LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2300951

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2300951

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2300951
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSOLINSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2300951 le 5 août 2023 et le 22 mars 2024, M. A B, représenté par Me Solinski, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a rejeté sa demande d'admission au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " conjoint de français " sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour n'est pas motivé ;

- le préfet ne pouvait refuser d'enregistrer sa demande qui était complète ;

- il justifie d'une vie commune de plus de trois ans avec la ressortissante française qu'il a épousée en 2020 et réside depuis de nombreuses années en France où il a déjà bénéficié d'un titre de séjour en 2016.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur la requête.

Il soutient que M. B a fait l'objet d'un arrêté du 28 février 2024 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la demande présentée tendant à l'annulation d'un refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour est, à supposer qu'elle ait été maintenue par le requérant, irrecevable dès lors que le préfet n'a pas refusé d'enregistrer ni d'instruire cette demande de titre.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 octobre 2023.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2400309 le 20 mars 2024 et le 15 avril 2024, M. A B, représenté par Me Solinski, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2024 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est illégal dès lors que le préfet ne lui a pas délivré de récépissé de demande de titre de séjour ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la communauté de vie entre les époux est établie, qu'il justifie d'une vie commune de plus de trois ans avec la ressortissante française qu'il a épousée en 2020 et qu'il réside depuis de nombreuses années en France où il a déjà bénéficié d'un titre de séjour en 2016 ;

- l'arrêté porte une atteinte manifeste aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mai 2024.

Un mémoire présenté par M. B a été enregistré le 15 mai 2024.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 avril 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Vanhullebus a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2300951 et n° 2400309 de M. B concernent la situation d'un même étranger et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Algérien né le 18 avril 1978, M. B, alias B, a bénéficié, à compter du 28 août 2013, d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " en qualité d'étranger malade, délivré sur le fondement des stipulations du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, renouvelé jusqu'en 2017. Sa demande tendant au renouvellement de ce titre de séjour a été rejetée par un arrêté du 4 avril 2019 qui lui a en outre fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation de cet arrêté, par un jugement n° 1900576 du 4 juillet 2019. L'appel formé à l'encontre de ce jugement a été rejeté par un arrêt n° 19MA03707 du 26 décembre 2019. M. B a épousé sur le territoire national, le 24 octobre 2020, une ressortissante française. Il a sollicité, le 21 mars 2023, son admission au séjour sur le fondement des stipulations du 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le préfet de la Corse-du-Sud a, par un arrêté du 28 février 2024, rejeté la demande d'admission au séjour, fait obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2300951, M. B, qui demandait initialement au tribunal d'annuler un refus d'enregistrement et d'instruction de sa demande de titre de séjour, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à l'annulation de la seule décision refusant de l'admettre au séjour. Le requérant demande au tribunal, dans l'instance n° 2400309 d'annuler l'arrêté du 28 février 2024 du préfet de la Corse-du-Sud.

3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () " Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B se soit vu délivrer le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette circonstance est toutefois sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Le moyen ainsi invoqué, qui est inopérant, ne peut dès lors qu'être écarté.

4. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française, et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (). "

5. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser de délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations précitées, le préfet a relevé, d'une part, que l'intéressé ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français et, d'autre part, que la réalité de la vie commune entre M. B est son épouse n'est pas établie. A supposer même que M. B puisse justifier d'une communauté de vie effective des conjoints, le requérant ne conteste pas l'autre motif du refus d'admission au séjour, tenant à l'irrégularité de son entrée en France. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce motif qui est, à lui seul, de nature à justifier légalement la décision attaquée. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur qu'aurait commise le préfet en se fondant notamment sur une absence de vie commune effective, ne peut qu'être écarté.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

7. Si M. B se prévaut de son mariage avec une ressortissante française depuis trois ans à la date de l'arrêté attaqué, il ne ressort pas des pièces du dossier, tout particulièrement du procès-verbal dressé par les services de police à l'issue de la visite domiciliaire effectuée le 19 janvier 2024, que les époux, s'ils cohabitent, ont une vie commune effective, en dépit des quelques attestations rédigées en termes généraux produites par le requérant. Celui-ci ne justifie en outre d'aucune intégration sociale ou professionnelle particulière en France. Eu égard à l'ensemble de ces éléments et alors que la mesure d'éloignement prononcée le 4 avril 2019 n'a pas été exécutée, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant son admission au séjour.

8. Le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué porte une atteinte manifeste aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est manifestement pas assorti des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 février 2024 du préfet de la Corse-du-Sud. Sa requête ne peut dès lors qu'être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, où siégeaient :

- M. Vanhullebus, président,

- M. Martin, premier conseiller,

- Mme Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

T. VANHULLEBUSL'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

Signé

J. MARTIN

La greffière,

Signé

R. ALFONSI

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. ALFONSI

2, 2400309

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions