jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | POLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2022, Mme D C, représentée par Me Filippini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2022, par lequel le maire de la commune de Sorbo-Ocagnano a opposé au nom de l'Etat un sursis à statuer à sa demande de permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle, ensemble les décisions implicites de rejet de ses recours gracieux et hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au maire de Sorbo-Ocagnano de lui délivrer le permis de construire sollicité, sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune de Sorbo-Ocagnano la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé en fait et en droit ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 153-11 et L. 153-12 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait le principe d'égalité devant les charges publiques ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation et d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au maire de Sorbo-Ocagnano qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Filippini, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 novembre 2021, Mme C a déposé une demande de permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle, sur une parcelle cadastrée section A n° 392 située au lieudit " Suale " sur le territoire de la commune de Sorbo-Ocagnano. Par un arrêté du 12 janvier 2022, le maire de la commune de Sorbo-Ocagnano a opposé au nom de l'Etat un sursis à statuer à cette demande, pour une durée de deux ans. Le 8 mars 2022, l'intéressée a formé des recours gracieux et hiérarchique contre cet arrêté, qui ont été implicitement rejetés. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2022, ensemble les décisions implicites de rejet de ses recours gracieux et hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () / Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ". Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 153-11 du même code : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ".
3. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire, sur le fondement de ces dispositions, que lorsque l'état d'avancement des travaux d'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme permet de préciser la portée exacte des modifications projetées, sans qu'il soit cependant nécessaire que le projet ait déjà été rendu public. Il ne peut en outre être opposé qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 12 janvier 2022 a été signé par M. B A, adjoint au maire de la commune de Sorbo-Ocagnano, qui bénéficiait d'une délégation à cet effet, consentie par un arrêté n° 2020/004 du 25 mai 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué qui manque en fait, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, pour opposer un sursis à statuer au permis de construire sollicité par Mme C, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'urbanisme autorisant l'autorité compétente à prendre un sursis à statuer, rappelle l'état d'avancement des travaux d'élaboration du futur plan local d'urbanisme (PLU) ainsi que l'objet de la construction projetée par Mme C et enfin, explicite les raisons pour lesquelles ce projet est de nature à compromettre la réalisation du futur PLU. Ainsi, l'arrêté contesté comprend les considérations de droit et les circonstances de fait qui en constituent le fondement, qui ont permis à la requérante d'en discuter utilement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en droit et en fait doit être écarté.
6. En troisième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que le conseil municipal de la commune de Sorbo-Ocagnano a prescrit l'élaboration d'un plan local d'urbanisme par une délibération du 18 février 2016 et, que le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) de ce PLU a été débattu en conseil municipal, le 15 février 2017, puis une nouvelle fois, le 11 avril 2019. En outre, alors que le projet de PADD comportait plusieurs axes dont celui de " se préparer à la mutation de la commune, plaine et village pour accueillir de nouveaux habitants et améliorer le cadre de vie ", son orientation n° 3 intitulée " sortir du schéma d'une commune résidentielle par une politique de développement endogène dynamique " faisait mention d'un objectif n°3 de développement des équipements publics structurants, notamment par la création d'une école. Ainsi, dès lors que ces éléments traduisaient un état suffisamment avancé du futur PLU, à la date de la décision attaquée, pour apprécier si le projet était de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan et donc de permettre le cas échéant, au maire de Sorbo-Ocagnano d'envisager d'opposer un sursis à statuer au titre des dispositions précitées du code de l'urbanisme, c'est sans méconnaitre les dispositions précitées du code de l'urbanisme que l'arrêté en litige visait la délibération du 4 septembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune a arrêté le PLU, énonçant que le projet qui se situait dans l'emplacement réservé n°1 pour la création d'une école, était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet litigieux, qui emporte la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section A n°392 dans la commune de Sorbo-Ocagnano, se situe dans le périmètre de l'emplacement réservé n°1 au sein duquel le projet de PLU a prévu la réalisation d'une école. Dans ces conditions, le projet était de nature à compromettre l'exécution du futur PLU de la commune. Par suite, en opposant un sursis à statuer, le maire de la commune de Sorbo-Ocagnano a fait, dans les circonstances de l'espèce, une exacte application des dispositions précitées du code de l'urbanisme.
8. En dernier lieu, si Mme C soutient que la décision contestée aurait pour but de faire obstacle à son projet immobilier, en se bornant à soutenir, d'une part, que des permis de construire auraient été délivrés dans le périmètre de l'emplacement réservé et d'autre part, qu'elle n'aurait eu accès à aucune information concernant le projet d'école prévu dans l'emplacement réservé n°1, elle n'établit ni le détournement de pouvoir allégué ni davantage que la décision attaquée aurait méconnu le principe d'égalité devant les charges publiques.
9. Il résulte de ce qui précède que cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la commune de Sorbo-Ocagnano et au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026