jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SUSINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera, représenté par Me Antoniotti, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 2B-2024-01-15-00001 du 15 janvier 2024 et l'arrêté modificatif n° 2B-2024-02-15-00004 du 15 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse a déclaré cessibles les parcelles nécessaires à la réalisation du projet de requalification du centre bourg de Pietranera - Secteur Strada Vecchia " Pietranera 2020 : le cap vers le développement durable ",
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- l'enquête parcellaire n'a pas été notifiée à chacun des copropriétaires, en méconnaissance des dispositions combinées des articles R. 131-3 et R. 131-6 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- la concertation publique organisée au titre de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme est insuffisante en ce qui concerne sa durée, ses modalités, la date à laquelle elle a eu lieu et la teneur du projet sur lequel elle a porté ;
- l'estimation sommaire des dépenses contenue dans le dossier de l'enquête d'utilité publique ne permet pas d'apprécier le coût réel de l'opération ;
- les conclusions du commissaire enquêteur, déposées le 9 mai 2022, ne sont pas suffisamment motivées pour satisfaire aux exigences de l'article R. 212-19 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le projet compromet le parti d'aménagement retenu par la commune et méconnaît les dispositions du règlement de la zone du plan dans laquelle la réalisation est prévue, en violation des dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et de l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas nécessaire de recourir à l'expropriation ;
- les inconvénients du projet excèdent ses avantages ;
- aucun document d'arpentage n'a été établi, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 132-2 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, faisant naître une incertitude sur la surface réellement expropriée et les limites respectives de propriété.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, la commune de San Martino di Lota, représentée par Me Susini, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement d'une somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie et d'une somme de 2 500 euros soit mis à la charge du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie alors que la commune justifie de l'urgence à réaliser l'opération ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Corse qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2400607 tendant à l'annulation des arrêtés du 15 janvier 2024 et du 15 février 2024 du préfet de la Haute-Corse.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique les observations de Me Antoniotti, représentant le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera, et de Me Stuart, substituant Me Susini, représentant la commune de San Martino di Lota.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil municipal de la commune de San Martino di Lota a, par une délibération du 10 juillet 2021, approuvé le projet de requalification du centre bourg de Pietranara - secteur Strada Vecchia " Pietranera 2020 : le cap vers le développement durable ". A l'issue de l'enquête publique préalable à la déclaration d'utilité publique et à l'enquête parcellaire, ouvertes par un arrêté du 15 février 2022, le préfet de la Haute-Corse a déclaré d'utilité publique ce projet de requalification au bénéfice de la commune, par un arrêté du 31 mars 2023. Le dossier d'enquête parcellaire ayant été complété le 5 juillet 2023, une nouvelle enquête parcellaire a été ouverte par un arrêté préfectoral du 31 août 2023. Le préfet a déclaré cessibles les parcelles nécessaires à la réalisation du projet par un arrêté du 15 janvier 2024 modifié le 15 février 2024. Le projet déclaré d'utilité publique comprend l'aménagement de l'entrée sud et du carrefour sur la route départementale n° 80, la construction d'un parc de stationnement, la construction de cinq logements communaux, l'aménagement de la place publique " A piazza di a strada vecchia " et d'un belvédère, la création de commerces sur cette place publique et ce belvédère, la construction d'un parking souterrain sur deux niveaux, ainsi que la réalisation d'un chemin piéton reliant la place publique " A piazza di a strada vecchia " à l'école du hameau de Pietranara. Cette opération comporte notamment le transfert à la commune de la propriété d'une surface de 139 m² de la parcelle cadastrée section AC n° 490, d'une superficie de 817 m², sur laquelle est implanté l'immeuble Le Majestic, soumis au régime de la copropriété, en vue de la création d'emplacements de stationnement réservés aux personnes à mobilité réduite et d'arrêts minutes. Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera a saisi le tribunal, le 4 juin 2023, d'une requête en annulation de la déclaration d'utilité publique du 31 mars 2023 et, le 18 mai 2024, d'une demande d'annulation des arrêtés de cessibilité des 15 janvier et 15 février 2024. Il demande en outre, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des arrêtés de cessibilité des 15 janvier 2024 et 15 février 2024.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des arrêtés de cessibilité des 15 janvier 2024 et 15 février 2024 pris par le préfet de la Haute-Corse doivent être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A et autres la somme demandée par la commune de San Martino di Lota au même titre.
ORDONNE
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de San Martino di Lota présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de l'immeuble Le Majestic à Pietranera, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commune de San Martino di Lota.
Copie en sera transmise au préfet de la Haute-Corse.
Fait à Bastia, le 20 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026