mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Gatti, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 8 août 2022 par lequel le maire de Villanova a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la surélévation d'une construction existante sur les parcelles cadastrées section A n°s 941 et 973, situées au lieudit " I Costi di Villanova ", ensemble la décision du maire du 29 novembre 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) subsidiairement, de sursoir à statuer dans l'attente du rapport d'expertise demandé au juge judiciaire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villanova la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- ces décisions méconnaissent l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- ces décisions sont entachées d'erreur de fait, son réseau d'assainissement autonome n'étant pas à l'origine d'une pollution ;
- ces décisions sont entachées de détournement de pouvoir dès lors que le refus de permis est motivé davantage par un risque de pollution du milieu naturel que par la méconnaissance d'une règle d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la commune de Villanova, représentée par la SCP Morelli Maurel et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'accomplissement des formalités de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 août 2022, le maire de Villanova a refusé de délivrer à Mme B un permis de construire en vue de la surélévation d'une construction existante sur les parcelles cadastrées section A n°s 941 et 973, situées au lieudit " I Costi di Villanova ". Par une lettre notifiée à cette commune le 4 octobre 2022, l'intéressée a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté que le maire a rejeté par une décision du 29 novembre 2022. Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 août 2022 et la décision du 29 novembre 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Les formalités de notification prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne s'appliquent pas aux recours dirigés contre un refus de permis de construire. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée ". L'article A. 424-4 de ce code prévoit que : " () l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".
4. En l'espèce, l'arrêté litigieux se borne à viser le code de l'urbanisme et le plan local d'urbanisme, sans aucune précision relative aux dispositions applicables. Ainsi, il ne comporte pas les considérations de droit permettant à la pétitionnaire de comprendre le fondement juridique du refus de permis de construire opposé par le maire de Villanova. Il en va de même de la décision du 29 novembre 2022 de rejet du recours gracieux de Mme B. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de forme doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de sursoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Villanova du 8 août 2022 et de sa décision du 29 novembre 2022 de rejet de son recours gracieux.
6. Enfin, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens invoqués par la requérante ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation prononcée.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villanova une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la requérante, qui n'est pas la partie perdante, verse à cette commune une quelconque somme au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 août 2022 et la décision du 29 novembre 2022 sont annulés.
Article 2 : La commune de Villanova versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Villanova.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. SAPET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026