jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 février 2024, le 19 avril 2024 et le 3 mai 2024, M. B A, représenté par Me Lelièvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2024-05 du 24 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer la situation dans le même délai et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice de procédure en l'absence de justification de la régularité de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la commission du titre de séjour n'a pas été consultée au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il justifie résider habituellement en France depuis plus de dix ans ;
- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne pourra pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard au risque pour sa santé impliqué du fait de l'arrêt du traitement médical approprié en cas de retour dans son pays d'origine ;
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations, enregistrées le 17 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vanhullebus,
- et les observations de Me Lelièvre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Marocain né le 31 décembre 1974, M. A est entré en France à une date indéterminée. Il a fait l'objet le 10 février 2009, d'un arrêté du préfet de la Corse-du-Sud lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français, ainsi que d'un arrêté du 27 septembre 2011 du préfet de la Corse-du-Sud l'obligeant à quitter le territoire français sans délai dont la demande d'annulation a été rejetée par un jugement n° 1100881 du 30 septembre 2011 du magistrat désigné par le président du tribunal. Il s'est vu délivrer, le 8 septembre 2014, au regard de son état de santé, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dont il a obtenu le renouvellement. Par un jugement n° 1901002 du 3 octobre 2019, le tribunal a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 21 juin 2019 par lequel la préfète de la Corse-du-Sud lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, demandé le 20 octobre 2017, et l'a obligé à quitter le territoire français. L'intéressé a sollicité du préfet de la Haute-Corse, le 21 avril 2023, la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au titre de son état de santé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, son admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du même code. Le préfet de la Haute-Corse a rejeté cette demande par un arrêté du 24 janvier 2024 qui porte en outre obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré au centre hospitalier régional et universitaire de La Timone, le 21 janvier 2014, pour une intervention chirurgicale cardiaque pour traiter une double valvulopathie rhumatismale mitrale et aortique. Son état de santé a justifié la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " qui lui a été renouvelée jusqu'au refus qui lui a été opposé par un arrêté du 21 juin 2019 lui faisant obligation de quitter le territoire français. L'intéressé justifie avoir résidé de manière habituelle en France au cours des années 2019 à 2024 par la production de certificats médicaux et comptes rendus d'analyses médicales. Il ressort ainsi de l'ensemble des pièces du dossier que M. A établit être présent habituellement en France depuis le 21 janvier 2014, soit depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué du 24 janvier 2024. Dès lors qu'il envisageait de rejeter sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, le préfet de la Haute-Corse était tenu de soumettre cette demande à la commission du titre de séjour. Faute de l'avoir fait, le préfet a privé le requérant d'une garantie. L'arrêté doit être annulé en tant qu'il refuse cette admission exceptionnelle au séjour de M. A.
4. Il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2024 du préfet de la Haute-Corse.
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique que la situation de M. A soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de délivrer une autorisation provisoire de séjour à l'intéressé.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 janvier 2024 du préfet de la Haute-Corse est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Corse de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- M. Martin, premier conseiller,
- Mme Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUSL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
J. MARTIN
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026