jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2024, M. B, représenté par Me Lelièvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-62 du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Corse a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, dans le cas où elle constituerait le retrait d'un titre de séjour ;
- le retrait de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il doit être regardé comme involontairement privé d'emploi en raison du refus de l'employeur de signer un contrat de travail à durée indéterminée à la suite de l'autorisation de travail qui lui avait été délivrée ;
- dans le cas où la décision constituerait un refus de renouvellement de titre de séjour, alors elle méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant la prolongation d'un an de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " lorsque l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi ;
- l'illégalité du retrait ou refus de renouvellement du titre de séjour prive l'obligation de quitter le territoire français de base légale ;
- aucune mesure d'éloignement ne peut être prise à son encontre dès lors qu'il est titulaire d'un visa de long séjour valant titre de séjour en cours de validité ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de renvoi.
La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Corse qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vanhullebus,
- et les observations de Me Lelièvre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Marocain né le 1er janvier 1985, M. A est entré en France le 24 mai 2023 sous couvert d'un visa de type D valable du 12 mai 2023 au 11 mai 2024, à la suite de l'autorisation de travail qui a été délivrée le 5 juillet 2022 à la SARL GFC Construction pour occuper un emploi de maçon en vertu d'un contrat à durée indéterminée. Le contrat de travail n'ayant pas été conclu, M. A s'est vu délivrer, le 30 août 2023, par le préfet de la Haute-Corse, qui s'est estimé saisi d'une demande de renouvellement de titre de séjour, un " récépissé de demande de carte de séjour " prolongeant jusqu'au 29 novembre 2023 les effets du visa de long séjour valant titre de séjour, pourtant valable jusqu'au 11 mai 2024. Le préfet a, par un arrêté du 19 décembre 2023, rejeté une demande de titre de séjour, fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. L'arrêté attaqué, s'il indique en son article 6 annuler tout récépissé de demande de titre de séjour, n'a pour effet ni d'abroger ni de retirer le visa de long séjour valant titre de séjour dont la validité expire le 11 mai 2024 et qui a été délivré à M. A le 11 mai 2023. Il suit de là que l'arrêté du 19 décembre 2023 doit être regardé comme portant refus de renouvellement d'un titre de séjour, pourtant en cours de validité, et non comme un refus de première délivrance d'un titre de séjour ni comme un retrait du titre de séjour valable jusqu'au 11 mai 2024. Les moyens tirés de ce que le retrait de ce titre n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont dès lors inopérants.
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. " Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail. "
4. L'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987.
5. Ainsi qu'il a été indiqué au point 1, M. A était titulaire d'un visa de long séjour, valant titre de séjour, portant la mention " salarié ", d'une durée d'un an, qui lui a été accordé le 11 mai 2023 après la délivrance, le 5 juillet 2022, d'une autorisation de travail pour exercer une activité de maçon sous contrat de travail à durée indéterminée. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le contrat de travail n'a pas été conclu et que M. A n'a ainsi pas exercé l'activité salariée pour laquelle l'autorisation de travail avait été donnée. S'il a bénéficié de contrats de missions temporaires, il n'a pas été employé sous contrat de travail à durée indéterminée. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit en tout état de cause être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, en tant qu'il lui refuse le renouvellement de son titre de séjour. Il suit de là que le refus de séjour n'étant pas entaché d'illégalité, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale.
7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
8. M. A, auquel le renouvellement de son titre de séjour a été refusé, entre dans le champ d'application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il était titulaire d'un visa de long séjour valant titre de séjour qui lui donnait le droit de résider en France jusqu'au 11 mai 2024, l'arrêté du 19 décembre 2023 du préfet de la Haute-Corse n'a, ainsi qu'il a été indiqué au point 2, ni abrogé ni retiré ce visa de long séjour. Le préfet de la Haute-Corse a dès lors pu légalement obliger M. A à quitter le territoire français, cette mesure d'éloignement ne pouvant toutefois pas être mise à exécution avant la date d'expiration du visa dont il était titulaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la demande d'annulation de l'arrêté attaqué, en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français, doit être rejetée. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de la mesure d'éloignement, ne peut être accueilli.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Il suit de là que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- M. Martin, premier conseiller,
- Mme Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUSL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
J. MARTIN
La greffière,
Signé
R. ALFONSI La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026