisant pour permettre l'installation d'une résidence démontable au sens de l'article L. 444-1 précité. Par suite, ce moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de l'avis défavorable conforme du préfet de la Haute-Corse du 17 novembre 2021.
11. Compte tenu de ce qui précède, le maire de Pietracorbara se trouvait en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable de Mme A. Ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du maire de Pietracorbara du 22 février 2022 et de la décision rejetant le recours gracieux formé le 12 avril 2022 doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Pietracorbara et au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
Le rapporteur,
Signé
I. Samson
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026