LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2300899

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2300899

jeudi 21 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2300899
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat statuant seul
Avocat requérantVESPERINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Vesperini, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 29 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié la perte d'un point de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 30 octobre 2022, lui a rappelé les retraits de points précédents, l'a informé de la perte de validité de son permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer ;

2°) d'annuler les décisions antérieures de retrait de points, consécutives aux infractions commises les 1er février 2019, 5 février 2019, 14 février 2019, 27 février 2019, 28 février 2019, 25 mars 2019, 28 mars 2019, 9 janvier 2020, 13 juillet 2022 et 29 octobre 2022 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer l'intégralité de ses points ainsi que son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'a pas reçu, à l'occasion des infractions relevées, les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions consécutives aux infractions commises les 28 mars 2019 et 9 janvier 2020 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision référencée " 48 SI " du 29 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié la perte d'un point de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 30 octobre 2022, lui a rappelé les retraits de points précédents, l'a informé de la perte de validité de son permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer, d'autre part, les décisions antérieures de retrait de points consécutives aux infractions commises les 1er février 2019, 5 février 2019, 14 février 2019, 27 février 2019, 28 février 2019, 25 mars 2019, 28 mars 2019, 9 janvier 2020, 13 juillet 2022 et 29 octobre 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises le 28 mars 2019 et le 9 janvier 2020 :

2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. () Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points ".

3. Il résulte du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B que les points retirés à la suite des infractions commises les 28 mars 2019 et 9 janvier 2020 ont été restitués au requérant respectivement le 10 décembre 2019 et le 15 mars 2021. Ces restitutions, dès lors qu'elles sont intervenues à une date antérieure à la date d'introduction de la requête, rendent sans objet et, par suite, irrecevables, les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait d'un point consécutives à ces infractions. Il y a lieu, par suite, d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, qui constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. La délivrance de cette information conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.

S'agissant des infractions commises les 1er février 2019, 5 février 2019, 14 février 2019, 27 février 2019, 28 février 2019, 25 mars 2019, 29 octobre 2022 et 30 octobre 2022 :

5. Il résulte de l'instruction que les infractions en cause ont été constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée devenue définitive. Toutefois, la seule circonstance qu'ait été émis un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée à raison des infractions ainsi reprochées ne suffit pas à faire présumer que M. B a eu connaissance de l'avis de contravention comportant les informations requises des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en l'absence notamment de la preuve de réception par l'intéressé de l'avis d'amende forfaitaire majorée, d'une attestation de paiement ou d'un bordereau de situation émanant du comptable public susceptibles d'établir que l'intéressé se serait acquitté de cette amende. Le ministre n'établit pas que le requérant aurait reçu une information l'occasion d'infractions de même nature commises antérieurement. Dans ces conditions, l'administration ne peut être regardée comme ayant satisfait à son obligation d'information du contrevenant. Par suite, M. B est fondé à soutenir que les décisions du ministre de l'intérieur consécutives aux infractions en cause, pour lesquelles neuf points au total ont été retirés du capital de points de son permis de conduire, ont été prises au terme d'une procédure irrégulière et à en demander l'annulation.

S'agissant de l'infraction commise le 13 juillet 2022 :

6. Il résulte de l'instruction que l'infraction du 13 juillet 2022 pour conduite sans port de la ceinture de sécurité, qui a donné lieu au retrait de trois points, a été constatée au moyen d'un procès-verbal électronique dressé par un agent verbalisateur et a fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il résulte de l'examen de ce procès-verbal, communiqué en défense, que celui-ci ne comporte pas les informations exigées par la loi et qu'il n'est pas par ailleurs signé par le requérant ni ne contient la mention d'un refus de signer. Toutefois, le ministre de l'intérieur verse également un " historique des documents transmis " qui indique qu'un avis de contravention a été émis le 19 juillet 2022 et que le pli n'est pas revenu avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ". Le ministre produit également l'avis de contravention en cause, lequel comporte l'ensemble des informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et notamment celle du nombre de points devant être retirés suite à cette infraction. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de retrait de points correspondant à cette infraction est intervenue au terme d'une procédure irrégulière et à en demander l'annulation.

S'agissant de la décision référencée " 48 SI " du 29 mai 2023 :

7. Il résulte de ce qui précède que la décision " 48 SI " du 29 mai 2023 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B fait état de décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. Or, aux termes des dispositions du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. En l'espèce, du fait de l'annulation de ces décisions, le solde de points du permis de M. B était positif à la date de la décision " 48 SI ". Ainsi cette décision, en tant qu'elle invalide le permis litigieux, doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Si l'annulation contentieuse d'invalidation du permis de conduire, à la suite de l'annulation d'une ou plusieurs décisions de retrait de points prises antérieurement, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des douze points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire.

9. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à M. B le bénéfice des neuf points irrégulièrement retirés, tel que cela résulte du point 5, et de réexaminer la situation du requérant dans le sens des observations qui précèdent, en en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 1er février 2019, 5 février 2019, 14 février 2019, 27 février 2019, 28 février 2019, 25 mars 2019, 29 octobre 2022 et 30 octobre 2022 sont annulées.

Article 2 : La décision référencée " 48 SI " du 29 mai 2023 du ministre de l'intérieur invalidant le permis de conduire de M. B est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les points illégalement retirés par les décisions annulées à l'article 1er et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 novembre 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

A. BauxLa greffière,

Signé

H. Nicaise

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

Signé

H. Nicaise

4

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions