mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2301638 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FRANCESCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 décembre 2023, M. D E, représenté par la SELARL PAP Avocats, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Corbara a délivré à M. A C, Mme B C et M. G F, un permis de construire trois villas et piscines sur un terrain cadastré section B n° 398, 399, 400, 410 et 411, situé lieudit Contre et Pioggiolo, ainsi que de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux ;
2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Corbara au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence, qui est présumée, est remplie ;
- le permis méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, précisées par le plan d'aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC) ;
- le classement du terrain d'assiette du projet en zone UEh du plan local d'urbanisme, et non en zone A, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 121-8 ;
- les dispositions du document d'urbanisme antérieur sont entachées de la même erreur manifeste d'appréciation ;
- eu égard aux caractéristiques de la voie d'accès au terrain, le permis méconnaît les dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il est, pour le même motif, entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2024, la commune de Corbara, représentée par Me F, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement d'une somme de 1 500 euros soit mis à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les autres moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, M. A C, Mme B C et M. G F, représentés par Me Orlandini, concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la carte des espaces stratégiques agricoles du PADDUC est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle y inclut le terrain d'assiette du projet.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2300359 tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2022 du maire de Corbara.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique les observations de Me Peres, représentant M. E, et de Me Orlandini, représentant M. C et autres.
Considérant ce qui suit :
1. M. E demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le maire de Corbara a délivré à M. C et autres un permis de construire trois villas et piscines sur un terrain cadastré section B n° 398, 399, 400, 410 et 411, situé lieudit Contre et Pioggiolo, ainsi que de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
4. Il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent que la condition d'urgence est présumée satisfaite. Les circonstances que le requérant n'ait demandé que le 29 décembre 2023 la suspension de l'exécution du permis de construire du 2 novembre 2022, que les travaux autorisés par le permis de construire attaqué n'ont pas débuté et qu'ils ne commenceront pas avant la signature du protocole d'accord susceptible d'être conclu entre les parties à l'issue de la médiation en cours, ne sont pas de nature à renverser la présomption d'urgence. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'il y aurait une urgence à ne pas suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 novembre 2022 du maire de Corbara délivrant un permis de construire à M. C et autres. Il suit de là que la condition d'urgence est satisfaite.
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, précisées par le PADDUC, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution du permis de construire que le maire de Corbara a délivré le 2 novembre 2022 à M. C et autres, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à son encontre.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. E, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Corbara demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Corbara une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution du permis de construire délivré le 2 novembre 2022 par le maire de Corbara à M. C, Mme C et M. F, est suspendue.
Article 2 : La commune de Corbara versera à M. E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Corbara présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, à la commune de Corbara, à M. A C, Mme B C et M. G F.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bastia.
Fait à Bastia, le 9 janvier 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026