vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2201449 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VINOLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 28 novembre 2022 et le 16 novembre 2023, M. et Mme D A, puis Mme B A, née C, représentés par Me Poletti, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2022 par lequel le maire de Bastia a délivré un permis de construire n° PC 02B 033 21 A0081 à la société TS promotion en vue de la construction de trois immeubles de 86 logements, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux en date du 2 août 2022.
2°) de mettre à la charge de la commune de Bastia une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 7611 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 3 avril 2023, la SAS TS promotion, représentée par Me Vinolo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 18 septembre 2023, la commune de Bastia, représentée par Me Muscatelli, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme.
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autre que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (). ".
2. D'autre part, en premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif ". Il résulte de ces dispositions, dont le but est d'alerter tant l'auteur d'une décision d'urbanisme que son bénéficiaire de l'existence d'un recours contentieux ou d'un recours administratif formés contre cette décision, dès leur introduction, que cette formalité peut être regardée comme régulièrement accomplie dès lors que la notification est faite au titulaire de l'autorisation désigné par l'acte attaqué, à l'adresse qui y est mentionnée.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
4. Lorsque le tiers qui entend contester un permis de construire utilise la faculté qui lui est ouverte de présenter un recours gracieux avant de saisir la juridiction compétente, l'exercice d'un tel recours montre que l'intéressé a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux de deux mois. Ledit recours gracieux a pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux jusqu'à ce qu'il y soit statué ou qu'intervienne une décision implicite de rejet, sous réserve du respect des formalités de notification de ce recours préalable prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
5. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont adressé une première fois le 5 août 2022 par courrier recommandé leur recours gracieux du 2 août 2022 à la " SAS TURN STREET PROMOTION " à l'adresse Zac de Campo Vallone / Lot 5 / 20260 Biguglia ". Ce courrier étant revenu avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", ils ont réexpédié leur recours gracieux le 9 août 2022 à la même société à l'adresse " Résidence Le Desk Paratoggio 20200 Bastia ". Toutefois, le titulaire de l'autorisation, ainsi du reste qu'il est indiqué dans le permis de construire attaqué, est la SAS TS PROMOTION dont l'adresse est " 3 ZAC de Campo Vallone Lot 5 / 20260 Biguglia ". Ainsi, les recours gracieux ont été adressés à la société Turn Street promotion et non à la société TS Promotion alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la SCI Turn Street, dont l'adresse du siège est " Quartier Paratojo Résidence le Desk " à Bastia, et la SAS TS promotion, dont le siège est à l'adresse susmentionnée de Biguglia, entretiennent des liens tels que la seconde notification du 9 août 2022 puisse être regardée comme ayant été adressée à la société pétitionnaire. Dans ces conditions, l'exercice de ces recours gracieux n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours à l'encontre de l'arrêté attaqué. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, dès lors qu'il est établi que les requérants ont eu connaissance du permis de construire litigieux au plus tard le 2 août 2022, le délai de recours contentieux de deux mois a commencé à courir à leur égard à compter de cette date. La requête de M. et Mme A, qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 28 novembre 2022, a été présentée tardivement et n'est, par suite, pas recevable.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions des requérants à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accueillir, à hauteur de 1 000 euros chacune, les conclusions de la commune de Bastia et de la société TS Promotion tendant au bénéfice des mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Bastia la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme A verseront à la société TS Promotion la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A, à la commune de Bastia et à la société TS promotion.
Fait à Bastia, le 14 juin 2024.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
P. MONNIER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
N°2201449
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026