jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2201571 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2022, Mme B, représentée par Me Lelièvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-18 du 16 juin 2022 par lequel le préfet de la Haute-Corse a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office après l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- elle n'entre pas dans le champ d'application de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel est fondé le refus de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de son dossier ;
- la réalité des violences conjugales est établie ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il indique qu'elle a divorcé à l'insu de son époux ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle ne vise pas la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas examiné sa situation au regard de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 3-1 de cette convention dès lors qu'elle a pour effet de séparer l'enfant de sa mère ou de son père ;
- la décision fixant le pays de destination a été prise sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Lelièvre, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Marocaine née le 18 août 1990, Mme A est entrée en France le 31 mai 2019 dans le cadre de la procédure de regroupement familial introduite par son conjoint, compatriote titulaire d'une carte de résident, qu'elle a épousé le 3 janvier 2018 au Maroc. Elle a donné naissance à un enfant le 28 avril 2020. Par un jugement du 22 janvier 2021 réputé contradictoire, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Bastia a prononcé le divorce à la demande de l'époux. Mme A a saisi le préfet de la Haute-Corse, le 15 décembre 2021, d'une demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui a fait l'objet d'un arrêté du 16 juin 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger a subi des violences familiales ou conjugales et que la communauté de vie a été rompue, l'autorité administrative ne peut procéder au retrait du titre de séjour de l'étranger admis au séjour au titre du regroupement familial et en accorde le renouvellement. En cas de violence commise après l'arrivée en France du conjoint mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. "
3. Il ressort des pièces du dossier et tout particulièrement du certificat médical initial rédigé le 4 septembre 2019 par un référent praticien urgentiste de l'unité hospitalière départementale de lutte contre la violence faite aux femmes, ainsi que de l'attestation établie le 16 février 2022 par une éducatrice spécialisée du centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Bastia, que Mme A a été victime, de la part de son époux, de violences psychologiques qui ont été à l'origine d'un stress important se manifestant notamment par un effondrement psychique. Ces violences conjugales ont été commises après l'arrivée en France de Mme A et antérieurement à la première délivrance d'une carte de séjour temporaire. Il suit de là qu'en refusant de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, le préfet de la Haute-Corse a méconnu les dispositions de l'article L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent que le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être accueilli. Il suit de là que le moyen, soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office, tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit également être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 2022-18 du 16 juin 2022 du préfet de la Haute-Corse.
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an soit délivrée à la requérante sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de délivrer ce titre de séjour à Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2022-18 du 16 juin 2022 du préfet de la Haute-Corse est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Corse de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- Mme Castany, première conseillère,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
T. CL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
C. CASTANY
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026