mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400688 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 4 juin 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 février 2024 par lequel le maire de Pianottoli-Caldarello a délivré à M. A B un certificat de permis de construire tacite, valant division parcellaire, pour l'édification de deux résidences secondaires avec garages et piscines, sur un terrain cadastré section C n° 144 à 146 situé lieudit Caldarello.
Il soutient que :
- le permis méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du même code ;
- le projet se situe dans des espaces naturels, sylvicoles et pastoraux délimités par le plan d'aménagement et de développement durable de Corse qui sont inconstructibles.
- le permis est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en l'absence de point d'eau incendie normalisé situé à moins de 200 mètres du terrain d'assiette soumis à un aléa feux de forêt moyen-fort.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, M. B, représenté par Me Susini, conclut au rejet du déféré et à ce que le versement d'une somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie et d'une somme de 1 500 euros soit mis à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, la demande au fond étant irrecevable pour tardiveté, les moyens soulevés par le préfet de la Corse-du-Sud ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, la commune de Pianottoli-Caldarello, représentée par la SCP Morelli Maurel et Associés, conclut à ce qu'il soit fait droit au déféré et à ce que le versement d'une somme de 1 500 euros soit mis à la charge de la partie perdante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les déférés ne sont pas tardifs ;
- le permis méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du même code.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2400689 tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 février 2024 du maire de Pianottoli-Caldarello.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport et entendu au cours de l'audience publique les observations de Me Stuart, substituant Me Susini, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1900849 du 25 mars 2021, le tribunal a annulé l'arrêté du 16 janvier 2019 par lequel le maire de Pianottoli-Caldarello a refusé de délivrer à M. B un permis de construire deux résidences secondaires avec piscines et garages, situées sur la parcelle cadastrée section D n° 1272, lieudit Teghiali, en raison d'un défaut de motivation en droit de ce refus ainsi que d'une erreur de droit dès lors que l'absence de desserte par une voie publique ne pouvait pas justifier à elle seule ce refus. Le tribunal a, en outre, enjoint au maire de se prononcer à nouveau sur la demande de permis de construire présentée par M. B, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Par un second jugement, n° 2200546 du 1er février 2024, le tribunal a annulé, pour erreur de droit, la décision implicite de rejet, née du silence gardé par le maire de Pianottoli-Caldarello sur la demande, présentée par M. B, tendant à ce que lui soit délivré un certificat de permis de construire tacite. Le tribunal a également enjoint au maire de délivrer ce certificat à M. B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Le maire a délivré ce certificat, par un arrêté du 14 février 2024, rectifié le 22 février 2024. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a formé un recours gracieux contre ce certificat, le 3 avril 2024, notifié le 8. Par un courrier du 9 avril 2024, le maire a informé le sous-préfet de l'arrondissement de Sartène de ce qu'il engageait une procédure contradictoire préalable au retrait du permis de construire tacite. Aucune décision de retrait de l'autorisation implicite ne lui ayant été transmise par le maire, le préfet de la Corse-du-Sud demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire tacite accordé par le maire de Pianottoli-Caldarello à M. B.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Corse-du-Sud aurait été en possession de l'entier dossier de la demande de permis de construire avant que le maire de Pianottoli-Caldarello ne lui transmette l'arrêté du 14 février 2024, rectifié le 22 février 2024, portant certificat de permis de construire tacite. Ainsi, en l'état de l'instruction devant le juge des référés, la fin de non-recevoir opposée à la demande d'annulation présentée par le représentant de l'Etat n peut être accueillie.
4. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le préfet de la Corse-du-Sud et tirés de ce que le permis de construire méconnaît les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme et de ce qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du même code sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution du permis de construire tacite accordé par le maire de Pianottoli-Caldarello à M. B.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B les sommes que celui-ci réclame au titre du droit de plaidoirie et des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Pianottoli-Caldarello présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution du permis de construire tacite accordé par le maire de Pianottoli-Caldarello à M. B est suspendue.
Article 2 : Les conclusions de M. B et de la commune de Pianottoli-Caldarello présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, par le premier, au titre du droit de plaidoirie, sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Pianottoli-Caldarello et à M. A B.
Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio.
Fait à Bastia, le 18 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026