vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300803 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2023, le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt, le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment C, le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment B, M. E B, Mme H F, M. C A et Mme G D, représentés par Me Tomasi, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 avril 2022 par lequel le maire de la commune d'Ajaccio a délivré à la SAS Lycos un permis de construire un bâtiment collectif de 25 logements dont 7 logements sociaux sur un terrain cadastré section BR n° 282, situé chemin de Biancarello ;
2°) de mettre à la charge in solidum de la commune d'Ajaccio et de la SAS Lycos une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les dispositions de l'article UC 6 sont méconnues dès lors que la distance entre la limite de l'emplacement réservé n° 56 et la façade nord de la construction est inférieure à 5 m ;
- le permis méconnaît les dispositions de l'article UC 7 du règlement dès lors que la distance minimale de 4 m par rapport aux limites séparatives du terrain d'assiette n'est pas respectée en tout point de la construction ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 7 dès lors que la distance minimale d'implantation par rapport à la limite parcellaire au droit de la façade nord n'est pas respectée eu égard à sa hauteur ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 9 dès lors que l'emprise au sol du projet excède le maximum autorisé ;
- les dispositions de l'article UC 13 relatives à la création d'un espace vert dédié à la détente entre voisins ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, la commune d'Ajaccio, représentée par la SELARL Parme Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt et autres ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la SAS Lycos qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2200739 tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2022 du maire d'Ajaccio ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique les observations de Me Tomasi, représentant le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt et autres.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Ajaccio :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. "
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Il en va de même lorsque le requérant est un syndicat de copropriétaires.
4. M. A et Mme D, qui sont domiciliés dans les appartements dont ils sont propriétaires dans la résidence Rembrandt, justifient avoir depuis chez eux des vues directes sur le terrain d'assiette de la construction autorisée, dont ils sont voisins immédiats, par la production de photographies dont la commune ne conteste pas sérieusement, par des allégations générales, qu'elles ont été prises depuis leurs logements. M. A et Mme D font en outre état des troubles qu'ils subiront durant les travaux, ainsi que de la perte de luminosité de leurs appartements une fois la construction achevée. Ces requérants justifient ainsi de leur intérêt à demander la suspension de l'exécution du permis de construire délivré par le maire d'Ajaccio à la SAS Lycos.
5. Le syndicat des copropriétaires de la résidence Rembrandt a aussi la qualité de voisin immédiat du projet autorisé. Il justifie également, pour les motifs exposés au point précédent, de son intérêt à agir.
6. Les bâtiments B et C de la résidence La Gravona ne sont pas implantés dans le voisinage immédiat de la construction projetée. En se bornant à faire valoir que la société pétitionnaire revendiquerait la jouissance des emplacements de stationnement existants sur la parcelle cadastrée section BR n° 282, les syndicats des copropriétaires concernés ne font pas état d'éléments de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs propres biens. Par ailleurs, la circonstance que la construction autorisée soit visible depuis ces deux bâtiments ne suffit pas non plus à caractériser l'existence d'une atteinte susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des biens des syndicats de copropriétaires. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction, en l'état des éléments produits devant le juge des référés, que les travaux de construction puissent être à l'origine de troubles susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de ces deux immeubles en copropriété. Il suit de là que la demande de suspension n'est pas recevable en tant qu'elle est présentée par le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment C, par le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment B, par M. B et par Mme F.
Sur la demande de suspension :
7. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que le permis de construire méconnaît les dispositions des articles UC 6, UC 7 en ses deux branches, et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ajaccio sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
9. Le syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt et autres demandent la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 avril 2022 par lequel le maire d'Ajaccio a délivré un permis de construire à la SAS Lycos. Il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent que la condition d'urgence est en principe satisfaite. La commune d'Ajaccio, autorité qui a délivré le permis, ne fait état d'aucune circonstance particulière pour contester l'urgence ou pour justifier d'une urgence à ne pas suspendre l'exécution de la décision attaquée. Ainsi, la condition d'urgence est remplie.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 avril 2022 par lequel le maire d'Ajaccio a délivré un permis de construire à la SAS Lycos.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Ajaccio et de la SAS Lycos une somme globale de 1 000 euros chacune au titre des frais exposés par le syndicat des copropriétaires de la résidence Rembrandt, M. A et Mme D, et non compris dans les dépens.
12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment C, le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment B, M. B et Mme F doivent dès lors être rejetées.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence Rembrandt, de M. A et de Mme D, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune d'Ajaccio demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune d'Ajaccio au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en tant qu'elles sont dirigées contre le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment C, le syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment B, M. B et Mme F.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 14 avril 2022 du maire d'Ajaccio délivrant un permis de construire à la SAS Lycos est suspendue.
Article 2 : La commune d'Ajaccio et la SAS Lycos verseront chacune une somme globale de 1 000 euros au syndicat des copropriétaires de la résidence Rembrandt, à M. A et à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune d'Ajaccio présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de la résidence Le Rembrandt, au syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment C, au syndicat des copropriétaires de la résidence La Gravona bâtiment B, à M. E B, à Mme H F, à M. C A Mme G D, à la commune d'Ajaccio et à la SAS Lycos.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio.
Fait à Bastia, le 21 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026