vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2201435 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 novembre et 21 décembre 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 octobre 2022 par laquelle la commission de médiation de la Corse-du-Sud a rejeté son recours gracieux tendant au retrait de la décision du 20 juillet 2022 par laquelle la même commission a refusé de le reconnaître comme prioritaire pour l'attribution d'un logement social en urgence.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Hanafi Halil, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant du champ d'application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article R. 222-16 du même code : " Pour les affaires visées à l'article R. 222-13, les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par le magistrat compétent en vertu de cet article ".
2. D'une part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. " L'article R. 772-6 du même code prévoit cependant que " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. "
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. "
4. Par une décision du 4 octobre 2022, la commission de médiation de la Corse-du-Sud a rejeté le recours gracieux formé par M. A à l'encontre d'une décision de la même commission du 20 juillet 2022. La décision du 4 octobre 2022 a été prise au motif que M. A n'apportait pas de nouveaux éléments à l'appui de son recours gracieux. A l'appui de sa requête, M. A se borne à soutenir que son salaire ne lui permet pas de payer un loyer dans le parc locatif privé et qu'il est sourd et malvoyant. Les moyens ainsi soulevés ne critiquent pas le bien-fondé du motif qui a été opposé au requérant par la décision de la commission de médiation du 4 octobre 2022. M. A a été invité, par un courrier du 6 décembre 2022 du greffier en chef du tribunal, à soumettre au tribunal une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits, en ayant recours, au besoin, au formulaire mentionné à l'article R. 772-7 du code de justice administrative que le greffe lui a communiqué. En réponse à cette demande, M. A s'est borné à reprendre, dans son mémoire enregistré le 21 décembre 2022, l'argumentation contenue dans sa requête. Il a également été invité, par un second courrier du 6 décembre 2022, à régulariser sa requête en produisant la décision initiale de la commission de médiation du 20 juillet 2022. M. A, qui a accusé réception de cette deuxième demande de régularisation le 8 décembre 2022, n'y a toutefois pas donné suite dans le délai imparti d'un mois.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la requête de M. A n'est pas accompagnée de la décision de la commission de médiation du 20 juillet 2022 et ne comporte que des moyens inopérants. Elle est, dès lors, manifestement irrecevable. Il y a ainsi lieu de la rejeter selon la procédure prévue par les dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Bastia, le 27 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
H. HALIL
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
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