jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS PARME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juillet 2022 et le 27 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Pupponi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 20 juin 2022 par lequel le maire d'Ajaccio a retiré le permis de construire une maison sur la parcelle cadastrée section B n° 226, située au lieudit " Alze Le Piagie ", délivré le 8 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre au maire d'Ajaccio de réexaminer sa demande de permis, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) subsidiairement, de prononcer un sursis à statuer dans l'attente de la régularisation de sa demande de permis, dans un délai fixé par la juridiction ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Ajaccio la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- par voie d'exception, le classement de sa parcelle en zone NH est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'auteur de l'arrêté litigieux n'était pas compétent pour le signer ;
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- son projet ne méconnaît pas l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme tel que précisé par le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) ;
- il est bien conforme aux prescriptions UDb, UD11 et UD14 du règlement de l'ancien plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre 2022 et le 9 décembre 2022, la commune d'Ajaccio, représentée par la SELARL Parme Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ; en tout état de cause, le maire était en situation de compétence liée pour prendre l'arrêté litigieux ;
- par voie de substitution de motifs, le projet en cause méconnaît l'article L. 121-8 tel que précisé par le PADDUC ;
- à titre subsidiaire, le projet en cause n'est pas conforme aux prescriptions de l'article UDb du règlement de l'ancien plan local d'urbanisme d'Ajaccio, méconnaît les articles UD11 et UD14 de ce dernier règlement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 14 décembre 2021, en mairie d'Ajaccio une demande de permis de construire une maison sur la parcelle cadastrée section B n° 226, située au lieudit " Alze Le Piagie ". Par un arrêté du 8 mars 2022, le maire de cette commune lui a délivré le permis sollicité avant de le retirer par un arrêté en date du 20 juin 2022. M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté de retrait.
Sur le moyen tiré de l'exception d'illégalité du classement de la parcelle de M. B en zone Nh du plan local d'urbanisme :
2. Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Les zones naturelles et forestières sont dites "zones N". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison soit de la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique, soit de l'existence d'une exploitation forestière, soit de leur caractère d'espaces naturels () ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
3. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle devant accueillir la construction projetée se situe en zone Nh du plan local d'urbanisme d'Ajaccio. Ce terrain, qui borde un vaste espace naturel s'étendant vers le nord, se situe dans le secteur de Pratti qui se compose d'un habitat diffus et ne présente pas de continuité avec l'agglomération d'Ajaccio située au sud. Dès lors, nonobstant la présence d'une construction sur cette parcelle, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs de ce plan local d'urbanisme ont classé le terrain de M. B en zone naturelle. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ce plan.
Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté litigieux :
4. D'une part, il résulte des articles N1 et N2 du règlement du plan local d'urbanisme d'Ajaccio que les occupations et utilisations du sol sont interdites, à l'exception, en zone Nh, des travaux confortatifs des constructions existantes, des installations et ouvrages d'infrastructures, de la restauration ou de l'extension de constructions existantes, ainsi que de certaines constructions annexes.
5. D'autre part, l'autorité administrative n'est tenue de retirer un permis de construire illégal que lorsqu'elle est saisie d'une demande en ce sens par un tiers et qu'elle n'est pas conduite, pour apprécier la légalité de cet acte, à porter une appréciation sur des faits.
6. Pour retirer le permis de construire délivré M. B, le maire d'Ajaccio s'est borné à constater, sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce, que le projet présenté par l'intéressé contrevenait aux dispositions réglementaires de la zone Nh du plan local d'urbanisme. Il est constant que la construction projetée n'entre dans aucun des cas limitativement énumérés à l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, l'autorité administrative était tenue de retirer ce permis. Par suite, tous les autres moyens invoqués par M. B à l'encontre de ce retrait sont inopérants.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire d'Ajaccio du 20 juin 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées. En outre, eu égard au motif de l'arrêté litigieux, il n'apparaît pas que la demande de permis de construire de l'intéressé soit régularisable. Il s'ensuit que les conclusions du requérant tendant à ce que le tribunal sursoie à statuer doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Ajaccio et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune d'Ajaccio, qui n'est pas la partie perdante, verse à M. B une quelconque somme au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune d'Ajaccio une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Ajaccio.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026