mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 11 juillet 2024, le préfet de la Haute-Corse doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 5 juillet 2024 du maire d'Aregno portant dérogation au repos hebdomadaire du dimanche les 7, 14, 21, 28 juillet 2024, 4, 11, 18 et 25 août 2024, le 1er septembre 2024, ainsi que les 22 et 29 décembre 2024, au profit de tous les commerçants établis sur le territoire de la commune qui se livrent à l'activité exclusive ou principale de vente au détail alimentaire.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce que l'exécution de l'arrêté porte une atteinte grave et manifeste au droit au repos des salariés ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 3132-26 du code du travail dès lors qu'il n'est pas établi que l'organe délibérant de la communauté de communes Calvi-Balagne a été consulté pour avis conforme après la délibération du conseil municipal du 17 mai 2024 ;
- il n'est pas justifié de ce que l'arrêté est intervenu après consultation pour avis de toutes les organisations d'employeurs et de salariés intéressés, de la chambre de commerce et d'industrie et de la chambre de métiers et de l'artisanat.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juillet 2024, la commune d'Aregno doit être regardée comme concluant au rejet de la requête.
Elle soutient que la communauté de communes Calvi-Balagne a été saisie pour avis conforme afin que sa demande soit inscrite à l'ordre du jour de la réunion du prochain conseil communautaire.
La requête a été communiquée pour observation la communauté de communes Calvi-Balagne.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée sous le n° 2400833 tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2024 du maire d'Aregno.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sadat, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Sadat, juge des référés ;
- et les observations de Mme A, représentant le préfet de la Haute-Corse qui souhaite ajouter le moyen tiré du fait que la liste des dimanches travaillés aurait dû être arrêtée avant le 31 décembre 2023.
La commune d'Aregno n'étant ni présente ni représentée.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. () Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. ()"
2. Aux termes de l'article L. 3132-26 du code du travail : " Dans les établissements de commerce de détail où le repos hebdomadaire a lieu normalement le dimanche, ce repos peut être supprimé les dimanches désignés, pour chaque commerce de détail, par décision du maire prise après avis du conseil municipal. Le nombre de ces dimanches ne peut excéder douze par année civile. La liste des dimanches est arrêtée avant le 31 décembre, pour l'année suivante. Elle peut être modifiée dans les mêmes formes en cours d'année, au moins deux mois avant le premier dimanche concerné par cette modification. / Lorsque le nombre de ces dimanches excède cinq, la décision du maire est prise après avis conforme de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la commune est membre. A défaut de délibération dans un délai de deux mois suivant sa saisine, cet avis est réputé favorable. () " Aux termes de l'article R. 3132-21 du même code : " L'arrêté du maire ou, à Paris, du Préfet de Paris relatif à la dérogation au repos dominical pour les commerces de détail prévu à l'article L. 3132-26, est pris après avis des organisations d'employeurs et de salariés intéressées. "
3. D'une part, en dépit du moyen soulevé par la commune, il n'est pas établi que l'organe délibérant de la communauté de communes Calvi-Balagne a émis un avis favorable suite à une saisine par la commune d'Aregno, ou qu'un avis réputé favorable était né à la date de l'arrêté attaqué à la suite de la saisine de l'établissement public de coopération intercommunale par la commune. D'autre part, la commune ne justifie pas que la procédure de consultation des organisations syndicales a été respectée. Enfin, il est constant que l'arrêté litigieux du 5 juillet 2024, qui n'a au demeurant pas pour objet de modifier la liste des dimanches d'ouverture exceptionnelle des établissements de commerce de vente au détail alimentaire pour l'année 2024, est postérieur au 31 décembre 2023.
4. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le préfet de la Haute-Corse sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 juillet 2024 du maire d'Aregno.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 5 juillet 2024 du maire d'Aregno est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Haute-Corse, à la commune d'Aregno et à la communauté de communes Calvi-Balagne.
Fait à Bastia, le 31 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
N. SADAT
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026