vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | IVALDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, M. D B, représenté par Me Ivaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 14 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer son permis de conduire des quatre points acquis au titre du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision référencée " 48 SI " du 14 février 2023 a été distribuée le 6 mars 2023 non à son domicile mais à celui de sa mère, qui réside dans le même hameau, de sorte que cette décision ne pouvant être regardée comme lui ayant été régulièrement notifiée, le stage de sensibilisation qu'il a effectué les 24 et 25 mars 2023 aurait dû être pris en compte par l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique les observations de Me Ivaldi, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'infractions au code de la route commises par M. B, une décision référencée " 48 SI " du 14 février 2023 du ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an () ". L'article R. 223-8 du même code dispose que : " I. Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet ne peut faire droit à une demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a régulièrement reçu, avant le dernier jour du stage, notification d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points. En revanche, l'autorité administrative ne peut refuser de procéder à une telle reconstitution de points lorsque le conducteur n'a pas reçu notification de la décision du ministre avant d'avoir effectué son stage.
3. D'autre part, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé. En outre, les dispositions de la réglementation postale ne peuvent empêcher l'expéditeur d'un pli recommandé de considérer qu'il est régulièrement parvenu à son destinataire et ce quel que soit le signataire de l'avis de réception, dès lors que ce dernier lui a été renvoyé. Enfin, lorsque le destinataire d'une décision administrative soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification de cette décision à son adresse n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli en cause.
4. Il résulte de l'instruction que la décision référencée " 48 SI " du 14 février 2023 a été adressée à M. B en recommandé avec accusé de réception et a été remise contre signature le 6 mars 2023. L'intéressé soutient que la signature apposée sur l'accusé de réception est celle de sa mère, qui habite à la même adresse, dans une habitation différente de la sienne se situant sur la même parcelle. Il produit une attestation non datée émanant de Mme C, factrice à Luri, qui indique que l'accusé de réception a été signé par Mme B et non par M. D B qui était absent, sans précision sur la date de ce courrier. Il produit également une sommation interpellative du 11 avril 2023 au terme de laquelle Mme C confirme avoir remis le 6 avril 2023 à Mme B le courrier destiné à son fils qui était absent. Toutefois, le requérant n'établit pas, ni n'allègue, que sa mère n'avait pas qualité pour recevoir le courrier en cause. Dans ces conditions, la décision attaquée doit être regardée comme régulièrement notifiée à la date de distribution du 6 mars 2023. M. B n'est donc pas fondé à soutenir qu'il aurait dû bénéficier d'une récupération de quatre points à l'issue du stage suivi les 24 et 25 mars 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que l'administration n'a pas pris en compte le stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi par M. B doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 14 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne sauraient être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. A
La greffière,
Signé
H. MANNONI La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
H. MANNONI 23
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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