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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400320

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400320

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400320
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, la SARL Le Bounty, représentée par Me Bozzi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la notification, en date du 23 janvier 2024, des conclusions du contrôle réalisé à son encontre constatant l'absence d'éligibilité pour bénéficier de l'aide d'Etat créée par l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars et donnant lieu à la récupération de la somme de 213 798 euros irrégulièrement perçue ;

2°) d'annuler le titre d'un montant de 213 798 euros qui découlera de cet acte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-1328 du 2 novembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. D'autre part, l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 institue un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. Le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds ont été fixées notamment par les décrets n° 2020-371 du 30 mars 2020 et n° 2020-1328 du 2 novembre 2020. L'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 prévoit notamment, en son I, que les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs et, en son II, que les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement et qu'en cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine.

3. La lettre par laquelle l'administration informe un administré qu'il doit rembourser une somme indument payée et qu'en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié, est une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours.

4. La notification attaquée du 23 janvier 2024 se borne à constater que la société requérante a bénéficié à tort d'une aide de 213 798 euros, à lui annoncer qu'un titre de perception sera donc émis pour ce montant à son encontre et qu'à défaut de paiement de ce titre, le comptable public procédera à son recouvrement forcé. Cette notification est une mesure préparatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours.

5. Enfin, un requérant n'est pas recevable à demander l'annulation d'une mesure qui n'a pas encore été prise. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre d'un montant de 213 798 euros qui découlera de la notification du 23 janvier 2024 sont également manifestement irrecevables.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Le Bounty est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SARL Le Bounty est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Le Bounty.

Fait à Bastia, le 14 juin 2024.

Le président de la 1ère chambre,

Signé

P. MONNIER.

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. ALFONSI

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