jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SOLINSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Solinski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 23 2A 200 31 du 21 décembre 2023 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, l'a assignée à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la date de l'arrêté n'est pas indiquée " au niveau de la signature " de son auteur ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- le refus d'admission au séjour est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;
- le préfet n'a pas tenu compte de l'autorisation de travail pour apprécier sa situation ;
- le refus d'admission exceptionnelle au séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- ce refus porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Vanhullebus a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Albanaise née le 13 juin 1998, Mme B est entrée en France le 3 août 2021. Elle a sollicité, le 30 septembre 2023, son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par un arrêté du 21 décembre 2023, le préfet de la Corse-du-Sud a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, l'a assignée à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. La date de l'arrêté attaqué est mentionnée sur la première page. La circonstance que cette date n'ait pas été reportée dans le champ " Ajaccio, le " figurant au droit de la signature n'est pas par elle-même de nature à faire naître un doute sur la date de l'arrêté. Le moyen doit, par suite, être écarté.
3. L'arrêté attaqué mentionne les dispositions applicables et les éléments propres à la situation personnelle de Mme B. Ainsi et alors qu'il n'avait pas à indiquer la totalité des informations relatives à la situation de l'intéressée, il comporte une indication suffisante des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation des décisions prises par le préfet manque ainsi en fait et doit être écarté.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, eu égard notamment à la motivation de l'arrêté attaqué, qui précise que le préfet a exercé son pouvoir général d'appréciation sans texte, cette autorité administrative se serait crue tenue de refuser à la requérante son admission au séjour.
5. Par ailleurs, si l'arrêté attaqué, qui mentionne que Mme B bénéficie d'une promesse d'embauche, ne fait pas état de l'autorisation de travail qui a été accordée le 15 juin 2023 à la société Inde Voi Corse pour l'employer sous contrat à durée indéterminée à compter du 1er juin 2023, cette seule circonstance ne suffit pas à établir que le préfet n'aurait pas apprécié sa situation au regard de l'ensemble des éléments portés à sa connaissance.
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
7. Mme B, entrée en France le 3 août 2021, bénéficiaire d'une autorisation de travail depuis 15 juin 2023, est employée sous contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er juillet 2023 en qualité d'assistante ménagère. Eu égard à la durée limitée tant du séjour sur le territoire national que de l'activité professionnelle, ces éléments ne présentent pas le caractère de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché son appréciation d'une erreur manifeste en refusant d'admettre exceptionnellement Mme B au séjour au titre du travail doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a épousé, le 16 juin 2021, un compatriote dont l'arrêté attaqué indique qu'il ne dispose d'aucun titre de séjour. De leur union est né un enfant en France, le 13 avril 2023. Eu égard à la durée limitée de sa présence en France et à la circonstance que la cellule familiale peut se reconstituer hors du territoire national, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale en décidant son éloignement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2023 du préfet de la Corse-du-Sud. Il suit de là que sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Corse-du-Sud.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- M. Martin, premier conseiller,
- Mme Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUSL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
J. MARTIN
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026