jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er juillet 2022, le 19 mai 2023 et le 28 juin 2023, et un mémoire non communiqué, enregistré le 13 octobre 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Plantavin-Reina et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 7 janvier 2022 par lequel le maire de Piana a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la régularisation d'une maisonnette sur la parcelle cadastrée section D n° 685, située au lieudit " San Michele ", ensemble la décision du maire du 2 mai 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Piana de lui délivrer un permis de construire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Piana la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- l'avis conforme défavorable du préfet et l'arrêté litigieux méconnaissent l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, son projet conduisant à une extension de sa construction limitée à 40 % de la surface de plancher existante ;
- cet avis et cet arrêté méconnaissent l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme, son projet ne conduisant pas à une modification de la destination agricole de la construction existante.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 septembre 2022 et le 16 juin 2023, la commune de Piana, représentée par Me Celli, conclut au rejet de la requête, à ce que la somme de 2 400 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Dech, avocate de Mme A, ainsi que celles de Me Celli, avocat de la commune de Piana.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 26 juillet 2021 en mairie de Piana une demande de permis de construire en vue de la régularisation d'une maisonnette sur la parcelle cadastrée section D n° 685, située au lieudit " San Michele ". Par un arrêté du 7 janvier 2022, le maire de cette commune a refusé de lui délivrer le permis sollicité. Par une lettre du 7 mars 2022, Mme A a exercé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté que le maire a rejeté par une décision du 2 mai 2022. Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2022 et la décision du 2 mai 2022.
2. La commune de Piana était dotée d'un plan d'occupation des sols qui est devenu caduc en application de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme. En conséquence, le maire de Piana a recueilli, avant de prendre la décision attaquée, l'avis conforme du préfet de la Corse-du-Sud conformément aux dispositions de l'article L. 422-5 du même code, lequel a émis un avis défavorable le 13 décembre 2021.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants () ". Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation peut être autorisée en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais qu'aucune construction nouvelle ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
4. Le plan d'aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC), qui précise, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'application des dispositions citées ci-dessus, prévoit que, dans le contexte géographique, urbain et socioéconomique de la Corse, une agglomération est identifiée selon des critères tenant au caractère permanent du lieu de vie qu'elle constitue, à l'importance et à la densité significative de l'espace considéré et à la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire, et que, par ailleurs, un village est identifié selon des critères tenant à la trame et la morphologie urbaine, aux indices de vie sociale dans l'espace considéré et au caractère stratégique de celui-ci pour l'organisation et le développement de la commune. Ces prescriptions du PADDUC apportent des précisions et sont compatibles avec les dispositions du code de l'urbanisme citées au point 3.
5. Il est constant que le projet de Mme A se situe dans un vaste espace naturel, à l'écart de tout village ou agglomération au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC. La requérante soutient que son projet se borne à agrandir de 40 % la surface d'une construction existante, dès lors qu'une première autorisation du maire de Piana a été délivrée à M. A le 3 novembre 2013. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la lettre du 3 novembre 2013 par laquelle le maire a autorisé la réhabilitation d'une ruine serait constitutive d'une autorisation d'urbanisme. Il suit de là que la demande de régularisation déposée par l'intéressée le 26 juillet 2021 doit être regardée comme portant sur une construction nouvelle, ainsi d'ailleurs que celle-ci l'indique dans le formulaire cerfa de demande de permis. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Corse-du-Sud a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC en émettant un avis conforme défavorable à son projet.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme : " Par dérogation aux dispositions de l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées, avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers () Le changement de destination de ces constructions ou installations est interdit ".
7. Mme A fait valoir que la construction existante est une fromagerie qui conservera, à titre principal, sa destination agricole, tout en hébergeant des clients dans le cadre d'opérations de " découverte de la ferme ". Toutefois, il ressort du dossier de demande de permis de construire déposé par l'intéressée que son projet a pour objet la régularisation d'une construction existante par changement de destination. Il ne mentionne aucune poursuite d'une activité agricole. En outre, la demande d'agrément présentée par celle-ci en vue de l'exercice d'une activité de gite et de ferme-auberge étant datée du 13 janvier 2022, est en tout état de cause postérieure à la décision attaquée. Il suit de là que Mme A ne saurait sérieusement se prévaloir de ce qu'elle exercerait à titre principal une activité agricole pour soutenir que le préfet de la Corse-du-Sud aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme qui permettent de déroger à celles de l'article L. 121-8 du même code.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'avis conforme défavorable du préfet de la Corse-du-Sud du 13 décembre 2021 est illégal. Dès lors, le maire de Piana étant en situation de compétence liée pour refuser le permis sollicité, les moyens de la requête dirigés directement contre l'arrêté du 7 janvier 2022 sont inopérants.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Piana du 7 janvier 2022 et de sa décision du 2 mai 2022 de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Piana, qui n'est pas la partie perdante, verse à Mme A une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Piana et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Piana une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Piana et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026