mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300086 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RIBIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 janvier 2023 et le 30 avril 2024, la SCI Terma, représentée par Me Ribière, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision en date du 13 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud a constaté la péremption du permis de construire qui lui avait été délivré le 13 novembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'incompétence ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, en ce qu'elle méconnaît la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'à la date de son édiction, le permis de construire n'était pas périmé, au sens de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme ; le procès-verbal de constat du 7 juillet 2022, sur lequel est fondée la décision litigieuse, doit être écarté des débats dès lors qu'il est irrégulier ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er mars 2024 et le 21 juin 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que la décision attaquée ne fait pas grief ;
- les moyens soulevés par la SCI Terma ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Ribière, représentant la SCI Terma.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 novembre 2015, le maire de Bonifacio a délivré à la SCI Terma un permis de construire une maison sur les parcelles cadastrées sur la section Q n°s 480 et 481, sises sur l'île de Cavallo. Le 7 juillet 2022, un agent assermenté de l'Etat a dressé un procès-verbal constatant l'interruption des travaux correspondants durant plus d'un an. Par une décision du 13 juillet 2022, le préfet de la Corse-du-Sud a constaté la péremption de ce permis. Par la présente requête, la SCI Terma demande au tribunal de prononcer l'annulation de cette dernière décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ".
3. La décision litigieuse se fonde sur les dispositions précitées de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme et constate que le permis délivré à la société requérante le 13 novembre 2015 est périmé. Ainsi, elle ne constitue pas une simple lettre d'information à la société pétitionnaire au titre de la procédure pénale prévue à l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, mais présente le caractère d'une décision faisant grief. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir, opposée par le préfet de la Corse-du-Sud, tiré du défaut d'intérêt de cette société lui donnant qualité pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Selon le principe du parallélisme des compétence, en l'absence de dispositions expresse, l'autorité qui a délivré une autorisation d'urbanisme est seule compétente pour se prononcer sur son éventuelle péremption. La décision litigieuse constatant la péremption du permis de construire accordé le 13 novembre 2015 à la SCI Terma a été prise par le préfet de la Corse-du-Sud, tandis qu'il est constant que ce permis a été délivré par le maire de Bonifacio, au nom de la commune. Il s'ensuit que la décision litigieuse est entachée d'incompétence.
5. Il résulte de ce qui précède que la SCI Terma est fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de la Corse-du-Sud du 13 juillet 2022.
6. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la SCI Terma ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par la SCI Terma et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du préfet de la Corse-du-Sud du 13 juillet 2022 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Terma et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Baux, présidente ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
A. BAUX
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026