jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MUSCATELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, la SAS Solferino, représentée par le cabinet Adden avocats Méditerranée, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 14 avril 2022 par lequel le maire de Propriano a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire un immeuble de 15 logements collectifs, sur les parcelles cadastrées section A n°s 1312, 1313 et 1315, situées au 49 avenue Napoleon III ;
2°) d'enjoindre à la commune de Propriano de lui délivrer le permis de construire sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ; subsidiairement de réexaminer sa demande de permis dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Propriano la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- en application de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, l'administration ne pouvait légalement se fonder sur la circonstance que le projet serait de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme dont la procédure a été lancée postérieurement à sa demande initiale et au renouvellement de cette demande ;
- en application des articles L. 152-2 et L. 230-1 du code de l'urbanisme, l'administration ne pouvait légalement se fonder sur le projet d'un emplacement réservé dans le futur plan local d'urbanisme alors que celui-ci repose sur un emplacement réservé identique dans le plan local d'urbanisme approuvé en 2018 qui a fait l'objet d'un droit de délaissement resté sans réponse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Giudicelli, avocat de la SAS Solferino, ainsi que celles de Me Giansily substituant Me Muscatelli, avocat de la commune de Propriano.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 décembre 2019, M. A B a, au nom de la SAS Solferino, déposé en mairie de Propriano une demande de permis de construire un immeuble de 15 logements collectifs, sur les parcelles cadastrées section A n°s 1312, 1313 et 1315, situées au 49 avenue Napoleon III. Par un arrêté du 25 février 2020, le maire de Propriano a refusé de lui délivrer un permis. Par le jugement n° 2000427 du 12 octobre 2021, devenu définitif, le tribunal a annulé cet arrêté. Par une lettre du 15 février 2022, la SAS Solferino a confirmé sa demande de permis. Par un arrêté du 14 avril 2022, le maire a opposé un sursis à statuer à cette demande. La SAS Solferino demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire ". D'autre part, aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
3. Pour sursoir à statuer sur la demande de permis de construire confirmée par une lettre du 15 février 2022 de la SAS Solferino, le maire de Propriano s'est fondé sur la circonstance que le conseil municipal, par une délibération du 8 avril 2022, a débattu des orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable dans le cadre de la reprise de la procédure de révision du plan local d'urbanisme. Dès lors que ce débat est postérieur à la date de la décision de refus de permis du 25 février 2020 annulée par le jugement du tribunal du 12 octobre 2021, la SAS Solferino est fondée à soutenir qu'en lui opposant un sursis à statuer, le maire de Propriano a commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède que la SAS Solferino est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Propriano du 14 avril 2022.
5. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la société requérante ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
7. Le présent jugement censure le motif opposé par le maire de Propriano à la demande de permis de construire déposée par la SAS Solferino. Il ne résulte pas de l'instruction que des dispositions d'urbanisme opposables à cette demande interdiraient de prononcer une injonction ou que la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au maire de Propriano de délivrer à cette société le permis de construire sollicité, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Propriano une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SAS Solferino et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Propriano du 14 avril 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Propriano de délivrer à la SAS Solferino un permis de construire dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Propriano versera à la SAS Solferino une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Solferino et à la Commune de Propriano.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026