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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400278

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400278

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400278
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2024, Mme A Fiorini demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2021 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a prorogé son stage du 5 janvier 2021 au 31 juillet 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, l'a placée en position de congé sans traitement du 31 mai 2022 au 21 août 2022.

Elle soutient que :

S'agissant de l'arrêté portant prorogation de stage :

- les motifs sont infondés dès lors qu'elle a, notamment, participé aux formations lorsqu'il n'y avait pas de confinement ;

- son supérieur direct n'a jamais été informé de sa prorogation de stage ;

- la période de onze mois et quatre jours sur laquelle elle a été évaluée par son N+1 a été considérée comme positive ;

S'agissant de l'arrêté portant placement en congé sans traitement :

- elle n'a jamais eu accès aux documents du comité médical, malgré les demandes effectuées en ce sens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Fiorini, secrétaire administrative de catégorie B, a été affectée le 1er septembre 2019 en qualité de stagiaire au sein du secrétariat général des affaires de Corse. Par un arrêté du 10 décembre 2021, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a prorogé son stage du 5 janvier 2021 au 31 juillet 2021. Mme Fiorini demande l'annulation de cet arrêté. Par ailleurs, cette dernière a sollicité, le 16 mai 2022, son placement en congé de longue maladie. Par un arrêté du 31 août 2022, le préfet de la Corse-du-Sud a refusé de faire droit à cette demande et l'a placée en congé sans traitement à titre provisoire pour raison de santé à compter du 31 mai 2022 dans l'attente de l'avis du conseil médical. Par un arrêté du 12 avril 2023, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a rapporté l'arrêté du 31 août 2022 et a placé Mme Fiorini en congé sans traitement pour raison de santé du 31 mai 2022 au 31 août 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 décembre 2021 portant prorogation de stage :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Il résulte des dispositions de l'article R. 421-5 du même code que les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision.

3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme Fiorini a exercé le 15 janvier 2022 un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 10 décembre 2021. Elle est donc réputée en avoir eu connaissance à cette date de sorte que, eu égard à ce qui a été indiqué au point précédent, le recours formé plus de deux ans après l'édiction de la décision attaquée, sans que la requérante ne justifie de circonstances particulières, excède le délai raisonnable durant lequel il pouvait être exercé. Il est, dès lors, tardif, et, par suite, manifestement irrecevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 avril 2023 portant placement en congé sans traitement :

5. Mme Fiorini se borne à retracer la chronologie des faits et décisions dans le prolongement desquels a été prise la décision attaquée, sans mettre le tribunal à même de statuer sur la demande d'annulation de l'arrêté du 12 avril 2023. A supposer qu'elle puisse être regardée comme soutenant qu'elle n'a pas obtenu la communication de son dossier médical en dépit de nombreuses demandes, elle n'apporte en tout état de cause aucune précision de date ni aucun commencement de justification. L'unique moyen ainsi soulevé au soutien de ces conclusions n'est dès lors manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () "

7. Il résulte de ce qui a été indiqué aux points 4 et 5 qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue par les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme Fiorini est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A Fiorini.

Fait à Bastia, le 26 juin 2024.

Le président du tribunal,

Signé

T. VANHULLEBUS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

M. B

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