LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2300019

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2300019

vendredi 6 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2300019
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationRéconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, M. A C, représenté par Me Ribaut-Pasqualini, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 2 janvier 2023 par lequel le préfet de la Haute-Corse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 5 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un document provisoire de séjour portant autorisation de travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, en ne mentionnant pas son insertion dans la société française, la présence d'une de ses sœurs en France et qu'il est en couple ;

- cet arrêté en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français a porté une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- la mesure d'assignation à résidence est rédigée de façon contradictoire, s'agissant de la périodicité du pointage.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Jan Martin, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 6 janvier 2023 à 14 heures en présence de Mme Mannoni, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entend les observations de Me Ribaut-Pasqualini qui soutient que M. C exerce une activité salariée depuis 4 mois.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'arrêté du 2 janvier 2023, le préfet de la Haute-Corse a obligé M. C, ressortissant tunisien âgé de 36 ans, à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

3. L'arrêté attaqué comporte des mentions relatives à l'état civil de M. C, rappelle ses conditions d'entrée et de séjour en France, fait état de sa situation personnelle et familiale dont les éléments ont été recueillis lors de son audition par les services de police, notamment des circonstances que s'il déclare être entré en France en septembre 2021, il n'est pas en mesure de le justifier et qu'il n'établit pas posséder le centre de ses intérêts privés et familiaux en France dans la mesure où l'ensemble de sa famille vit en Tunisie. Si le requérant soutient que l'arrêté ne mentionne pas son insertion dans la société française, la présence d'une de ses sœurs en France et qu'il est en couple, il ne précise en tout état de cause pas quels éléments propres à en justifier auraient été communiqués à l'administration. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Corse n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. C ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

5. M. C ne conteste pas n'être entré en France qu'en septembre 2021, à l'âge de 34 ans. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé justifierait d'attaches familiales en France et d'une vie en couple sur ce territoire, l'intéressé se bornant à produire une attestation de Mme D déclarant être sa compagne et avoir l'intention de se marier avec lui. En outre, il ne produit aucun justificatif susceptible d'établir qu'il exercerait une activité salariée en France. Dès lors, le préfet de la Haute-Corse n'a pas, en fixant la durée de la mesure d'interdiction de retour à un an, porté une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

6. L'arrêté litigieux, dont M. C demande d'annulation, n'a pas pour objet de l'assigner à résidence. Dès lors, le requérant ne saurait utilement soutenir que l'arrêté d'assignation à résidence pris à son encontre comporterait des contradictions sur la périodicité de son pointage auprès des services de gendarmerie nationale.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Corse du 2 janvier 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Haute-Corse.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

J. B

La greffière,

Signé

H. MANNONI

La République mande et ordonne préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions