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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2200874

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2200874

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2200874
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MORELLI-MAUREL & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 juillet 2022, le 30 octobre 2023, le 6 novembre 2023, les 14 et 15 janvier 2024 et le 8 mars 2024, Mme D A et M. E G, représentés par Me Recchi, demandent au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 21 janvier 2022 par lequel le maire de Propriano a délivré à M. B C et à Mme F C un permis de construire pour l'agrandissement et l'aménagement de la terrasse d'une maison existante, sur la parcelle cadastrée section C n° 62, située 4 lieudit " Vigna Majo ", ensemble la décision implicite de rejet par le maire du recours gracieux qu'ils ont notifié à la commune le 16 mars 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Propriano et des époux C le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'inexactitudes, en ce que sur le plan en coupe figure un profil erroné du terrain naturel ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incomplétude et d'erreurs, en ce que le formulaire Cerfa ne mentionne pas la surface de plancher créée par le projet, le document graphique ne permet pas d'apprécier son insertion dans son environnement, le plan de masse et le plan en coupe ne comprennent ni les cotes altimétriques ni le profil avant travaux du terrain naturel, et la notice paysagère ne comporte aucune vue mettant en perspective le projet avec ses abords ;

- l'arrêté litigieux méconnaît l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme, en ce que le projet architectural du dossier de demande de permis de construire n'a pas été établi par un architecte ;

- il méconnaît l'article UD4.3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Propriano sur la desserte par les réseaux, en ce qu'aucun aménagement nécessaire au libre écoulement des eaux pluviales n'est prévu, en l'absence même de réseau collecteur ;

- il méconnaît l'article UD7 de ce règlement sur l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnaît l'article UD8 de ce règlement sur l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété, en ce qu'il emporte la création d'un deuxième volume annexe, en dehors du bâtiment principal, ne répondant pas aux exigences de cet article ;

- il méconnaît l'article UD10 de ce règlement sur la hauteur des constructions projetées, en ce qu'il n'est pas établi, du fait de l'inexactitude et de l'incomplétude du plan en coupe, qu'elle soit en l'espèce inférieure ou égale à 7 mètres ;

- il est entaché de fraude, en ce que, d'une part, la circonstance que la construction est projetée sur un exhaussement illégal du sol a été dissimulée au service instructeur en vue de la soustraire aux règles de hauteur fixées par l'article UD10 susvisé et, d'autre part, le plan de masse laisse croire en l'existence d'un réseau de gestion des eaux pluviales conforme à l'article UD4.3 susvisé alors qu'il n'en est rien.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, la commune de Propriano, représentée par Me Muscatelli, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoie à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 juin 2023, le 30 novembre 2023 et le 12 février 2024, M. B C et Mme F C, représentés par Me Poletti, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un courrier du 24 septembre 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Les observations de M. C ont été enregistrées le même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Silvestri, substituant Me Muscatelli, avocat de la commune de Propriano, ainsi que celles de Me Poletti, avocat des époux C.

Une note en délibéré des époux C a été enregistrée le 1er octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 janvier 2022, le maire de Propriano a délivré aux époux C un permis de construire pour l'agrandissement et l'aménagement de la terrasse d'une maison existante par la création d'une pergola, ainsi que d'un vide sanitaire et d'un local technique situés sous cette terrasse et cette pergola, sur la parcelle cadastrée section C n° 62, située 4 lieudit " Vigna Majo ". Le 16 mars 2022, les requérants ont présenté un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, auquel l'administration n'a pas répondu. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2022 et la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, née le 16 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :

2. D'une part, l'absence, dans le dossier constitué à l'appui d'une demande d'autorisation d'urbanisme, d'une des pièces requises pour l'instruction de cette demande, n'est pas de nature à influencer l'appréciation des autorités chargées de l'examen de la demande dès lors que les indications nécessaires se déduisent des autres pièces du dossier. En outre, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. D'autre part, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme : " () la surface de plancher de la construction s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment () ". Selon l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise () f) La surface de plancher des constructions projetées () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que le formulaire cerfa de demande de permis de construire indique, la création d'une pergola, d'un vide sanitaire et d'un local technique conduisent à l'augmentation de la surface de plancher de la construction existante. Toutefois, ces informations se déduisant du document d'insertion du projet, du plan de masse et des plans de coupe, le service instructeur était en mesure d'apprécier la portée du projet.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Selon l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse du projet ne comprend pas les cotes altimétriques du terrain. Néanmoins, il n'est ni établi ni même allégué que ce terrain serait situé en zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques.

8. Contrairement à ce que les requérants soutiennent, il ressort des pièces du dossier que le plan de coupe du projet fait apparaître l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain et la modification en résultant. En outre, il n'est pas établi que les importantes modifications du profil de ce terrain réalisées depuis 2005 l'auraient été en vue de la réalisation des travaux en cause. De même, il n'incombait pas aux pétitionnaires d'informer le service instructeur d'un contentieux judiciaire ayant opposés les requérants aux époux C sur la réalisation de ces travaux. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les informations figurant dans le dossier de demande de permis de construire, relatives au profil du terrain, seraient entachées de fraude.

9. Il ressort des pièces du dossier que les documents graphiques, les photographies et la vue aérienne joints à la demande de permis ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.

10. En troisième lieu, selon l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. () Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

11. Il résulte des dispositions précitées que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano pour soutenir que le dossier de demande de permis de construire étaient incomplet.

12. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de permis présenté par les requérants serait entaché d'inexactitudes, d'erreurs ou d'omissions.

En ce qui concerne la nécessité de recourir à un architecte :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire ". Selon l'article R. 431-1 du même code : " Le projet architectural prévu à l'article L. 431-2 doit être établi par un architecte ". Selon l'article R. 431-2 de ce code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques () qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés () Les demandeurs d'un permis de construire sont tenus de recourir à un architecte pour les projets de travaux sur construction existante conduisant soit la surface de plancher, soit l'emprise au sol de l'ensemble à dépasser l'un des plafonds fixés par le présent article () ".

14. Il résulte des dispositions précitées que, dans le cas de travaux sur construction existante à usage autre qu'agricole, lesquels s'entendent de tous travaux modifiant la construction existante, sans limitation de la surface nouvelle éventuellement construite, les demandeurs du permis de construire sont tenus de recourir à un architecte dès lors que la surface de plancher de l'ensemble, seul critère pris en compte par le a) de l'article R. 431-2 susvisé pour ce type de construction, dépasse 150 m2.

15. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la création d'une pergola, d'un vide sanitaire et d'un local technique conduisent à l'augmentation de la surface de plancher de la construction existante. Celle-ci sera ainsi portée à plus de 150 m2. Il est constant que les pétitionnaires n'ont pas recouru à un architecte. Il suit de là que le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions précitées de L. 431-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être accueilli.

En ce qui concerne le respect du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano :

16. En premier lieu, selon l'article UD4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano, relatif aux eaux pluviales : " Les aménagements réalisés sur le terrain doivent garantir le traitement et l'écoulement des eaux pluviales dans le réseau collecteur. En l'absence de réseau, ou en cas de réseau insuffisant, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales () sont à la charge exclusive du propriétaire qui doit alors réaliser des dispositifs adaptés à l'opération et au terrain ".

17. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse du projet, situé en zone UD du plan local d'urbanisme de Propriano, que le stockage des eaux pluviales sera assuré par une cuve située dans le local technique projeté, avant que ces eaux ne soient évacuées vers un réseau existant. Contrairement à ce que les requérants soutiennent, la circonstance qu'un rapport d'expertise réalisé en 2016 a révélé l'inexistence d'un réseau collectif existant ne suffit pas à établir que les pétitionnaires auraient entaché leur demande de fraude. Il suit de là que le moyen tiré de l'inexacte application des prescriptions de l'article UD4.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

18. En deuxième lieu, l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano, relatif aux eaux pluviales prescrit l'implantation des constructions à au moins 4 mètres des limites séparatives, sauf exceptions.

19. En l'espèce et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse du projet, que les agrandissements en cause ne s'implanteront pas à une distance inférieure à la limite fixée par les prescriptions citées au point précédent.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article UD8 du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano : " Pour les maisons individuelles, la construction principale doit présenter un seul volume ; cependant un deuxième volume annexe est admis en dehors du bâtiment principal, à proximité immédiate, à usage exclusif et familial de garage, de débarras, de petit entrepôt ou d'atelier, d'une emprise au sol maximum de 25 mètres carré, et d'une hauteur ne dépassant pas 2,50 mètres à l'égoût de toiture () ".

21. Il ressort des pièces du dossier, notamment du projet architectural, des photographies et des documents graphiques figurant dans le dossier de demande de permis, que la pergola projetée, qui accueillera une cuisine d'été couverte, d'une emprise au sol de 30,15 m2, sera implantée à plus de trois mètres du bâtiment principal. Cette cuisine devant être regardée comme un deuxième volume annexe à cette maison, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté litigieux a fait une inexacte application des prescriptions de l'article UD8 du règlement du plan local d'urbanisme.

22. En quatrième et dernier lieu, selon l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano : " la hauteur de toute construction est mesurée du sol naturel à l'égout de la toiture, côté aval ; elle ne pourra excéder 7 mètres () ".

23. Ainsi qu'il a été dit au point 8, les informations, relatives au profil du terrain, figurant dans le dossier de demande de permis des époux C ne sont pas entachées de fraude. Il ressort du plan de coupe du projet que la hauteur de ce projet, mesurée selon les modalités fixées au point précédent, sera inférieure à 7 mètres. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'inexacte application des prescriptions de l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

24. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

25. Ces dispositions ont pour objet de permettre au juge administratif de surseoir à statuer sur une demande d'annulation d'un permis de construire lorsque le vice entraînant l'illégalité de cette décision est susceptible d'être régularisé. Il appartient au juge administratif, pour faire usage des pouvoirs qui lui sont ainsi dévolus, d'apprécier si, eu égard à la nature et à la portée du vice entraînant son illégalité, cette régularisation est possible. Ce vice est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

26. Les vices tirés du défaut de recours à un architecte et de la méconnaissance des prescriptions de l'article UD8 du règlement du plan local d'urbanisme de Propriano, relevés respectivement aux points 15 et 21 du présent jugement, peuvent être régularisés sans dénaturer le projet. Les parties ayant été invitées à présenter leurs observations, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation afin de permettre l'intervention de cette mesure de régularisation. Cette mesure devra être communiquée au tribunal dans un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E:

Article 1er : En application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il est sursis à statuer sur la requête des requérants jusqu'à l'expiration du délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la commune de Propriano et aux époux C pour notifier au tribunal une mesure de régularisation.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à M. E G, à M. B C, à Mme F C et à la commune de Propriano.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pierre Monnier, président ;

M. Jan Martin, premier conseiller ;

Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

J. MARTIN

Le président,

P. MONNIERLa greffière,

H. MANNONI

La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

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