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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2300243

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2300243

vendredi 28 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2300243
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDAAGI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Daagi, demande au tribunal ;

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Corse a refusé de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de lui délivrer, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, un certificat de résidence temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme ;

- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 11 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 septembre 2024.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Déclaration universelle des droits de l'homme ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de cette audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 8 mai 1957, de nationalité algérienne, déclare être entrée en France, le 12 mars 2020, munie d'un visa de type C valide du 5 mars 2020 au 31 août 2020. L'intéressée a déposé auprès des services de la préfecture la Haute-Corse, un dossier de demande de titre de séjour, sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 20 février 2023, notifié le 1er mars 2023, dont Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Haute-Corse a rejeté sa demande.

2. Mme B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 31 mars 2023, ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. L'arrêté attaqué a été signé par M. Yves Dareau, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Corse, en vertu d'un arrêté du préfet de la Haute-Corse en date du 24 août 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté qui manque en fait, doit être écarté.

4. L'arrêté du 20 février 2023 vise les textes utiles sur lesquels il se fonde, notamment l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, l'arrêté en litige mentionne les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de l'intéressée qui ont fondé l'appréciation de l'autorité administrative. Par suite, la décision attaquée comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui ont permis à la requérante d'en discuter utilement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

5. Mme B qui soutient que sa vie privée et familiale est désormais installée sur le territoire français, fait état de la présence régulière en France de trois de ses enfants majeurs dont une de ses filles, de nationalité française et de la circonstance qu'elle accompagne celle-ci ainsi que son gendre, dans les actes de la vie courante. Toutefois, alors que l'intéressée n'est arrivée sur le territoire national qu'en 2020, à l'âge de 63 ans et qu'elle y demeure célibataire et sans charges de famille, qu'en outre, elle ne justifie par aucune pièce versée au dossier de son insertion dans la société française et ne démontre pas davantage que sa présence auprès de sa fille, âgée de quarante-deux ans à la date de la décision attaquée, et de son gendre, serait indispensable, qu'enfin, elle n'apparaît pas dépourvue de toute attache dans son pays d'origine dans lequel elle a vécu la majorité de son existence, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, c'est sans porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale que le préfet de la Haute-Corse a rejeté sa demande titre de séjour. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Enfin, en l'absence d'argumentation particulière, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 13 de la déclaration universelle des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Haute-Corse quant à l'appréciation des conséquences de l'arrêté du 20 février 2023 sur la vie privée et familiale de Mme B pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Haute-Corse.

Délibéré après l'audience du14 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

Mme Zerdoud, conseillère,

M. Samson, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.

La présidente-rapporteure,

Signé

A. Baux

L'L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre tableau

Signé

I. Zerdoud La greffière,

Signé

H. Nicaise

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Signé

A. SAPET

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