vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300181 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | LELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 février 2023, le 20 février 2023 et le 3 mars 2023, M. C, représenté par Me Lelièvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 23 2B 067 du 14 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de retirer son inscription du système d'information Schengen et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors qu'il a des attaches personnelles et professionnelles en Corse ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence ;
- cette décision est erronée en fait dès lors qu'il a présenté une demande de titre de séjour le 15 décembre 2021 et qu'il ne s'est ainsi pas maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son droit au séjour ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire ;
- son intégrité physique est menacée en cas de retour dans son pays d'origine ;
- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Corse qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport, les observations de Me Lelièvre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain, né le 1er juin 1982, M. A est entré en France le 27 septembre 2018 sous couvert d'un visa de type D. Il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle en qualité de travailleur saisonnier valable du 30 novembre 2018 au 29 novembre 2021. Il a fait l'objet, le 14 février 2023, d'un arrêté du préfet de la Haute-Corse lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
3. M. A est marié et père de plusieurs enfants qui vivent au Maroc. L'intéressé ne démontre pas avoir d'attaches familiales en France, ni y avoir noué des relations d'une particulière intensité. Le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit, par suite, être écarté.
4. L'arrêté attaqué a été signé par Mme B, adjointe au chef du bureau des libertés publiques de la préfecture de la Haute-Corse, en vertu de la délégation que le préfet lui a consentie à l'article 4 de son arrêté n° 2B-2022-12-28-00005 du 28 décembre 2022 qui a été régulièrement publié au n° 2B-2022-12-013 du 29 décembre 2022 du recueil des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Corse. Le moyen tiré de ce que la décision refusant d'accorder à M. A un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 14 février 2023 manque ainsi en fait et doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré (), s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. " Aux termes de l'article L. 612-2 : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour () sans en avoir demandé le renouvellement () ".
6. La validité de la carte de séjour pluriannuelle dont M. A était titulaire a expiré le 29 novembre 2021. Si le requérant a présenté une demande de titre de séjour le 15 décembre 2021, celle-ci a fait l'objet d'un refus d'enregistrement en raison de son caractère incomplet, dont la légalité n'a pas été contestée. Il suit de là que M. A s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour et sans en avoir sollicité le renouvellement par le dépôt d'une demande complète, susceptible d'être enregistrée par l'administration. L'arrêté attaqué, qui indique que M. A n'a présenté aucune autre demande de titre de séjour et qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, n'est dès lors pas entaché d'une erreur de fait susceptible d'affecter la légalité de l'arrêté attaqué.
7. M. A, né le 1er juin 1982, est marié et a des enfants à charge. Entré en France le 27 septembre 2018, la durée de sa présence sur le territoire national est limitée. Si l'intéressé justifie avoir exercé une activité professionnelle, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Corse a entaché son appréciation d'une erreur manifeste.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale pour avoir été prise sur le fondement d'une décision lui refusant un délai de départ volontaire entachée d'illégalité.
9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
10. En se bornant à soutenir que son intégrité physique est menacée en cas de retour dans son pays d'origine au motif que ses parents considèrent son départ vers la France comme un déshonneur, M. A n'établit pas que la décision fixant le pays de destination a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an serait illégale pour avoir été prise sur le fondement d'une décision lui refusant un délai de départ volontaire entachée d'illégalité.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Sa requête doit dès lors être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUSLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026