vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LYON-CAEN, THIRIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juin 2022 et 14 mars 2024, M. C A, représenté par Me Vaillier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) de Corse a implicitement rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'agence régionale de santé de Corse de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Ajaccio et de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors :
. qu'il a subi un burn-out du fait de la gestion de la crise sanitaire liée à la covid-19 ;
. que des agissements répétés de l'administration ont porté gravement atteinte à son intégrité physique et morale et sont constitutifs de harcèlement moral ; qu'il en est notamment ainsi du refus d'aménager son temps de travail, du refus d'indiquer clairement les missions et objectifs désignés, de sa notation qui a le caractère d'une sanction déguisée et du rejet de toutes ses demandes de mobilité professionnelle ;
. que, par ailleurs, il a attiré l'attention des directeurs généraux du centre hospitalier d'Ajaccio et de l'agence régionale de santé de Corse sur sa situation ;
. qu'enfin, il se trouve dans une situation particulièrement précaire qui l'expose aux risques de rechute au regard de sa situation médicale et des soins en cours.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 août et 15 septembre 2022, l'agence régionale de santé de Corse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une partie des pièces produites par le requérant sont postérieures à la décision attaquée et ne peuvent donc être prises en compte par le tribunal ;
- les éléments transmis par M. A sont insuffisamment probants pour constater l'existence d'éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral ;
- des considérations d'intérêt général font obstacle à ce que le bénéfice de la protection fonctionnelle soit accordé à M. A.
Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2022, le centre hospitalier d'Ajaccio, représenté par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les fait invoqués par M. A, en des termes très généraux, ne sont pas constitutifs de harcèlement moral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, directeur d'hôpital hors classe, exerce ses fonctions au sein du centre hospitalier d'Ajaccio depuis 2017. Par un courrier du 24 mars 2022, l'intéressé a sollicité du directeur général de l'agence régionale de santé de Corse, le bénéfice de la protection fonctionnelle. Dans le silence gardé par l'administration, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé de Corse a implicitement rejeté sa demande.
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ". Selon les termes de l'article L. 134-5 du même code : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ". Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. M. A soutient qu'il est en droit de bénéficier de la protection fonctionnelle dès lors qu'il a été victime d'agissements répétés constitutifs de harcèlement moral de la part du directeur général du centre hospitalier d'Ajaccio, qui ont eu pour effet de porter atteinte à son intégrité physique et morale. Le requérant fait, tout d'abord, état de ce que le directeur général du centre hospitalier d'Ajaccio aurait refusé d'aménager son temps de travail lors de son retour de congé pour invalidité temporaire imputable au service, en avril 2022. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier, que M. A a effectivement bénéficié d'un mi-temps thérapeutique jusqu'au 3 octobre 2022, date de sa nouvelle affectation, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait été astreint à une quotité de travail supérieure à celle d'un mi-temps thérapeutique, ni même qu'il aurait sollicité un aménagement de son temps de travail qui lui aurait été refusé. Le requérant soutient également que le directeur du centre hospitalier aurait fait obstacle à toute mobilité professionnelle et l'aurait affecté à un poste le plaçant dans une situation de subordination vis à vis d'un agent disposant d'un grade inférieur au sien. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'à la suite de sa demande de mobilité formulée le 4 février 2022, le directeur général du centre hospitalier a, par un courrier du 17 mars 2022, informé M. A de ce qu'il ne pourrait donner une suite favorable à sa demande dès lors que la direction des affaires culturelle (DRAC) de Corse, organisme d'accueil, ne souhaitait pas assurer la charge de son salaire et que, par conséquent, le centre hospitalier serait dans l'incapacité de recruter un remplaçant. Par suite, le refus opposé au requérant par le directeur général du centre hospitalier se fonde sur un motif objectif lié à l'intérêt du service. En outre, par le même courrier du 17 mars 2022, le directeur général du centre hospitalier d'Ajaccio, a informé M. A de ce qu'il serait affecté provisoirement au sein de la direction qualité et gestion des risques, " en proximité fonctionnelle de l'ingénieur responsable du service ". Si en l'espèce, le requérant estime avoir été victime d'une " rétrogradation ", il n'établit ni la perte de responsabilité alléguée, ni même avoir été en position de subordination vis à vis d'un agent disposant d'un grade inférieur au sien, alors, qu'au demeurant, cette affectation, provisoire, était limitée à la durée de son mi-temps thérapeutique. En outre, M. A estime avoir été victime de rétentions d'informations dès lors, qu'au moment de sa reprise de poste, à l'issue de son congé pour invalidité temporaire imputable au service, il n'a été destinataire ni d'informations préalables à son affectation, ni d'aucune fiche de poste ni encore, d'informations concernant le matériel mis à sa disposition dans l'exercice de ses fonctions. Toutefois il ressort des pièces du dossier que, par le courrier du 17 mars 2022, antérieur à sa reprise de fonction, le directeur général du centre hospitalier l'a informé de son affectation provisoire au sein de la direction qualité et gestion des risques en précisant le contenu de ses premières missions et qu'elles auraient vocation à être complétées avant la fin de son mi-temps thérapeutique. Par ailleurs, si par un courrier du 24 août 2022, M. A établit avoir saisi le directeur général du centre hospitalier des difficultés matérielles auxquelles il était confronté, par un courrier en réponse du 9 septembre 2022, le directeur général l'a informé de ce qu'il bénéficiait, dans le cadre de ses gardes, d'une délégation de signature à l'instar de tous les directeurs et cadres ainsi que de ce qu'il lui appartenait de réinitialiser ses codes de connexion afin d'avoir accès aux logiciels professionnels mis à disposition par le centre hospitalier. Enfin, si l'intéressé soutient que la baisse de coefficient correspondant à la part résultat qui lui a été attribuée au titre de la prime de fonction et de résultats au titre de l'année 2021 constitue une sanction déguisée, il ne l'établit pas alors, qu'au demeurant, il ressort des pièces du dossier qu'il a été placé en congé de maladie du 1er janvier au 31 décembre 2021. Ainsi, au regard de l'ensemble de ces éléments, M. A ne justifie pas avoir été victime de harcèlement moral ni même que les agissements de l'administration auraient porté gravement préjudice à son intégrité physique et morale. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le directeur général de l'agence régionale de santé de Corse aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de de M. A le versement de la somme sollicité par le centre hospitalier d'Ajaccio sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier d'Ajaccio présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au directeur général de l'agence régionale de santé de Corse et au directeur général du centre hospitalier d'Ajaccio.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Mannoni
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
M. D B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026