jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400242 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MARIAGGI ET FAZAI-CODACCIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 6 mars 2024, M. B A, représenté par la SELARL Mariaggi et Fazai - Codaccioni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 24 2A 0034 du 20 février 2024 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la publication au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'arrêté du préfet donnant délégation de signature au signataire de l'arrêté attaqué qui est ainsi entaché d'incompétence de son auteur ;
- l'arrêté n'est pas motivé en fait ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est marié avec une Française ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Vanhullebus a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Tunisien né le 6 juin 1986, M. A a fait l'objet, le 19 février 2024, d'une procédure de retenue aux fins de vérification du droit de séjour. Le préfet de la Corse-du-Sud lui a fait obligation, pas un arrêté du 20 février 2024, de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. C, directeur de cabinet du préfet de la Corse-du-Sud en vertu de la délégation que celui-ci lui a accordée à cet effet par un arrêté n° 2A-2024-02-02-00001 du 2 février 2024, régulièrement publié le même jour au n° 2A-2024-018 du recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté manque ainsi en fait et doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué mentionne l'état civil de M. A, ses liens familiaux, ses conditions d'entrée et de séjour en France, telles qu'elles ressortent notamment des déclarations qu'il a effectuées au cours de son audition par les services de la police aux frontières. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation en fait de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française () ". Aux termes de l'article L. 423-2 : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. " Aux termes de cet article L. 412-1 : " () la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. "
5. M. A a épousé une Française, le 22 octobre 2018 à Ajaccio. Entré en France, par Marseille et par Nice, respectivement les 22 et 26 septembre 2015, sous couvert d'un visa Schengen à entrées multiples, valable du 16 septembre 2015 au 13 novembre 2015, le requérant a déclaré au service de police être entré sur le territoire national par voie aérienne au cours de l'année 2018. Une demande de délivrance d'un visa a été rejetée le 5 novembre 2021 par le service consulaire de France en Tunisie. Ainsi que le précise l'arrêté attaqué, M. A ne justifie ni de la date ni des conditions de sa dernière entrée en France. Il n'établit pas davantage être présent sur le territoire national depuis une durée significative. Enfin, la durée de vie commune effective n'est pas non plus démontrée. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale au motif qu'il remplit les conditions fixées à l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
7. Ainsi qu'il a été indiqué au point 5, M. A ne justifie pas de l'existence d'une communauté de vie effective avec son épouse depuis leur mariage, le 22 octobre 2018, non plus que de la durée et de la continuité de la vie commune alléguée. Les seuls éléments produits, consistant en la copie d'un contrat de location meublée, des déclarations des revenus 2019 et 2021, des avis d'imposition des revenus 2019 à 2022, qui ne font d'ailleurs apparaître la perception d'aucun revenu par le requérant dont la présence habituelle sur le territoire national n'est pas établie, d'un avis de non-imposition à la taxe d'habitation, de deux quittances de loyer manuscrites et de courriers émanant d'établissements bancaires, ne sont pas suffisants pour établir la réalité et la continuité d'une communauté de vie. Il suit de là que le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit de M. A à mener une vie familiale normale ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. La requête doit dès lors être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Corse-du-Sud.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
T. VANHULLEBUSLa greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026