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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400579

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400579

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400579
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGAMBINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 15 mai 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 décembre 2023 par lequel le maire de la commune de Sotta a accordé à Marc A un permis de construire pour la régularisation de travaux d'extension d'une construction existante sur un terrain cadastré section B n° 60 situé lieudit Strada di Murateddu - Petra Longa Filippi.

Il soutient que le permis de construire est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme eu égard à la situation du terrain dans le lit majeur d'un cours d'eau figurant dans l'atlas des zones inondables.

Le déféré a été communiqué à la commune de Sotta et à M. A qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2400580 tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 décembre 2023 du maire de Sotta.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 décembre 2023 par lequel le maire de Sotta a accordé à Marc A un permis de construire pour la régularisation de travaux d'extension d'une construction existante sur un terrain cadastré section B n° 60 situé lieudit Strada di Murateddu - Petra Longa Filippi.

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "

3. Aux termes de l'article R. 634-1 du code de justice administrative : " Dans les affaires qui ne sont pas en état d'être jugées, la procédure est suspendue par la notification du décès de l'une des parties (). Cette suspension dure jusqu'à la mise en demeure pour reprendre l'instance () "

4. Le décès de Marc A, survenu le 31 mai 2024, a été porté à la connaissance du tribunal administratif par un courrier enregistré au greffe le 4 juin 2024. A cette date, le délai imparti au pétitionnaire pour produire ses observations n'était pas arrivé à son terme. Ainsi, et alors même qu'à cette date, le délai donné à la commune pour présenter un mémoire en défense avait pris fin, l'affaire n'était pas en état d'être jugée. Le préfet de la Corse-du-Sud ne justifie pas d'une mise en demeure adressée aux ayants droit ou, le cas échéant, à un curateur à la succession vacante, de reprendre l'instance. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu en l'état, par application des dispositions de l'article R. 634-1 du code de justice administrative, de statuer sur la demande de suspension de l'exécution du permis de construire du 11 décembre 2023 délivré par le maire de Sotta.

ORDONNE

Article 1er : Il n'y a pas lieu, en l'état, de statuer sur le déféré du préfet de la Corse-du-Sud.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, et à la commune de Sotta.

Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Fait à Bastia, le 11 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

T. VANHULLEBUS

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

M. B

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